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LES COMMUNISTES

Il y a plus de cinquante ans que les lignes suivantes ont été écrites par Henri Heine, lo grand poète allemand, qui fut on même temps un des écrivains français les plus spirituels. Ces lignes servent de préface au livre intitulé Lii.tr ri' , recueil das correspondances envoyées par Heine à la

Si les républicains offraient déjà au Correspondant de la Gazette d'Augsbaurg un sujet très épineux, il eu était ainsi à un bien plus haut degré pour les socialistes, ou pour nommer le monstre patson vrai nom, les communistes, et cependant je réussis à aborder ce thème dans la Gazelle d’Augsbütirg. Bien des lettres furont supprimées par la rédaction de la Gazelle qui se souvenait du vieux dicton : il ne faut pas peindre le diable sur le mur.

Mais elle ne pouvait pas étouffer toutes mes communications, et, comme je l’ai dit, je trouvai moyen de traiter, dans ses prudentes colonnes, un sujet dont l’effroyable importance était tout à fait inconnue à cette époque. Je peignis le diable sur le mur de mon journal, ou bien, comme s’exprimait une personne très spirituelle, jo lui lis une bonne réclame. Los communistes, répandus isolément dans tous les pays ot privés d’une conscience précise de leurs communes tendances, apprirent par la Gazelle d’Augsbaurg qu’ils existaient réellement ; ils surent aussi à celle occasion leur nom véritable, qui était tout à fait inconnu à plus d’un do ces pauvres eufantstrouvés de la vieille société. Par la GazeUs d'Augsbaurg, les communes dispersées des communistes reçurent des nouvelles authentiques sur les progrès incessants de leur cause.

Ils apprirent à leur grand étonnement qu’ils n’étaient pas le moins du mondo une faible petite communauté, mais le plus fort de tous les partis; que leur jour, il est vrai, n’était pas encore arrivé, mais qu’une attente tranquille n’est pas une perte de temps pour des hommes à qui appartient l’avenir.

Cet aveu, que l’avenir appartient aux communistes, jo le lis d’un ton d’appréhension et d’angoisses extrêmes, et hélas ! ce n’était nullement un masque ! En effet, ce n’est qu’avec horreur et effroi que jo pense à l’époque oit ces sombres iconoclastes parviendront à la domination : do leurs mains calleuses ils briseront sans merci toutes les statues de marbro do la beauté, si chères à mon cœur; ils fracasseront toutes ces babioles et fanfreluches fantastiques de l’art, qu’aimait tarit lo poète; ils détruiront mes bois de lauriers et y planteront des pommes de terre; les lis qui ne filaient ni ne travaillaient, et qui pourtant étaient vêtus aussi magnifiquement que le roi Salomon dans toute sa splondeur, ils seront arrachés alors du sol de la société, à moins qu’ils ne veuillent prendre en main le fuseau; les roses, ces oisives fiancées des rossignols, auront le mémo sort ; les rossignols, ces chanteurs inutiles, seront chassés, et, hélas! mon livre des chants servira à l’épicier pour en fairo des cornets oii il versera du café ou du tabac à priser pour les vieilles femmes de l’avenir. Je prévois tout cola, et jo suis saisi d'une indicible tristesse on pensant à la ruine dont lo prolétariat vainqueur menace mes vers, qui périront avec tout l’ancien monde romantique; et pourtant, je l’avoue avec franchise, ce mémo communisme, si hostile à tous mes intérêts et à mes penchants, exerce sur mon àrno un charme dont je ne puis me défendre; deux voix s’élèvent on sa faveur dans ma poitrine, deux voix qui ne veulent pas se laisser imposer silence, qui ne sont peutêtre aufoud que des instigations diaboliques, mais, quoi qu’il en .soit, j’ou suis possédé, et aucun pouvoir d’exorcisme no saurait les dompter. Car la première de ces, voix est celle de la logique : le diable est un logicien, dit le liante (1).

