‹ Le Cervelet: Étude Anatomique, Clinique et PhysiologiqueChapitre 24 sur 72 · TT · texte numérisé non relu

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- restiforme dégénère très faiblement à la suite de ces lésions. ]1 s’en- Suit donc que le gros contingent du corps restiforme est surtout représenté par un système ascendant d'origine bulbaire.

L’atrophie croisée de l’olive inférieure consécutive à une lésion Cérébelleuse signalée si fréquemment fait présumer que l’olive doit fournir un grand nombre de fibres au Corps restiforme. Mais l'olive

n'est pas la seule masse grise bulbaire qui lui envoie des fibres.

Certains faits semblent prouver que les noyaux des cordons postérieurs (noyau de Goll, noyau de Burdach) doivent aussi lui en fournir. Ces noyaux avaient été considérés primitivement comme une partie essentielle du corps restiforme. Il uguenin,résumant les vues anciennes sur les rapports du pédoncule cérébelleux inférieur et des cordons postérieurs de la moelle épinière, écrivait que l’ensemble du funiculus gracilis et du funiculus cuneatus sort du cervelet inti-

mement uni au corps restiforme : il grossit ensuite dans son trajet

vers le bas, de chaque côté du quatrième ventricule, par l’adjonction

de substance grise; puis il descend directement vers les cordons pos- térieurs de la moelle épinière, en se rétrécissant de nouveau par la

disparition de cette substance grise, Ce contingent a beaucoup diminué d'importance, il n'en existe pas moins, c'est pourquoi nous décrirons successivement :

a) Le contingent des noyaux des cordons postérieurs. - b) Le contingent olivaire.

c) Contingent du noyau du cordon latéral.

a) Gontingent des noyaux des cordons postérieurs. — Meynert avait décrit des rapports indirects du pédoncule cérébelleux inférieur et des noyaux des cordons postérieurs : de ce que, sur les coupes pratiquées à des étages de plus en plus inférieurs du bulbe, le corps restiforme diminue de volume tandis que le funiculus cuneatus et le funiculus gracilis (Meynert(1) désignait sous ce nom l'ensemble des fibres des cordons postérieurs et de la substance grise interposée qui constitue aujourd'hui les noyaux des cordons postérieurs) augmentent, Me ynert en avait conclu qu'il existe une connexion entre ces deux masses de fibres et il admit que cette connexion est entrecroisée.

(1) MEYNERT. Sérichkershandbuch, Bd II.

Cet entrecroisement, d'après Meynert et Hu guenin (1), se fait : «1° Par des fibres qui viennent du corps restiforme, se dirigent transversalement dans l’intérieur du bulbe, gagnent d'abord l’olive du même côté et s'y terminent, en ressortent et se rendent en s’entrecroisant sur la ligne médiane au funiculus cuneatus et au funiculus gracilis ; 2° par des fibres qui vont directement atteindre le raphé (stratum zonale), gagnent l'olive du côté opposé, s’y terminent, en ressortent, et pénètrent dans le funiculus gracilis et le funiculus cuneatus.

Edinger (2) ne signale pas l'existence de fibres se rendant des

noyaux des cordons postérieurs aux olives.

Bechterew (3) discute l’ancienne hypothèse de Meynert et, con-

trairement à cet auteur, il n’admet pas l'existence de rapports indirects du cervelet et des noyaux des cordons postérieurs par l'intermédiaire des olives, parce que chez l'embryon de 38 à 40 centimètres dont toutes les fibres issues des noyaux des cordons postérieurs sont déjà

: complètement myélinisées, les fibres de la substance grise des olives

inférieures sont entièrement dépourvues de mÿéline.

