‹ Le chambard socialisteChapitre 342 sur 412 · LES CRIMES DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

LES CRIMES DE LA PROPRIÉTÉ

J’ai lu cette semaine un fait divers épouvantable, publié par le journal le Temps. Le voici :

Un soldat du 31' régiment d’artillerie, on garnison au Mans, et qui

:r en maître au

listère de la guerre, faisant o. ... -

sant que toute l'armée réunie. Ses élats do service répondent pour lui. Après la Commune il fit fusiller par centaines les femmes et les

organe du patriotisme bourgeois et Galliffet de régner en malti ministère de la guerre, faisant ot défaisant les ministres, plus

i du soldat qui, atteint

à la gorge, eut encore 'hffôrco de se traîner jusqu'à un café, distant de 500 mètres, oii il expira en arrivant. . , .

Arrêté immédiatement, Charnassé eut le cynisme do repondre à un officier qui lui demandait pourquoi il avait tue Renault :

— Il mangeait mes guignes ; il m’en a avale an moins pour deux

Les soldats ont failli lyncher l’assassin.

Comme on le voit, le Temps ne dissimule pas l’horreur que lui inspire cet attentat à la vie humains. Et cependant il a ete commis en vertu d’un droit que le Temps place au-dessus de tous les autres droits, auquel il est prêt à sacrifier des milliers

d’hommes : le droit de propriété.

N’a-t-on pas lu souvent, et ne lira-t-on pas encore, des faits divers racontés par les journaux défenseurs de la propriété, aussi horribles dans leurs détails que celui-là?

Sous la rubrique des Tribunaux, ils nous citent maints exemples de vagabonds condamnés à la prison pour avoir dérobé un choux, une carotte.

11 n’y a pas trois mois, un vieillard de soixante-six ans comparaissait devant le tribunal correctionnel sous l'inculpation suivante ; vol d’un navet dans un jardin mal enclos. Le vieillard fit valoir cette circonstance atténuante qu’il mourait littéralement de besoin. Les témoins confirmèrent son assertion et

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effet. Si les registres de la prévôté du Luxembourg ont ete conserves, ce qui est fort peu probable, on retrouverait ee nom :

« Langlois, arrêté rue de Vaugiravd, neuf heures du matin, jeudi 25 mai, interrogé à une heure. Envoyé à la queue. »

J 'expliquerai plus loin cette expression : Envoyé à la queue.

A la cour martiale du Luxembourg, c'était la mort.

Pour le moment, je ne puis encore prévoir la sentence, lout ce que jo puis faire, c’est do bâtir dans ma cervelle un plan de sauvetage. Ai-je sur moi quelque chose qui puisse me dénoncer? Car, on va me fouiller. Et je repasse dans ma mémoire le contenu de mes pochos. Mes cartes de la Commune, je les ai déchirées ce matin meme avau de sortir de l’hôtel de la rue Cuvier, oû j’ai passé la nuit. Je n ai point d'autres papiers. De ce côté, je suis tranquille.

Subitement, une pensée me vient, me saisit à la gorge :

— Ma montre 1 ma montre de cuivre, que j'ai dans ma poclie de giletl C’est elle qui va me dénoncer, la montre de malheur...

Huit jours auparavant, j'ai acheté une montre, une pauvre montre de cuivre doré, qui m'a coûté la modique somme de neuf francs. Sur in Rnilier un iour d’ennui, j’ai gravé à la pointe du canif mon nom.

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