SUR LE TRONE ET LIEUX DIVERS
Une fille à vingt-cinq louis la nnit, s’est exhibée l’autre soir aux Folies-Bergères. Je relève ilaus un compte-rendu mondain, les noms des pigeons les plus huppés de l’aristocratie, veuus pour l’admirer. Il y avait là le prince d’Orléans, le prince de Sagan, le comte do ceci, le duc de cela.
Liane de Pougy, c’est le nom do la catin, a fait battre leurs cœurs et leurs pat tes en montrant son maillot et ses diamants. Ils tiraient une langue do chien, incapables saus doute do tirer
Tas de propres à rien ! Et diro que c'est le populo qui les nourrit eux et leurs femelles ! Et dire que ces diamants sont autant de larmes arrachées par la misère aux honnêtes mères de famille !
Au Concours hippique :
M. Carnot a honoré de sa présence la quatrième journée.
Pour lui être agréable, on a fait sauter un étalon...
Décidément, M. Carnot a le don de troubler l’ordre de la nature.
— Sf®—
Le môme Gustave de Suède a prévenu Oscar, son père et son roi, qu’il refusait la dotation arrachée, pour lui, aux contribuables.
Oscar, quand il reçut cette lettre, s’écria : C’est Gustave le
Les contribuables do Suède n’ont rien dit, mais ils n’eu pensaient pas moins.
lène et autres opéras où les divertissements, avec pas espagnols,
Le fandango se danse au son des guitares, accompagnées par des tambours de basque et des triangles. Comme rythme, c’est une alla- podrida de boléro et de cacliucha.
Les immigrants do Carthagène, de Malaga et de diverses autres parties de l’Andalousie, dansent la segueditla ou la flamenca.
La seguedilla est très animée, et, en même temps, fort gracieuse. On la dauso à six : irois cavaliers et trois liâmes. Elle est précédée do quelques scènes mimées; scènes amoureuses, bien entendu. Après quoi tous les danseurs se réunissent et forment des figures variées — parfois très audacieuses.
La flamenca , si justement appelée à Paris la danse du ventre , constitue un ensemble d’agitations du corps, de trépignements, de poses, d’attitudes, d’épaulemeuts, de déhanchements étranges.
La flamenca se danse avec des castagnettes. Ceux qui n’en ont pas, se contentent de faire claquer, à plusieurs reprises, le pouce et le majeur, pour mieux marquer la cadence, surtout au moment où guitares et mandolines, grisées, pressent le mouvement et mènent, allegretto, les danseurs surchauffés.
Cette tète do la Monn se prolouge fort avant dans la nuit, et tout le monde revient très gai , fort bruyant, oubliant les misères de la Veille et se souciant peu des peines du lendemain...
Seulement, à la Gantera (quartier espagnol d’Alger), on s’aperçoit de la Mena — neuf mois après !
Emile Violard.