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tronc du côté opéré, les grandes oscillations de la tête avec mouvements de translation de ce côté, les oscillations de la tête avec dépla- ‘cements du trone s'effectuant alternativement de côté et d'autre; plus tard, bien qu’au repos la tête et le tronc restent immobiles, les oscillations de l'une et de l’autre réapparaissent pendant la préhension des aliments. En présence de pareils faits, il y a lieu de se demander si le cerveletexerce une action spéciale sur la musculature de la tête et du cou, indépendante de celle qu’il exerce sur les autres muscles du tronc et des membres. Or nous avons dit plus haut que chaque moitié du cervelet développe, en vue d'empêcher la chute ou le déplacement du corps de son côté, une force de réaction qui consiste en un mouvement de torsion du tronc et du cou, autour de l'axe longitudinal, exécuté par les muscles du même côté et associé à une inclinaison de la tête du côté opposé.Lorsqu'une moitié du cervelet a été détruite, l’inclinaison de la tête se fait de son côté, à cause de l’action persistante de l’autre moitié ; et dans le mouvement volontaire cette inclinaison s’exagère ; c'est pourquoi, dans la préhension des aliments, la tête au lieu de s’abaisser directement, est entraînée progressivement loin du but, du côté de la lésion; l'animal résiste en inclinant volontairement la tête du côté opposé, de là les oscillations latérales ; enfin, la tête joue un rôle considérable dans l’équilibration du corps en général; en s’inclinant elle déplace la ligne de gravité et entraîne le reste du corps avec elle; pour faire obstacle à un pareil déplacement les muscles du tronc se contractent sous l'influence de la volonté et déterminent un mouvement en sens contraire, d'où les déplacements et les oscillations du tronc, la titubation. Les désordres qui surviennent dans la statique et dans les mouvements de la tête, après la destruction unilatérale du cervelet, sont la conséquence directe de la suppression de la force de réaction qu'une moitié du cervelet exerce sur le côté correspondant du corps.
Dans le cas de destruction d’une moitié du cervelet, il y a lieu de se : demander quelles sont les zones qui suppléent au défaut d’innervation cérébelleuse et si l’autre moitié du cervelet n'intervient pas : il n’est pas vraisemblable qu'elle intervienne directement, puisque par la lésion même toute relation entre elle et la moitié opposée du corps est suspendue, mais elle continue à agir sur un hémisphère cérébral, et grâce à l’union intime des deux hémisphères par le corps calleux,
Sonaction peut étreutile : en tout cas elle n’est pas indispensable, puisque après la destruction totale du cervelet, la suppléance fonctionnelle est encore possible. La suppléance se fait principalement par le cer- Veau, c'est pourquoi après la disparition des désordres, les mouvements du côté détruit ont le caractère particulier d’un mouvement intentionnel, de quelque chose de voulu : pendant la marche, les membres de ce côté sont soulevés brusquement et retombent brusquement sur le sol et contrastent avec ceux du côté sain dont les mouvements ont conservé le caractère des. mouvements automatiques. De même le tronc a perdu de sa souplesse; quand l'animal marche, il a l'air soudé, et tous les mouvements présentent le même caractère, parce que la modification d'équilibre causée par un mouvement adapté directement au but n'étant plus compensée par la force de réaction qui la contrebalance, la volonté doit y suppléer. Nous en avons donné un exemple pour la station debout, pour la marche ; nous aurions pu analyser bien d’autres actes, nous croyons inutile de multiplier ces faits qui sont tous du même ordre. Ce qui prouve encore cette intervention de la volonté et de l’activité célébrale, c’est que chez un chien privé dune moitié du cervelet et déjà très amélioré, les troubles de l’équilibre réapparaissent quand on détourne son attention. Il ne peut encore exécuter des mouvements compliqués, mais il en réacquiert graduellement l'exercice par des efforts fréquemment répétés.
