‹ Le chambard socialisteChapitre 219 sur 412 · DEMAIN · texte numérisé non relu

DEMAIN

Autonomie

On a peut-être Accordé un trop parlait dédain au dernier attentat connais par le gouvernement actuel qui fait regretter aux nèeres dahoinéjms, ses nouveaux sujets, le règne de Behauzin.

Paris, placé hors du droit commun, conservait une apparence» d'autonomie eu vertu de laquelle ses' finances et ses liions «aient gérés par rassemblée communale. Encore cette gestion était elle soùmise au contrôle absolu du pouvoir central.

Raynal a jugé qu’il y avait là une exagération de pouvoir. Sur son ordre. Poubelle abandonne le pavillon de Flore et vient prendre ses quartiers d’hiver et d'été T\ l'IIôtelde-Ville.

Le Conseil municipal se trouve ainsi l’hôte du Préfet. Paris n’est plus chez lui dans sa propre maison ; un étranger s'v installe en maître et l'en chasse.

Cette interprétation du droit de propriété ne pouvait venir d’un autre que Raynal. On connaît sa compétence en ces matières. N’est-ce pas à lui que la France doit l'aliénation de ses grandes voies entre les mains de financiers plus ou moins anglais, tels que M. lllount, directeur de la Compagnie de l’Ouest ?

Malgré son caractère odieux de provocation au vol et au pillage des biens communaux, l’attitude du ministre pirate ne provoque aucune indignation dans le public parisien.

Nous nous en étonnerions, si depuis longtemps déjà les politiciens radicaux n’avaient rendu impopulaires les revendications municipales. Ont-t-ils assez joué de l’Au- • tonomie ! d’est par fournées qu’ils entrèrent au Conseil avec cette formule, se gardant bien d’ailleurs de la rattacher à sa conclusion naturelle : l’état communiste.

Comme toutes les balivernes exclusivement politiques, l’autonomie allécha quelque temps le corps électoral. Ou votait avec entrain pour ses partisans qui, une fois élus, la reléguaient au magasin des vieux papiers, on moisissent les programmes de leur parti.

On ne connaîtra jamais l’étendue des désastres ainsi causés par le radicalisme. C’est lui l’auteùW responsable de tous les égarements de l’opinion publique en France. Ht il ne doit, s’en prendre qu’à lui-même de n’avoir, pas. été suivi dans sa querelle avec le ^préfet Poubelle, malgré les imprécations de Champoudry et les conjurations musicodrainatiques du groupe des -Droits .de Paris.

Le subordonné de Raynal couchera donc à l’IIôtel-de- Ville quand il lui plaira d’y coucher. Je ne vois guère que l'ombre d’Etienne Marcel qui soit-susceptible de gâter ses nuits.

Devons nous prendre humeur de cette défaite des ‘autonomistes ? Ma loi non. Le principe dont ils se recommandaient nous revient débarrassé, du même coup, de toutes les spéculations intéressées qui en obscurcissaient la signification.

L’autonomie communale, de même que l’autonomie régionale et individuelle lait corps avec l'ensemble des roviuidieations socialistes.

Dans le domaine politique, notre objectif immêdiat.est. la rupture de la centralisât, ion administrative, œuvre' de Napoléon, qui coudamne les collectivités et les individus à vivre sous le talou de l'Etat. Rien ne s’accomplit, en France, sans là volonté du pouvoir central.

Il bride toutes les initiatives; il plonge dans toutes les bourses ; il subordonne toute activité à son intérêt personnel an nom de fintérèt général.

Or, de même que nous voulons rendre à chaque producteur le produit intégral de sou travail, de même nous entendons restituer à l'individu, aussi bieuaqu’aux agglomérations; l’intégralité de leur indépendance. L’houuào. libre, doit, suivant nous, régir à sa guise sou existence propre, là commune sa vie communale.

Notre autonomie n'offre point, on le voit, l'aspect étiqne îles programmes radicaux qui la . réduisent aux proportions d'im vase de nuit préfectoral.

Gérault-Riehard.

P. S. — Les camarades du Chambnrd retrouveront, avec plaisir, dans ce numéro, uu nom qui leur rappellera les grandes luttes de l’Empire et de l'Ordre Moral. Jules Lermina m'amène sou glorieux et terrible ohilfounier Thomas Vireloque, dont le crochet lit maintes blessures aux ennemis de la République.

Notre hôte vous dira lui-même les raisons qui le poussent de nouveau dans la mêlée. Je ine contente de lui souhaiter ici la-bienvenue et je le remercie d'avoir choisi son poste de combat parmi la petite phalange du Chrnn- Oartl. «i.-R.

Page 1