L'existence de rapports indirects entre les noyaux des cordons postérieurs etle corps restiforme est au contraire signalée par Flechsig quis’est appuyé sur la méthode de myélinisation. L'argumentdeB echterew n'a plus une grande valeur, d'autant que le noyau de Burda ch continue à se développer jusqu’au neuvième moiset au delà et il est impossible de dire qu’à une époque déterminée de la vie intrautérine toutes les fibres d’un système de neurone, sont myélinisées : on peut affirmer qu'un grand nombre de fibres sont myélinisées et rien de

plus. Du reste, sur les coupes du bulbe d’un fœtus presque à terme,

on voit très nettement des fibres nées du noyau de Burdach (principalement du noyau externe, noyau de Monakov, noyau du corps restiforme de Wernicke) se diriger vers les olives ; elles les traversent ainsi que la couche interolivaire ; un grand nombre pénètrent dans la couche interolivaire dans laquelle elles montent pour contribuer à former le ruban de Reil, maisil semble qu’un certain nombre de fibres se terminent dans

(1) HUGUENIN. Anatomie des centres nerveux, trad. par KELLER, 1979:

(2) EDINGER. Vorlesungen über den Bau der Nervüsen Centralorgane des Menschen und der Thicre. Leïpzig, 1896. :

(3) BECHTEREW. Le cerveau de l'homme dans ses rapports et ses connexions intimes. Archives slaves de biologie. Paris, 1887. ‘

; = er - Ç

À 2 2 4 = 79 dr :

l'olive et les feuillets médullaires de l'olive, encore peu développés,

— contiennent déjà cependant quelques fibres myélinisées, Les fibres qui

unissent le corps restiforme aux olives ne sont pas encore myélinisées ; et le corps restiforme n'est formé presque exclusivement que du contingent médullaire ; il n’y a pas encore de trace du faisceau central de la calotte; et comme les olives ne reçoivent pas de fibres d’origine médullaire, il est très vraisemblable que les fibres myélinisées qu’on aperçoit dans les lames médullaires de l’olive viennent des noyaux des cordons postérieurs et principalement du noyau de Burdach.

Ferrier et Turner (1) ont pu léser isolément le nucleus clavatus (noyau du cordon de Goll) et le nucleus cuneatus (noyau du cordon de Burdach) ; ils ont vu dégénérer l’olive opposée consécutivement à ces lésions et principalement au niveau du hile.

Ce sont là les rapports indirects des noyaux des cordons postérieurs avec le corps restiforme: nous devons rechercher maintenant si des prolongements cylindraxiles des cellules de ces noyaux s'engagent

dans le corps restiforme pour monter dans le cervelet, sans relais.

La question est difficile à résoudre : Bechterew admet que des noyaux de Goll et de Burdach partent des fibres qui se rendent aux corps restiformes des deux côtés: les unes au corps restiforme Correspondant en suivant la voie des fibres arciformes externes et postérieures, les autres au corps restiforme du côté opposé, en suivant celle des fibres arciformes externes et antérieurs elles se confondraient avec les fibres qui viennent des cordons postérieurs. L’existence de pareilles fibres n’est pourtant signalée ni par Flechsig, ni par Edin ger, ni par Obersteiner; la solution est difficile parce que les lésions isolées des noyaux de Goll et de Burdach ont été exceptionnellement constatées et elles n'auraient du reste que peu de valeur pour résoudre la question, puisqu'une lésion de ces noyaux intéresserait forcément les fibres des cordons postérieurs quiles limi-

tent en arrière. :

Darkschewistsch et Freud (2) pensent que le corps restiforme

(1) FERRIER et TURNER. À Record of experiments illustrative of the symptomalogy and degenerations following lesions of the cerchellum, etc. PAilosophical Transactions of the Royal Society of London, vol, 185, 1894.

(2) DARKSCHEWITSCH et FREUD, Ueber die Beziehung des Strickkürpers zum Hinterstrang und Hinterstrangkern. Newr. Centralbl., 1886.

est formé en partie par des fibres qui viennent du noyau de Burdach et du noyau de Goll. Les fibres qui sortent du noyau de Burdach ne s'entrecroisent pas et suivent la partie supérieure des

fibres arciformes externes postérieures ; celles qui viennent du noyau

de Goll suivent la voie des fibres arciformes internes, s'engagent

dans la couche interolivaire, se croisent dans le raphé et suivent en-

suite la surface antérieure de la pyramide contro-latérale et de l olive

inférieure comme fibres arciformes externes pour aborder ensuite

le corps restiforme.

