‹ Le cerveau et ses fonctionsChapitre 35 sur 132 · Voir, page 60, expériences de Scliiff · texte numérisé non relu

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sibilité histologique au-dessus de l'état normal et amène, comme conséquence nécessaire, l'éréthisme prolongé, la douleur, suivant le mode que nous venons de signaler.

Qui ne sait par espérience combien un travail obligatoire, qui ne sollicite pas l'appétence de l'esprit, est péniblement exécuté; — c'est un effort que le cerveau exécute à contre- cœur;

— et combien, au contraire, lorsque la besogne plaît, il y a de l'entrain dans la mise en oeuvre et de la rapidité dans l'exécution. La spontanéité naturelle du cerveau fait alors place à l'effort.

Tous ceux qui, en période de migraine, ont eu le cerveau endolori savent — combien la sensibilité est exquise dans toutes les régions du sensorium, — combien les moindres bruits du dehors, les moindres ébranlements de la pensée qui les traversent, y produisent un retentissement pénible; ils savent aussi

— que le repos, le silence, le sommeil, c'est-à-dire, la cessation de toute cause d'excitation cérébrale, sont les seuls moyens vraiment efficaces d'arriver à conjurer ces crises douloureuses que subit la sensibilité du sensorium i.

Bien plus; l'examen comparatif de la façon dont les régions centrales et les régions périphériques du système nerveux se comportent vis-à-vis des agents anesthésiques, nous montre un nouveau rapport entre la manière dont se développe la sensibilité dans ces deux régions opposées.

Ainsi lorsque l'hypéresthésie apparaît dans le sensorium, lorsque la douleur se révèle soit parle fait d'une incitation périphérique trop vive (une blessure, un traumatisme quelconque portant sur un point de la surface da corps), soit par l'eifet d'un endolorissement entretenu par une irritation persistante (une émotion morale, un travail intellectuel prolongé), on peut artificiellement, comme s'il s'agissait d'un plexus périphérique en période d'éréthisme douloureux, faire tomber le niveau de la surexcitation douloureuse de plusieurs degrés et assour-

1. De même que nous disions précédemment, à propos des régions périphériques, que la douleur n'était que l'expression de la sensibilité des tissus vivants en exercice, — de môme, pour les régions centrales, la douleur n'est possible qu'autant que leur intégrité est complète — la destruction iente du sensorium, par des désorganisations chroniques, amène progressivement la cessation de certaines céphalalgies. — Ainsi on rencontre des paralytiques qui, au début de leur maladie, ayant accusé des douleurs de tête très-vives, finissent dans les derniers temps, par ne plus accuser aucun symptôme douloureux.

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