La nagereste pourtant normale après la destruction partielle ou totale du cervelet ; mais les lois de la statique ne sont plus les mêmes dans l'eau, elle lutte efficacement contre le poids du corps etdiminue d'autant les forces de réaction nécessaires pour parer la chute du côté vers lequel se produit le mouvement.
En résumé, tout mouvement, toute attitude exigera une somme d'efforts beaucoup plus considérable que chez un chien normal; le mouvement adapté directement au but ne provoque plus les réactions qui assurent le maintien de l'équilibre pendant son exécution. Avant deréacquérir un mécanisme qui lui permette de conserver l'équilibre, le chien opéré devra, pour ainsi dire, essayer ses muscles, de là la fatigue, l’asthénie, l’astasie, les contractions avortées, l’atonie ; ces derniers troubles dérivent indirectement de la suppression de l’activité cérébelleuse, ils n’en sont pas la conséquence directe : chaque hémisphère cérébelleux est bien une source d'énergie pour le côté
Éviie
correspondant du corps, mais cette énergie a un emploi spécial, elle est affectée au maintien de l’équilibre dans toutes les attitudes et dans tous les mouvements du corps. Du reste, ces troubles, l’asthénie, l’atonie, l'astasie, diminuent de jour en jour, l’asthénie persiste plus longtemps, elle est l'effet direct de la fatigue due à l'attention et à l'effort, c’est-à-dire à l'intervention plus active du cerveau dans presque tous les actes.
Schiff et Vulpian ont justement remarqué que l'équilibre était plus profondément troublé après la destruction d’une moitié du cervelet qu'après la destruction totale. En effet, en raison de la symétrie des lésions, on n'observe ni mouvements de rotation, ni mouvements de translation; les mouvements sont incertains, les attitudes sans fixité, l’asthénie très marquée. Comme après la destruction d’une moitié du cervelet, les membres, surtout les antérieurs, sont très éloignés de l’axe du corps et l’abduction semble être encore un phénomène dû autant à la suppression fonctionnelle qu’à la suppléance; lorsqu'une patte est levée pour la progression, il se produit des oscillations du corps, des hésitations, parce que la force de réaction n’est plus mise en jeu, et que l’animal réagit maladroitement contre la tendance du corps à tomber du côté de la patte levée, mais il n'y a plus de mouvement de translation, comme après la destruction d'une moitié du cervelet, parce que la force de réaction du côté opposé n’agit plus : c’est pourquoi d'emblée la démarche est celle de l'ivresse. Mais la suppléance se fait beaucoup plus lentement qu'après la destruction d'une moitié du cervelet; ce qui est facile à comprendre, puisque la suppléance ne peut être faite que par le cerveau et que s’exerçant sur les deux côtés du corps, une plus grande activité cérébrale doit être dépensée. C’est pourquoi aussi après la destruction totale du cervelet l'asthénie est plus prononcée et plus persistante.
La destruction et les lésions du vermis ont une symptomatologie un peu spéciale. Les troubles du mouvement sont surtout marqués dans les membres postérieurs, qui se mettent en abduction, la distance qui sépare les membres antérieurs restant normale : l'animal recule ou tombe à la renverse; ces troubles se corrigent avec le temps. Le vermis sembleêtre surtouten rapportavecla statique dela partie postérieure du tronc et des membres postérieurs ; normalement il maintiendrait l’adduction des membres postérieurs et l’inclinaison du tronc en avant ;
c'est peut-être pourquoi il-sufit chez les animaux à station bipède dont les mouvements volontaires sont peu développés, c’est-à-dire chez les oiseaux: les hémisphères cérébelleux suivent généralement le développement des hémisphères cérébraux et la volonté s'exerce beaucoup plus sur les membres supérieurs ou antérieurs que sur les membres inférieurs ou postérieurs. Aussi, bien qu’il soit impossible de faire des localisations très précises dans le cervelet, on peut dire néanmoins qu’une moitié du cervelet agit sur le même côté du corps, que le vermis intervient surtout dans les phénomènes d’équilibration dépendant de la partie postérieure du tronc et des membres postérieurs, et les hémisphères dans les phénomènes d’équilibration dépendant de la partie antérieure du tronc et des membres antérieurs. La destruction d’un lobe donne une symptomatologie analogue à celle de la destruction d’une moitié du cervelet, parce que toutes les fibres de projection du vermis sur le noyau dentelé ou la protubérance sont sectionnées du même côté, ;
L'action du cervelet est donc extrémement complexe, et pourtant, il n’est pas un organe indispensable, puisqu'il peut être suppléé par d’autres centres : il doit donc être considéré comme un organe de perfectionnement dont le rôle est de rétablir l'équilibre ou de le maintenir suivant que le ‘corps est en mouvement ou qu'il est au repos. Il épargne cette tâche à l’activité cérébrale et lui permet de se dépenser ailleurs.