Ferrieret lurner(1) après destruction isolée du nucleus clavatus (noyau du cordon de Gall), ou du nucleus cuneatus, ont pu suivre la dégénérescence à travers le corps restiforme presque dans le cervelet. Vejas (2) après destruction du funiculus gracilis et du funiculus cuneatus et de leurs noyaux chez un lapin, a constaté une atrophie pee tielle du segment interne du corps restiforme et-des cellules qui s y trouvent ; il admet que la partie interne des pédoncules cérébelleux est surtout formée de fibres qui prennent leur origine dans le noyau du funiculus cuneatus et aussi de fibres de la formation réticulaire et des cellules qui y sont entremêlées. Leur terminaison se ferait dans le noyau du toit. Ce sont les grosses cellules du noyau de Burdach dont les prolongements cylindraxiles pénétreraient dans le corps restiforme. Blumenau (3) admet aussi l'existence de fibres se rendant des noyaux des cordons postérieurs au cervelet par l'intermédiaire du corps restiforme; les fibres qui viennent du noyau externe du faisceau de Burdach sont les plus nombreuses.

En résumé, l'existence de fibres prenant leur origine dans les noyaux des cordons postérieurs et se terminant soit dans les olives inférieures, soit dans le cervelet en passant parle corps restiforme, n’est pas absolument démontrée; elle n'est que présumée. 6

b) Contingent olivaire. — C’est aujourd'hui un fait connu que les lésions cérébelleuses s’accompagnent d’une atrophie croi-

(1) FERRIER et TURNER. 20e. cit.

(2) VEJAS. Experimentelle Beïtrage zur Kenntniss der Verbindungsbahnen des Kleinhirns und. des Verlaufs des funiculus gracilis und. cuneatus, re Tr Psychiatrie. Bd, XVI. à

(3) BLUMENAU. Ueber den ausseren Kern des Keïlstranges im Verlangerten mark. Meur. Centr., 1891.

sée de l'olive ‘inférieure (Meynert). Tous les auteurs admettent Texistence de rapports croisés entre l'hémisphère du cervelet et.

» TT YF LEIQ S. ; , 20 Et 0 L Ê k ? L: A ; Ë Le l’olive inférieure. D'après Edinger, le contingent médullaire du corps | ‘& EE restiforme se rendrait dans le vermis, tandis quele contingent olivaire |: | se terminerait dans le corps dentelé. Les avis sont plus partagés pour !

le sens de la conductibilité entre l’olive bulbaire et le cervelet. Nous verrons plus loin que le corps restiforme dégénère très peu consécutivement aux lésions cérébelleuses, cette conductibilité se fait done de

après la lésion primitive.

coupes appartenant l’une à un fœtus de six mois, et l'autre à un fœtus d’un âge plus avancé, mais pas exactement connu) ont distingué dans sa formation deux portions : une centrale, une périphérique. Sur les coupes du bulbe d’un fœtus âgé de six mois, seule la partie centrale est myélinisée, ils lui distinguent encore deux segments : l'un antérieur ou tête. (Kopf des primären Sirickôrpers), l’autre postérieure ou queue (Schweit des primären Strickkôrpers). ne 6 U y aurait, d’après ces auteurs, un rapport direct entre le noyau du cordon de Burdach, d'une part, les fibres afciformes et la tête du : corps restiforme d'autre part : la queué du corps restiforme se continue avec le faisceau latéral de la moelle, Enfin on s'aperçoit que dans les premiers plans du corps restiforme il existe des fibres qui viennent de l'entrécroisement pyramidal supérieur et — à ce niveau on voit

olive vers le cervelet. Si l'olive et le corps restiforme s’atrophient #5 consécutivement à une lésion cérébelleuse, il faut admettre qu'il 0/0 s'agit d’une atrophie rétrograde ne se produisant que longtemps

Darkschewitsch et Freud se basant sur l'étude de la myélinisation du corps restiforme (et pour cela ils ont examiné deux séries de

encore les fibres à myéline des cordons postérieurs — par la couche in- ?

