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LA BALLADE DU BON OUVRIER

r — OÙ l’en vas-tu, t»n ouvrier ?

— Je vais faire mon tour de France.

J'ai mon bâton de coudrier,

J'ai ma Tofcé et ’rnon espérance.

— Où t'en vas-tu, bon ouvrier?

— Je vais ou l'on a de l’ouvrage ;

Mais la faim s’est mise à crier

Dans mon ventre, et je perds courage.

— Où t'en vas-tu, bon ouvrier?

— Je vais à la prochaine grange

'^Perdus là-bas, dans un coin de i’Hér^. jces- travailleurs donnent le plus bel exemple de solidarité que l’on connaisse. ' .

Il leur suflirail d'un pou d'égoïsme, d 1141e laiblcssc bien admissible, hélas ! chez des pères de famille que les plaintes des enfants, les pleurs des femmes attendent a la maison pour que leur chômage, prit lin- On leur demande de sacrifier trois cents d’entre eux. Ils refusent. ,

Des bourgeois eussent depuis longtemps acquiesce .1 cotte exigence. Leur charité ne dépasse point, en enet. le cinquième- d’une indigestion. Aussi ont-ils une peine insurmontable h comprendre l'héroïsme des mineurs de <ira.issest.ac. x

Ouaml et commmeut la lulte se Iccininera-l-clle .’

La présence de l’ami Baudin, au milieu des grévistes, est d'un bon présage. Je le vois là-bas, comme je 1 ai vu jadis à Carmaux, debout nuit et jour, présent partout a la fois: jamais las ni de méchante humemv eommumquan aux 'camarades son ardeur coin >a*e, la barbe au vent sa face de lion imperturbablement souriante et calme. Avec J.-B. Clément il possède le secret de s imposer aux masses, sans autre magie que sa bonne loi et son

grand amour des souffrants. ....

\ Graissessac, aussi bien qua Garinaux, il fera tuoinple-r h- .11 '.1 - .1 . dang. 1 • " ''a ' d •' '

Mais un coup de main 11e sérail pas de Irop. L>-s aulivs députés socialistes Innovent san,s doute, puisqu'ils demeurent indifférents devant cet épisode de la guerre sociale.

Jaurès, Houanet, Garnaud, Thivrier, juste quatre., oui fait acte de présence sur ce champ de bataille. Et les autres? C'est très beau de siéger au Parlement, très beau encore de glisser des bouts de carton dans l'urne que leur tend un larbin décoré delà chaîne d’acier. Oui, c’est très beau, c’est même utile.

C'est insuffisant. On attend davantage des députés socialistes. Ils représentent un parti <le combat, ils doivent combattre au premier rang. Les loisirs 11e sont point dans leur lot. Qu’ils les laissent à nos ennemis et qu'ils en profitent pour démolir une société mal gardée : c’est 1 a-b-c de la tactique. *

Trouvée le .mai ire et le prier :

Il faut bien qu'on dorme et qu’on mànge 1

— Où t'eri vaS- tu, fion ouvrier?

— Je retourne à mon lit de paille;

Tous les jours du calendrier,

De l’aube à la nuit je travaille.

— Où t'en vas-tu,, bon ouvrier? .

— Je m’en vais chez M. le maire.

Car je tiens à me marier

Comme ont fait mon père et ma mère.

— Où t’en vas-tu, bon ouvrier?

— Toute la saison est manquée :

. Jeanne s'est mise à larmoyer.

Les petits n'ont plus la becquée.

— <3ù t'en. Vas-tu, bon ouvrier?

— Le lemps est froid, la nuit est noire. Pas un tison dans le foyer:

Pas Une miche dans l’armoire.

— Où t'en vas-tu . bon ouvrier ?

— Le .\lont-de-Piété nous dévore.

Notre vieux bahut de noyer.

C'est tout cé qui nous reste encore.

— Où t’en vas-tu, bon ouvrier ?

— Notre misère s’est accrue.

Pas un écu pour le loyer :

On nous a jetés dans la rue !

. — Où t'en vas-tu, bon ouvrier ?

— - J’ai l’àme toute endolorie.

Autant vaudrait s’expatrier ;

Les pauvres n’ont pas de patrie!

— Où" t'en vas-tu, bon ouvrier?

— C’est sur nos salaires qu’on rogne.

Quand le chômage meurtrier A fait sa terrible besogne.

— Où t'en vas-tu, bon ouvrier?

— Sans que la ville soit troublée.

Comme aux grands jours de février Je vais me plaindre à l’Assemblée.

— Où t'en vas-tu, bon ouvrier?

— Les défenseurs des vieilles bases

Ont vidé tout leur encrier

Pour nous payer avec des phrases.

Va-t-on me dire que les forces humaines .ml des bornes? Je répondrai que nos aines méconnaissaient celle excuse. Ils se dépensèrent jusqu’à la inor!. Si les temps héroïques n’existent déjà plus pour les députés socialistes, qu’ils imitent alors ceux à qui Gambetta annonça celle clôture : qu’ils s’envasent dans le marais opportuniste!

Tant que les travailleurs souffriront , leurs représentants n'auront droit à aucun armistice. Nous exigerons d'eux lotit le possible, jusqu'à l’impossible, car nous ne voulons pas qu’il soit dit d'eux, comme de l'Académie : Ils sont là -quarante qui font du bruit comme quaire.

El le Clicniiljcml ne leur marchandera pas les critiques. S’il" est leur ami, il est plus encore l'aini des exploités. Faut pas de. fainéants dans la famille !

— Où t’en vas-tu, bon ouvrier ?

— Tout ce qu’on espérait recule :

Je vais au cabaret noyer

Mon chagrin dans l'alcobl qui brûle.

— Où t’en vas-tu. bon ouvrier ?

— Debout! l'ombre rouge se lève, Puisqu’on a voulu nous broyer.

Nous allons tous nous mettre en grève!

— Où t’en vas-tu, bon ouvrier?

— Vile une.balle en ma poitrine !

J’ai vu des sabres flamboyer Derrière les murs de l’usine.

— Où t’en vas-tu. bon ouvrier?

— Armé, pour la dernière épreuve.

Allons, ne nous lâchons pas ; cela viendra toujours trop ,;te. r moque -amis parlons du grèves, apprenez que Cassagnac, le inauge-toiit-c'nl, voudrait voir s’implanter en France certaine coittiime |jrinoise, dont voici les résultats : dernièrement, les maçons de Pékin abandonnèrent le travail et réclamèrent un meilleur salaire. Us furent aussitôt empoignés, les meneurs eurent la tète tranchée, les autres prirent le chemin du bagne.

Classagnac admire. Sympathie de race. Et pourtant le Bamboula de YAutorttd n’est qu'un faux nègre.

Sapor, l’homme à tout faire dos opportunistes algériens, était à peine condamné que l’on s’apercevait du la présence dans le jury d’un citoyen qui n’avait pas l’âge légal.

Sapor acquitté, on ne se fût aperçu de rien. La justice voit clair, quand il faut.

si l'on en croit le comte de Caprivi, chancelier d’ Allemagne, la mort deCrispi eût causé une perte irréparable pour l’Italie.

Je partage eel avis. Aiuiloarc Cipriarii de même. Le

De mon bâton de coudrier,

Je vais faire ma femme veuve !

Clovis Hugues.

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