OBSERVATIONS CLINIQUES
4° Lésions bilatérales,
OBSERVATION DE COMBETTES (1). — Alexandrine L... est née à Versailles en mai 1820, d’un père fort et robuste. La mère était faible et d’une mauvaise santé, usée par des excès de tous genres. Cette enfant vint au monde grêle, mais bien conformée ; elle était extrêmement chétive et délicate et prenait très peu d’accroissement : à deux ans elle n’avait pas encore ses premières dents
et ce n'est qu'à trois ans qu'elle commença à bégayer quelques mots.
M. Miquel, à qui je dois ces renseignements, la vit en 1827 pour la première fois; il apprit du père que, depuis l’âge de cinq ans seulement, elle pouvait se soutenir sur ses jambes ; il fut frappé de son peu de développement et remarqua surtout une grande faiblesse dans les extrémités. Ce symptôme joint au manque d'intelligence de l'enfant et à l'impossibilité d’articuler nettement la parole, avait fait soupçonner à M. Miquel quelque lésion vers le cerveau. Il fut appelé différentes fois à lui donner des soins pour des irritations gastro-intestinales qui n’ont présenté aucune particularité remarquable. La dernière fois qu’il la vit, elle avait alors 9 ans, il la trouva les pupilles extrêmement dilatées, ce qui le fit penser à la présence de vers dans le canal intestinal. Il aurait conseillé des anthelmintiques si la nourrice ne l’eût averti que la petite L... portait sans cesse ses mains aux parties génitales.
Elle fut admise à l'hôpital des Orphelins le 12 janvier 1830,.comme enfant abandonnée. Son bulletin de réception porte qu'elle est paralysée des extrémités abdominales, qu’elle parle difficilement et que ce mal lui vient d'une frayeur que la nourrice a éprouvée. Lors de son entrée aux Orphelins elle était faible, cachectique ; elle avait extrêmement peu d'intelligence, paraissait indifférente à tout ce qui l’environnait. Elle témoignait cependant de l'amitié et de la reconnaissance aux personnes qui lui donnaient des soins. Quand on lui parlait elle répondait difficilement et avec hésitation. Les jambes quoique très faibles lui permettaient encore de-marcher ; mais elle se laissait tomber souvent. Elle jouissait de la faculté de tous ses sens. Elle mangeait modérément et toutes les fonctions de nutrition se faisaient bien. Je l’observai seulement au mois de janvier 1831 et dans l'état suivant ; elle gardait le lit depuis deux ou trois
(1) Absence complète du cervelet, des pédoncules postérieurs et de la protubérance cérébrale chez une jeune fille morte dans 8a onzième année. Bl. de la Soc. anat., 1831.
Sa