. terolivaire et les fibres arciformes internes se perdent à la périphérie,

de la coupe et sur le faisceau latéral. (Untere Bogenfasersystem des : : Hinterstrangkrnes) : c'est une jonction du cordon postérieur avec le corps restiforme du côté opposé. La portion périphérique du corps | restiforme qui ne se myélinise que beaucoup plus tard, représente le | contingent olivaire. Monakow divise le corps restiforme proprement | diten trois segments : interne, moyen, externe. Le segment interne est ! constitué par des fibres du funiculus cuncatus allant surtout au noyau de Deiters et peut-être au cervelet, le segment moyen par le faisceau T.. fil 6

cérébelleux direct, le segment externe par des fibres prenant leur origine dans la substance réticulée et l’olive contralatérale.

D'après nos recherches personnelles, d'après l'examen de coupes …

de bulbes de fœtus, le corps restiforme nous semble pouvoir être diour . ÿ , S + ï FACE F" visé en deux parties : l’une centrale formée par la réunion des fibres

des cordons postérieurs et du faisceau cérébelleux direct, l’autre péri phérique, entourant la première et formée sans doute-par les fibres

A : , 3 des noyaux des cordons postérieurs et de l'olive bulbaire.

Le contingent olivaireestle plus important par son volume; sur les coupes du bulbe intéressant le corps restiforme au-dessus du noyau de …

Burdach, on voit un gros faisceau de fibres épaisses s’échapper de son

bord antérieur (méthode de Pal) et se diriger en avant et en dedans

vers l’olive du même côté: sur les mêmes coupes il existe au niveau du raphé et entre les deux couches interolivaires un très bel entrecroisement de fibres qui se continuent d’une part avec les fibres précédemment décrites et d'autre part se prolongent dans le hile de l’olive du côté opposé. Ce sont ces fibres qui unissent le corps restiforme d’un côté avec l'olive du côté opposé : elles composent le segment supéroexterne des fibres, arciformes internes; elles traversent ou circonscriventen arrière la racine descendante du trijumeau (fibres cérébello-

olivaires rétrotrigéminales et intertrigéminales de Mingazzini) GR

En outre, d’autres fibres suivent la périphérie du bulbe, contour nent l’olive en dehors puis en avant ainsi que la pyramide, et s’entre-. croisent sans doute après avoir suivi ce trajet pour aboutir à l'olive

du côté opposé (fibres cérébello-olivaires zonales de Mingazzini). Min- gazzini signale encore dans le corps restiforme des fibres qui pénè-

trent dans les pyramides soit du même côté, soit du côté opposé (fibres

cérébello-pyramidales directes et croisées), et d'autres qui entrenten

rapport avec le noyau arciforme du prépyramidal du côté opposé, ce dernier rapport nous semble confirmé par l'atrophie croisée du noyau

arciforme accompagnant l’atrophie de l’olive secondaire à une lésion cérébelleuse unilatérale. Le noyau arciforme ne représente peut-être que l'extrémité inférieure de la substance grise du pont prolongé au-

devant des pyramides. Ce quiest certain, c'est qu'après une lésion de longue durée de l'hémisphère cérébelleux, le corps restiforme et les

(1) MINGAZZINTI. Intorno al decorso delle fibre appartenenti al peduneulus medius -

cerebelli, etc. drehivio per le scienze mediche, vol. XIV, 1890.

| LOSC DUrbs

fibres arciformes du même côté et l’olive inférieure du côté opposé

s’atrophient (Meynert, Cramer, Amaldi).

= Le terminaison du contingent olivaire du corps r cervelet n’est pas encore trè

annees

estiforme dans le S bien connue. Il est probable que la

ER, Dégénérescence du corps restiforme consécutive à wne lésion sous- “&y corticale du cervélet chez le chat.

