‹ Le cerveau et ses fonctionsChapitre 31 sur 132 · ÇROPAGATION IJJTRA- CÉRÉBRALE DES PROCESSUS DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

ÇROPAGATION IJJTRA- CÉRÉBRALE DES PROCESSUS DE LA SENSIBILITÉ

Les impressions sensitives poursuivant leur cours sont, ainsi que nous l'avons indiqué déjà, condensées dans les amas de substance grise des couches optiques.

Ces amas de substance grise, représentent donc, au point de vue de l'économie générale du système nerveux, une sorte de point de convergence commun, de carrefour et l'avant-dernière étape où viennent se réunir les impressions du monde extérieur avant d'être irradiées vers les régions périphériques corticales.

Mais au point de vue de ces différents ordres d'éléments sensitifs qui viennent affluer aux noyaux gris des couches optiques, celles-ci, en môme temps qu'elles les reçoivent dans leur masse , leur donnent un territoire isolé , — si bien que cette division du travail physiologique dont nous avons vu déjà un échantillon dans l'évolution progressive du système nerveux, se trouve recevoir encore ici une nouvelle confirmation, puisque nous voyons les phénomènes de la sensibilité se diviser, ainsi que la lumière blanche, en faisceaux isolés et chacun de ces faisceaux avoir lui-même un appareil récepteur spécial lui étant exclusivement réservé.

C'est ainsi que les impressions purement sensitives ont un noyau central où elles sont isolément condensées (9 fig. 6), —

qu'il en est de même pour les impressions optiqaes, olfactives, acoustiques, et qu'enfin les incitations de la vie végétative trouvent aussi un territoire de cellules spécialement appropriées à leur réception ; — de sorte que, à mesure que les processus de la sensibilité se perfectionnent, en pénétrant plus profondément dans l'intimité du système nerveux, nous voyons que, du même coup, ils se segmentent, se divisent en faisceaux élémentaires, doués chacun de propriétés spécifiques dissemblables, et cependant réunis entre eux par des liens communs de leur genèse et de leur évolution.

A partir de leur irradiation à l'aide des fibres blanches cérébrales dans les différents départements de la substance corticale, les mêmes phénomènes de division du travail se reproduisent encore et, on peut le constater directement, les régions où s'opère la dissémination des impressions auditives sont différentes de celles où s'opère la dissémination des impressions olfactives et visuelles, etc., etc. Si bien que chaque région isolée du cerveau est à même de travailler isolément et de développer ainsi ses énergies spécifiques (voir fig. 6, 4, 9, 14, et fig. 5, 7, 8, 10).

Une fois que les incitations sensitives, quelles qu'elles soient, ont été dardées dans l'intimité des réseaux de la couche corticale, elles y trouvent encore des appareils nerveux tout préparés, sensibles, disposés à les recevoir, à les absorber, et à s'associer ainsi aux divers processus en évolution.

Nous avons en effet indiqué déjà cette disposition si remarquable des cellules de la corticale (voir fig. 1), disposées en zones isolées, stratifiées comme les couches de l'écorce terrestre, et constituant ainsi un réticulum continu, dont toutes les molécules solidaires sont aptes à vibrer à l'unisson, et à propager les ondulations nerveuses soit dans le sens de sa profondeur, soit dans le sens de sa latéralité.

D'autre part, ces myriades de cellules nerveuses, agglomérées en un tout continu dans les régions sous-méningées de la corticale, sont elles-mêmes essentieltement sensibles ; — elles sont vivantes, — impressionnables et douées au plus haut degré de cette vitalité qui caractérise les éléments nerveux; aussi — lorsque l'ébranlement du monde extérieur transformé par l'action métabolique des couches optiques, vient à retentir au milieu d'elles, elles s'ébranlent à leur tour et entrent, en

quelque sorte, en éréthisme, comme les plexus périphériques l'ont fait lorsqu'ils ont été ébranlés pour la première fois par l'incitation extérieure i .

C'est ainsi que les incitations sensitives suscitent l'activité propre des éléments de la corticale, que ceux-ci entrent en jeu et que le processus sensitif, comme une force qui se transforme sans cesse, perd peu à peu son caractère primordial, à mesure qu'il avance et qu'il entre dans un territoire nouveau.

On voit donc combien les processus de la sensibilité se transforment insensiblement en s'incorporant de plus en plus à l'organisme et, comment, — débutant à l'état de simples ébranlements physiques, ils finissent par devenir» au dernier terme de leur long parcours, une incitation vivante, de plus en plus animalisée et spiritualisée par l'action propre des milieux divers qu'ils ont mis successivement en action. Et en cela, ils sont tout à fait comparables à ces phénomènes physiques en vertu desquels nous voyons les rayons lumineux, qui passent à travers nos instruments d'optique, subir eux aussi, l'influence modificatrice des milieux qu'ils traversent, — se concentrer, — se réfracter, — se difi"user inégalement en éléments secondaires, pour, en dernier lieu — se présenter à notre sensibilité visuelle, perfectionnés, épurés, diaphragmes, et avec leur maximum d'effet.

Genèse de la notion de la personnalité et de la aensibililé

morale.

Les processus de la sensibilité n'ont pas exclusivement pour but la transformation des excitations extérieures; ils contribuent d'une façon bien plus efficace à des opérations d'une grande délicatesse, et qui ont pour but de concourir à la genèse de la notion de notre personnalité intime.

C'est en effet aux dépens de la mise en activité de la sensibilité diffuse dans les différentes régions de l'organisme, de la sensibilité végétative aussi bien que de la sensibilité excitomotrice, que cette notion s'engendre, qu'elle se développe

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