PERTURBATIONS — DOULEUR PHYSIQUE
lité intime. — Les plexus olfactifs, gustatifs, ont aussi leurs souffrances propres et tout le monde sait combien le contact des substances acres, amères , combien celui des émanations fétides affecte d'une façon douloureuse les réseaux sensoriels qui sont mis en jeu ; enfin quand ce sont nos viscères qui sont intéressés dans leurs éléments sensitifs, nous savons tous qu'ils crient à leur manière vers le sensorium, qu'ils révèlent leur souffrance d'une façon propre, et que les manifestations de la douleur varient suivant les tissus intéressés, les régions envahies, qu'en un mot la séméiologie de la douleur, au point de vue de ses caractères et de ses modalités variées, a une physionomie spéciale que tous les médecins savent apprécier.
Si maintenant nous passons à l'examen des processus de la douleur dans les régions centrales du système nerveux, nous allons voir comment ils se développent d'une façon semblable à celle que nous venons d'exposer, et comment les réactions morbides du sensorium suivent parallèlement le mode de réaction morbide des régions périphériques.
Les plexus du sensorium, au sein desquels se diffusent les impressions seFsitives, sont normalement insensibles, comme nos nerfs en activité, qui transmettent et travaillent en silence les impressions sensorielles sans que nous ayons la moindre notion de toutes leurs opérations intimes.
Il n'en est pas toujours ainsi; et — de môme que les plexus périphériques sont susceptibles de s'exalter en présence d'excitations vibratoires trop énergiques ou bien par le fait d'un trouble local survenu dans leur milieu habituel, — de même les réseaux du sensorium sont susceptibles de s'échauffer à l'excès S de s'exalter lorsqu'une impression périphérique trop vive, une excitation trop prolongée vient à retentir dans leurs réseaux et les fait monter ainsi aux tonalités vibratoires de la douleur
Nous savons tous que l'absence de repos pour le cerveau, les veilles prolongées, les travaux intellectuels non interrompus, les émotions morales engendrent un échauffement local dans la substance cérébrale, la céphalalgie et l'endolorissement du cerveau. — La mise en activité de la cellule cérébrale, suivant un mode extra-physiologique, développe du même coup sa sen-