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CHAPITRE PREMIER

RÉPERCUSSION DU PROCESSUS DE LA MOTRICITÉ SUR LES PHÉNO- MÈNES DE LA VIE VÉGÉTATIVE.

Dans la première série de faits , lorsque les incitations dérivées du monde extérieur ne sont pas directement répercutées au dehors , lorsque , sous l'influence d'une cause ou d'une autre, l'ébranlement primordial reste enfermé en nousmêmes, il s'amortit dans l'organisme, et le contre-coup qui en résulte retentit plus ou moins loin ; — la décharge nerveuse du processus arrêté dans sa course, s'opère sur telle ou telle région de la vie végétative, et cela dépend de l'intimité des liens sympathiques qui les relient au sensorium.

Nous avons établi préalablement, dans la partie anatomique de ce travail, que les impressions de la vie végétative remontaient avec la substance grise spinale jusque dans les régions internes des couches optiques, et que de là, à l'aide des fibres cérébrales, ces impressions spéciales se trouvaient pareillement disséminées dans les difFérentes régions du sensorium.

Nous avons inversement montré, qu'en raison de ces connexions , il existait en quelque sorte des voies naturelles incessamment perméables, par lesquelles les ébranlements du sensorium pouvaient, à tout instant, être associés aux phénomènes de la vie végétative, et retentir de haut en bas jusque dans l'intimité de la vie des viscères.

Que résulte-t-il donc de cette disposition ? — C'est que toute incitation extérieure qui arrive dans le sensorium est sympathiquement ressentie dans les dllférents centres de la vie viscé-

raie, et que les incitations les plus légères qui viennent faire rider la surface de ses réseaux, de même que les ébranlements qui le bouleversent, sont sympathiquement propagées dans tel ou tel département de la vie organique. — Tantôt ici, tantôt là, des courants centrifuges surgissent instantanément et vont porter au loin, à notre insu, en dehors de toute participation volontaire, les répercussions prolongées des oscillations de la sphère psycho-intellectuelle.

Qui ne sait combien les émotions pénibles ont un retentissement sur les phénomènes de la circulation? — combien le cœur palpite à notre insu lorsque notre émotivité est en jeu ? — combien cette surexcitation latente est apte k fatiguer son énergie vitale et combien les causes morales ont une influence sérieuse et reconnue de longue date sur la genèse de ses lésions organiques ? — combien l'innervation vaso-motrice est susceptible de s'associer pareillement à nos émotions, puisque la paralysie instantanée des capillaires est apte d'une part, à déterminer ces rougeurs subites qui se montrant sur notre visage, révèlent si bien , malgré nous , les secrets de notre sensibilité en émoi,

— et que, d'autre part, leur contraction spasmodique suscite ces pâleurs instantanées qui reflètent aussi directement les perturbations qui traversent notre sensorium. ?

Qui ne sait encore combien les appareils digestifs sont directement associés aux ébranlements de ce même sensorium?

— L'estomac en particulier est en connexion intime avec les phénomènes de l'activité cérébrale; comme le cœur, il supporte à chaque instant les effets du choc en retour de nos émotions, et devient comme lui, le souffre-douleur de toute notre sensibilité. Tout le monde ne sait-il pas que les digestions sont troublées par des émotions morales? que les vomissements accompagnent fréquemment les maladies de l'encéphale ? — et que , dans certains endolorissements localisés du sensorium (migraines), alors qu'une incitation extérieure trop forte est venue mettre en jeu sa sensibilité, c'est sur l'estomac que s'opère la décharge du sensorium en éréthisme, et que c'est lui en quelque sorte qui sert de porte de sortie à la surexcitation nerveuse réfléchie du côté des appareils de la vie végétative.

Nous savons tous encore combien les voies respiratoires sont intimement associées à nos émotions intimes; — les soupirs,

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