Corps restiforme. — Fr. Faisceau en crochet, — My. Noyau dentelé. — : £ Pc. Pédoncule cérébelleux supérieur,

. méthode de Marchi fournira des renseignements précieux à ce sujet. Mott, après une lésion expérimentale du corps restiforme, a vu les À ARR GE sai fibres dégénérées entourer le noyau dentelé et se diriger en dedans

vers le lobe médian.

nee 114 Nous-même, dans un cas de lésion Sous-corticale expérimentale du

cervelet (1), dans laquelle de: corps restiforme a été lésé à sa Sr tion dans le cervelet, nous avons pu suivre les fibres dégénérées dans les coupes faites au-dessus de la lésion (fig. 28). Elles se dirigent toutes vers le lobe médian, auquel elles abandonnent du même côté

un grand nombre de fibres ; les fibres les plus distales s’entrecroisent et se terminent dans le vermis supérieur et postérieur, du côté op- .

posé : quelques fibres, très rares, s’épuisent dans l'hémisphère du même côté, mais dans les circonvolutions les plus voisines du vermis.

Chez l’homme, à cause du développement considérable des olives et des hémisphères cérébelleux, il est probable que les olives envoient À un grand nombre de fibres à la corticalite hémisphérique. RU

Nous ne pensons pas que les olives inférieures fournissent des fibres ne à l'olive cérébelleuse ; ses rapports avec la corticalité cérébelleuse chez l’homme nous semblent au contraire démontrés par ce fait que ies lésions purement corticales du cervelet entraînent une atrophie rétrograde des olives bulbaires. (Observ. de Menzel. Arndt, Nos obser: vations personnelles, IV et V.) à

Les rapports de l’olive inférieure et du corps restiforme, ne sont. probablement pas uniquement croisés, il doit exister quelques fibres

qui relient l’olive inférieure au corps restiforme du même côté: ces 11 fibres auraient été suivies par Ramon y Cajal (2). } NT Vu l'importance considérable du faisceau olivaire du corps resti-

forme, il nous semble intéressant de rechercher quels sc sont les rapports

ee

des olives inférieures avec les autres centres nerveux. JOn peut tout

d'abord affirmer que les olives ne reçoivent. pas de The de l'écorce cérébrale par l'intermédiaire du faisceau pyramidal. En effet, les dégénérescences totales de la pyramide, “examinées p par la méthode de Pal

ou de Marchi, n’ont pu être poursuivies dans l’une où l’autre olive he ; bulbaire ; jamais une atrophie de la pyramide de longue durée, n’en- à traîne d’atrophie consécutive des olives. Nous avons nous-même pra tiqué l'examen en coupes sériées du bulbe dans toute sa hauteur, dans:

deux cas de dégénérescence totale de la pyramide récente; nous n'a-

(1) A. THoMaAs. Lésion sous-corticale du cervelet déterminée expérimentalement sur le chat. Dégénérescences secondaires. Soc de biol., 6 juin 1896.

(2) RAMON y CAJAL. 1° Apuntes para el studio del bulbo raquideo, ete. Madrid, 1895. 2° Connexiones distantes de las cellulas de Purkinje. Anales de la Sociedad espanolà de historia natural, +. LIT, 1894. he

D PRE tes

= % YOns vu aucune fibre dégénérée se terminer dans l’olive. (L'examen a été fait par la méthode de Marchi.) La moelle n’envoie pas davan- , tage de fibres aux olives inférieures. Après une section de la moelle ESS ; cervicale (voir page 61) aucune fibre n’a pu être suivie dans l'olive Tes 2 nes lésions transverses de la moelle chez l'homme ne déterminent que la dégénérescence de deux longs faisceaux d'association dans le cordon latéral (faisceau cérébelleux direct et faisceau de Gowers) et des cordons postérieurs (voir page 69); or, jamais cette dégénérescence. n'a pu être poursuivie jusque dans les olives bulbaires (voir fig. 24, 25, 26). —/Quand on examine des coupes de plus en plus élevées du bulbe dans la région olivaire, on voit apparaître, sur le bord externe de celle-ci, un faisceau se colorant vivement par la méthode de Par et qui se continue au-dessus de l'olive inférieure dans l'étage supérieur de la protubérance ou ealotte entre le ruban de Reïl médian et l'olive supérieure; c’est à ce faisceau que Bechterew (1) et Flechsig ont donné le nom de faisceau central de la calotte : d’après : RAT da Ce M eux, il se continuerait à son extrémité supérieure avec l’anse du noyau lenticulaire ; il représenterait ainsi une longue voie d'union entre le

lo noyau lenticulaire et l'olive inférieure; ses rapports avec l'olive infé- !