Un terrible syllogisme me lient ensorcelé, et- si je no puis réfuter cette prémisse : n Que les hommes ont tous lo droit do manger », jo suis forcé de me soumettre aussi à toutes ses conséquences. Eu y songeant, je cours risque de perdre la raison; jo vois tous les démons de ht vérité danser en triomphe autour de moi. et à la fin un désespoir généreux s’empare de mon cœur ot jo m’écrie : Elle est depuis longtemps jugée, condamnée eette vieille société ! Que justice se fasse ; qu’il soit brisé ce vieux inonde oit l’innocence a péri, où l’égoismo a prospéré, oit l'homme a été exploité par l’homme, qu’ils soieut détruits de fond eu comble ces sépulcres blanchis où résidaient lo mensonge et l’iniquité ! Et béni soit l’opicier qui, un jour, confectionnera, avec mes poésies, des cornets où il versera du café et du tabac pour les pauvres bonnes vieilles, qui, dans notre mondo actuel (1e l’injustice, ont peutêtre dû se passer d'un pareil agrément.

Fini jitsiiliu, /tirent imitdus.

La seconde des doux voix merveilleuses qui m’ensorcelèrent est plus puissante et plus infernale encore que la première, car o’est celle de la haine, do la haine que je .voue à un parti dont le communisme est lo plus terrible antagonisto,ot qui est pour cette raison notre ennemi commun. Je parle dit parti des soi-disant représentants de la nationalité on Allemagne, de ces faux patiotes dont l’amour pour la patrio no consiste qu’en une avorsion idiote contre l’étranger et les peuples voisins, et qui déversent chaque jour leur fiel, notamment contre la France.

Oui, ces débris ou descendants des teutomimos de 181,1, qui ont seulement modernisé leur anoien costume île fous ultra-ludusques, et so sont fait raccourcir les oreilles, je les ai détestés et combattus pendant touto ma vie, et maintenant que l’épée tombe de la main du moribond, je me suis consolé par la conviction que lo communisme, qui les trouvera les premiers sur son chemin, leur donnera le coup de grâce ; et certainement ce no sera [tas un coup de massue, non, c’est pur un simple coup de pied que le géant lus écrasera ainsi qu’on éorase un crapaud. Ce sera son début. Par haino contro les partisans du nationalisme, je pourrais presque me prendre d’amour pour les communistes. Au moins ce ne sont pas dos hypocrites ayant toujours sur les lèvres la religion et lo christianisme. Les communistes il est vrai, n’ont pas de religion aucun homme n’est parfait. Les communistes sont même athées, ce qui est assurément un grand péché, mais comme dogme principal ils professont lo cosmopolitisme le plus absolu, un amour universel pour tous les peuples, une confraternité égalitaire entre tous les hommes, citoyens libres de ce glqbe. Ce dogme fondamental, est le mémo qu’a" prêché jadis l’Evangile, do sorte qu’en esprit et en vérité les communistes sont bien plus chrétiens que qno nos soi-disant patriotes, ces champions bornés d’une nationalité exclusive.

Henri Heine.

(t) Nous coproduisons ns prophéties erronnées alin île respecter l’intégralité du texte do tlonri Heine. Mais aujourd’hui, il n’est permis à porsonne de prétendre que le socialisme portera atteinte aux libres manifestations do l’art, de la poésie. Au contraire, les poètes et les artistes affranchis comme les travailleurs du joug avilissanl du Capital, travailleront sans contrainte à l'embellissement de la nature et de l’humanité.

MXXIT DOMINUS

Le pape fêtait récemment son jubilé épiscopal. Cel^ veut diro qu’il coiffa la mitre il y a cinquante ans. Maintenant il porto la tiare. Il est, par conséquent, co qu'on peut appeler un homme

Les Semaines religieuses, organes des troues épiscopaux, donnent la nomenclature des animaux que l’on peut manger eu carême sans pêcher. En conséquence les fidèles sont autorisés à so nourrir, de poissons, de poules d’eau, de canards d’eau, de foulques, de molierons,

Dieu et sa sainte Eglise permettent ce genre de plats à tous les croyants, mais la pauvreté l'interdit aux neuf dixièmes.

On ne se moque pas plus agréablement des imbéciles.

Un curé franc-maçon :

L’archiprêtre de la cathédrale do Ségovie, ancien confesseur de la reine Isabelle II, et qui était vénérable do la loge Esperanza, vient d’abjurer solennellement la franc-maçonnerie.

Je plaindrais la franc-maçonnerie, si j’en avais le temps.

djaitsort de " Chambard ”

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