Nous avons décrit précédemment le syndrome cérébelleux chez l'homme : il présente de grandes analogies avec les désordres consécutifs aux lésions expérimentales du cervelet : on y retrouve l’élargissement de la base de sustentation, es oscillations du corps pendant le station debout, la titubation pendant la marche, le soulèvement brusque des jambes, la fatigue rapide, l'exagération des réflexes, l’absence de signe de Romberg, un certain degré d’asthénie physique et intellectuelle : dans un certain nombre d'observations le nystagmus ou le strabisme sont signalés.
Les mouvements de rotation autour de l’axe longitudinal ou de translation sont exceptionnels par ce fait que dans la plupart des cas il s'agit d’atrophie évoluant lentement et que les suppléances se font simultanément ; il n’y a pas suppression brusque d’une fonction.
Dans la plupart des cas, on signale de grandes oscillations des
membres supérieurs dans le mouvement intentionnel, se généralisant
ensuite au tronc et à la tête; il est possible que les oscillations soient dues en partie aux modifications de l'équilibre du corps causées par les mouvements des membres supérieurs, lorsque ces mouvements sont de grande amplitude ; du reste il doit se passer un fait analogue à celui qui a lieu pour les membres antérieurs de l'animal, qui se mettent en abduction ; ils sont par celamême moinsbien fixés au tronc
etc'estsans doute cette fixité imparfaite qui doit expliquer l'incertitude
et les oscillations des membres supérieurs.
I] se peut aussi que le cervelet intervienne dans le maintien de l’équilibre des différentes parties du corps et des membres en particulier, par conséquent dans un grand nombre de coordinations musculaires. |
Les troubles de la parole, signalés aussi dans presque toutes les observations, doivent être en rapport avec une fixité imparfaite de la tête ; et la parole scandée ou saccadée est le résultat de contractions musculaires d'ordre réflexe ou volontaire qui fontobstacle au défaut de fixitéet se généralisent à tous les muscles de la tête ; d'où aussi la raideur de la tête et du cou fréquemment observée.
Les différences sont plus nombreuses entre deux cas du même ordre chez l’homme que chez l'animal; d'abord les lésions sont rarement identiques : dans beaucoup d'observations l'examen anatomique est très insuffisant, et il faut tenir grand compte des réactions cérébrales bien différentes d’un individu à l'autre et qui, dans les phénomènes de suppléance, peuvent entraîner des différences assez considérables.
Le syndrome cérébelleux chez l’homme est donc très comparable à celui qu’on observe chez l'animal ; le cervelet doit donc jouer le même rôle chez les deux ; chez l'homme, les phénomènes intellectuels n’en sont pas absolumènt indépendants, puisque l'intégrité du cervelet permet à l’activité cérébrale de s’y appliquer presque exclusivement. Si l'homme était obligé de vouloir incessamment son équilibre, son attention serait ainsi détournée des phénomènes purement psychiques et l'affaiblissement intellectuel on serait une conséquence.