‹ Le chambard socialisteChapitre 131 sur 412 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La ne devait pas se borner l’action des défenseurs de l’ordre, lu décret parut, bientôt sanctionné par une loi quo le Sénat ol la Cliambre votèrent d’enthousiasme dans un accouplement fécond. Les dimensions de ce document nous forcent à n’en reproduire que les principaux articles :

Bèpublique française Liberté — Egauté — Fraternité

Vu le vote du Parlement, le Président de la République promulgue :

Art. 1". — La personne de M. Carnot est sacrée.

An. 2. — Tout citoyen doit l’environner d’un respect sans bornes.

Art. 3. — Le nom de M. Carnot ne pourra être prononcé qu’à voix basse et devra être précédé des mots : Sa Majesté. Il est interdit de s’en servir comme terme de comparaison désobligeante et dans les lieux mal famés, ou simplement d’aisances.

Art. -i. — En le prononçant les citoyens auront la tête découverte. Exception est faite en faveur dos femmes et des enfants en bas âge.

Art. o. — Les peines les plus sévères seront appliquées aux . contrevenants.

Aïf; fi- 110,11 ‘1° l’épouse présidentielle jouira des mêmes privilèges ainsi que ceux de ses enfants jusqu’à la sixième génération.

. Arl; 7- — Un bulletin paraîtra chaque matin à l'Officiel informant. le peuple des dispositions physiques et morales dans lesquelles se trouve le President.

Art. 8. S’il est onjoie, tous les citoyens sans exception devront manifester une allégresse intense; dans le cas où il aurait laissé échapper un éclat do rire, les monuments publics seront illuminés ainsi quo les demeures des habitants,

Art. 0. — Si, au contraire, M. Carnot éprouve du chagrin, la nation prendra le deuil. Des crêpes seront distribués gratuitement aux- mairies des communes.

Art. 69. — Au cas où M. Carnot serait atteint d’un coryza, tous les citoyens valides seront tenus d’éternuer trois fois par'jotir. ils feront constater qu’ils ont satisfait à celte obligation par un huissier ou quelque autre agent des mœurs.

Art. 100. — Lorsque M. Carnot aura fait entendre une do oes détonations inoffensives et odorantes qne la civilité puérile et honnête réprouvé mais que les sourds et les punais tolèrent, le pavillon présidentiel sera liissé à la. tour Eiffel et los canons des Invalides tireront une salve de cent un coups. A ce moment, tous les électeurs, tous les militaires devront décharger en l’air les armes a feu qu ils auront sur eux ; autrement ils lèveront leur coif-

furo et la cuisse gauche pour manifester qu’ils sont eu communion de sentiments avec leur souverain.

Art. 120. — Chaque fois qu’à la Chambre ou au Sénat le nom do M. Carnot sera prononcé à la tribune, les membres se dresseront. Exception est faite en faveur des membres âges ou prématurément affaiblis.

Art. 121. — Si lo ciel, répondant aux vœux de notre cher pays, bénissait une fois de plus l’union de l’auguste couple, les ménages de France ot des colonies, etc., etc. (Consulter la Revue des Deux- Mendvs.)

Signé : CARNOT.

Le président du Sénat : Ciiam.EMRI.-LjCOUU, .

Lo président de la Chambre : Doptrï,

Les ministres : CASDim-PÉmElt, RAïNAl.,otc.,

etc. (Consulter la Gazette des Tribunaux).

Page 1