ÿ rieure sont certains, mais on ignore si elle est son origine ou sa ter- | A 1 2) minaison ; M. Dejerine a bien voulu nous communiquer (communi- + ‘2 cation orale) un cas de lésion protubérantielle, ayant coupé le faisceau LE € “ centraldelacalotteetdans lequel ilavait dégénéré seulement au-dessous ! m7

de la lésion, ce qui démontre que ce faisceau dégénère de haut en bas etsetermine dansl’olivebulbaire. C’est aussi l'opinion de Bechterew.

Mais il n’est pas prouvé qu'il se continue en haut avec l’anse du noyau = lenticulaire; le faisceau central doit être plutôt regardé comme ‘un faisceau d'association entre la substance réticulée de la calotte et l’olive inférieure. Ænfin nous avons vu plus haut qu’il est très vraisemblable que l’olive bulbaire recoit des fibres des noyaux des cordons posté- |

| f re A dE ain var | | rieurs (Ferrier et Turner). Kôlliker (2) considere le faisceau oli- 4 D ss 4 ENCRES j < ÿ Wa me / vaire du corps restiforme comme prenantson origine dans l'écorce cérébelleuse et se terminant dans l’olive homolatérale, ses fibrés seraient les

prolongements cylindraxiles des cellules de Purkinje ; d'autre part,

(1) BECHTEREW. Die Leitungsbahnen im Gehimn ünd Rüchenmark, 1894. ..- (2) KôLLIKER. Handbuch der Gemebelehre des Mensehen. Sechste Aufgabe, Bd. IT, NN ABOGL RES

pour le même auteur, des olives partiraient des fibres à direction descendante vers la moelle, de sorte que les rapports du cervelet et de

la moelle seraient des rapports indirects avec l'olive comme relais ;

cette conception est battue en brèche par ce fait que les fibres descen-

dantes du corps restiforme sont très peu nombreuses et ne se rendent

pas dans l’olive bulbaire. Il est possible, que les olives envoient des fibres à la moelle, mais cette voie n'a pas encore été démontrée. Cajal, qui s'était rangé primitivement à l'opinion de Kôlliker sur l'origine dans le cervelet du pédoncule cérébelleux inférieur, a abandonné cette manière de voir, et considère actuellement l’olive comme la principale origine du corps restiforme ; ses fibres se termineraient dans la couche des grains de la corticalité du lobelatéral par des terminaisons semblables à celles des fibres moussues.

€) Contingent du noyau du cordon latéral. — Bechterew a signalé des fibres qui prennent leur origine dans le noyau du cordon latéral du bulbe, montent dans le corps restiforme et se terminent dans le vermis supérieur après entrecroisement. Nous avons exposé

plus haut qu’une partie des fibres du faisceau de Gowers aboutissent

au noyau du cordon latéral, de sorte que le faisceau de Gowers, le noyau du cordon latéral et le faisceau décrit par Bechtere w forme-

raient une voie afférente d'origine médullaire, avec un relais dans le noyau du cordon latéral (voir page 64). Nous n'avons eu à notre dis-

- position aucun fait qui puisse nous permettre de confirmer l'existence du faisceau décrit par Bechterew:; mais il est certain qu'il existe une voie d'union directe entre ce noyau et l'écorce du cervelet, qui prend son origine dans le cervelet : c'est ce que nous démontreront les dégénérescences consécutives aux lésions cérébelleuses.

