‹ Le chambard socialisteChapitre 130 sur 412 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

En ce temps paraissait lin journal subversif, débitant les doctrines malsaines. Son titre : le Parti Socialiste, organe du Comité Révolutionnaire Central. A la vérité, ce Comité n’était autre chose qu’une association d’individus dangereux, prêts à porter leurs mains sacrilèges sur les principes fondamentaux de la société, à fouler, sous leurs pieds barbares, les choses saintes, les choses sacrées, commo la propriété, la magistrature, et cailera. cl cwtera. (Consulter le Journal des Débuts).

Après la condamnation à mort de Vaillant, cot nnarohiste coupable d’avoir renversé dans l’enceinte du Palais-Bourbon une marmite pleine de clous qui n’étaieut pas de girolle, un entrefilet parut dans le Parti Socialiste, où M. Carnot so voyait mis on demeuré de le gricior. L’auteur de cet écrit diabolique affirmait, entre autres abominations, que ledit M. Carnot, au cas où il ne so rendrait pas à cette mise en doinonre, ne serait plaint par personne si quelque catastrophe lui arrivait.

O’est alors que M. Casimir Périer, afin de couper court à toutes les informations iusidiousos qui le représentaient comme convoitant la succession du petit-lils la Victoire, résolut de frapper un grand coup.

Los sieurs Breton et Reissor dn Parti Socialiste furent traduits devant 1° jury. Malgré les efforts d’un de leurs complices nommé Yiviani, avocat, qui apportait au service des plus détestables causos un talent, et une habileté dont il aurait dù faire meilleur usage, l’un dos malfaiteurs fut condamné. La voix de l'honnêteté, de la morale, de l’intégrité, avait parlé au cœnr de nos concitoyens transiormés en juges ; de la bouche vengeresse, quoique pluvieuse et édentée de M. l’avocat général Bulot les arguments s échappaient sous escorte de nombreux postillons et pénétràiout de leur rosée la conscience des jurés.

Certes, jamais magistrat ne fut plus autorisé pour parler au nom des principes qui forment l’apanage do l’humanité. 11 offrait, on effet, l’exemple de tontes les vertus politiques, sociales et domestiques, domestiques surtout.

Membre influent do la franc-maçonnerie, il, avait noué sous le temple les plus précieuses relations. 11 assurait do sa protection les députés influents, sans exception d'opinions, les journalistes, et c était plaisir do voir ce magistrat visiter familièrement les bureoux de rédaction. L’esprit d’intrigue lui demeura toujours étranger. (Consulter la o Ale de l’Hospital, t) Ses vertus domestiques étaient connues et appréciées de tous. On so souvient encore do quelle affection il couvrait une fille chérie, dont le bonheur faisait l’objet de tous ses efforts.,

En arrachant une condamnation à deux années d’emprisonnement contre le sieur Breton, M. Bulot vengeait non seulement M. Garni) t d’une menace odieuse, mais encore il aidait au rétablis- ^uent de l’autorité, dans nne démocratie encline aux pires déliorde-

On croit, s’il gagne quelque chose,

Qu’il travaille, au moins, tant qu’il peut. Erreur! il faut qu’il se repose,

Et qu'il dorme, et qu'il flâne un peu.

Il réclame du confortable.

Du pain blanc chez le boulanger Et de la viande sur sa table!...

L’ouvrier n’sait pas s’arranger.

Au lieu d'un yêtement modeste,

D'une casquette et d'un tricot,

11 lui faut, en été la veste Et, dans l'hiver, le paletot.

Des murs, un toit, une fenêtre,

Ca suffirait pour se loger.

Mais non, il rêve du bien-être!...

L’ouvrier n’sait pas s’arranger.

Sa femme devrait, pour l'ouvrage,

Etre choisie, uniquement.

Mais quand ça se met en ménage,

Ça veut faire du sentiment.

Ça s'aime, ça fait des -familles Qui viennent encor les charger;

Des cinq garçons, des quatre filles!...

L’ouvrier n'sait pas s'arranger.

Avec plus d’un louis par semaine On n’est pas un déshérité.

S'il voulait, il devrait, sans peine,

Pouvoir en mettre de côté,

Avoir de quoi pour le chômage Les maux qui peuvent l'affliger Et même un peu pour le grand âge !... L'ouvrier n'sait pas s’arranger.

Si, s’étant réformé lui-mème.

On voyait qu'il ne peut tenir,

On chercherait quelque système ,

Pour assurer son avenir...

Mais s’il succombe à la misère Pour avoir voulu nous singer,

Que voulez-vous qu'on puisse iaire?

L'ouvrier n'sait pas s'arranger.

P. Vrignault.

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