Il. — Segment interne du corps restiforme. — Edinger a décrit le premier l'existence, d’un faisceau cérébelleux sensoriel direct, qui serait composé de fibres appartenant à l’auditif, au trijumeau, au pheumogastrique, au glosso-pharyngien et qui serait en relation avec le noyau sphérique et les noyaux du toit du cervelet : en dedans du point où le corps restiforme pénètre dans le cervelet, on distingue sur le bord latéral du quatrième ventricule les fibres du faisceau cérébel-

leux sensoriel direct, qui se dirige en avant pour aboutir au segment

interne du pédoncule cérébelleux inférieur ; ces fibres traversent un

LE QE a

noyau gris qui se confond en avant avec le noyau externe de l’auditif 4,

“et auquel on a donné le nom de noyau de Bechterew. Edin gerest re- + |

venu sur cette conception du faisceau cérébelleux sensoriel, etilsemble admettre maintenant qu'il y à un neurone interposé entre les nerfs sensoriels et le cervelet dans le noyau central de ces nerfs; ainsi modifiée, la description d'Edinger semble plus conforme à la réalité, du moins en ce qui concerne certains nerfs ; et si les fibres précédemment décrites dégénèrent presque totalement à la suite d’une lésion cérébelleuse, quelques-unes semblent rester saines ; elles constitueraient le faisceau d'Edinger, dont la principale origine se trouve 124 dans les noyaux de Deiters et de Bechterew.

-Atrophies rétrogrades dans la moelle et dans le bulbe; consécutives aux lésions cérébelleuses. — Lorsque les lésions du cervelet “ont acquis une longue durée, elles entraînent une atrophie de:tous les centres qui fournissent des fibres au cervelet : ce sont là des atrophies secondaires ou mieux des atrophies rétrogrades. Ces atrophies sont surtout intéressantes lorsqu'il s’agit de lésions limitées à un seul hémisphère du cervelet. Dans ce cas, du même côté de la lésion, on observe dans la moelle une diminution de volume de la colonne de Clarke, ainsi qu'une diminution de nombre et de volume de $es cellules; on a signalé aussi une diminution de la corne postérieure du même côté (Amaldi) (1) dans toute l'étendue de la région dorsale, portant sur la substance spongieuse sur la substance et gélatineuse. Quelquefois aussi la corne antérieure du même côté a paru plus petite : les cordons de la moelle n’ont pas subi d’atrophie, si ce n’est dans la région cervicale où les fibres du cordon latéral apparaissent moins serrées.

Dans le bulbe on a observé une atrophie des noyaux des cordons postérieurs, soit des deux côtés (Cramer) (2), soit seulement du côté de la lésion (Amaldi).

L'olive, du côté opposé, est très atrophiée surtout au niveau du hile, les fibres arciformes externes et postérieurs qui s'étendent du corps restiforme aux noyaux des cordons postérieurs sont très atro-

(1) AMALDI. Due easi di atrofia parziale del cerveletto. Dal Laboratorio anatomici pathologico dell instituto Psichiatrico di Reggio, 1895. \ (2) CRAMER, Soc, psychiatrique dé Berlin, 1891. Zicglers Boitrage, 1892,

phiées, de même les fibres arciformes. AAA et internes qui s'éten-

dent #4 corps restiforme aux olives; les noyaux juxta-olivaires participeraient à cette atrophie (Meynert, Cramer, Amaldi, etc.). Amaldi signale aussi l’atrophie croisée du noyau prépyramidal. Le

corps restiforme du même côté de la lésion est naturellement extrêmement réduit. L'atrophie croisée de l’olive inférieure à la suite d’une lésion cérébelleuse signalée par Meynert a été vérifiée un nombre considérable de fois, mais cette atrophie s’observe ayec une lésion purement corticale du cervelet : dans le cas de Menzel, de

Arndt, les observalions que nous rapportons, les olives bulbaires étaient atrophiées malgré l'intégrité du noyau dentelé : ce qui confirme les rapports croisés de l’olive inférieure et de la corticalité ME belleuse.

L'observation ARR PU TE nous a permis d'étudier les dégénéreseences

rétrogrades consécutives aux lésions cérébelleuses.

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