‹ Le chambard socialisteChapitre 371 sur 412 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Air : La Rosière

Connaissez-vous Pministère Que nous envie ?... Tombouctou ?

De prestige, il n’en a guère, L'ministère (bis)

El d'partisans. pas du tout L'ministère de chez nous.

Dupuy — le gros mammifère.

A du ventre et du bagou.

Sous son imposant derrière L’ministère (bis)

Se lient coi-(ne) (l) et tend le cou, L'ministère de chez nous.

Pour la... chose de la guerre On prit, connaissant ses goûts, Un artilleur qu’a du blaire, L'ministère (bis)

Depuis, reçoit des atouts, i.'minîslèré de chez nous.

Félix Faur'. dans l’onde amère, Âux'p'tîts bateaux fait joujou,

Il navigue vent arrière [.'ministère (bis)

Avec Del-cassé, Barthou, L'ministère de chez nous.

Aux affaires étrangères Hanotaux reçoit les coups Des puissances débonnaires, L'ministère (bis) Approuve et dit : Je m’en fous.

L’ministère de chez nous,

Poincaré, rond en affaires,

A l'nez pour boucher les trous,

(Il Puur éviter l'hUitus

Des finances, peu prospères, L'ministère (bis)

Favorise les gab'lous, l.'minisière de chez nous.

l.eygues, chauffant la grammaire, Aux lettrés rive le clou;

11 enfonee Brunetière,

[.'ministère (bis)

Coqu’lin, Bergerat, Bardou, L'ministère de chez nous.

Viger soign’ la pomnv de terre ; Guérin cherche Jean Hiroux; l.ourties, purgeant la galère L’ministère (bis)

Voit v’nir à lui les gros sous.

C'est superbe, savez-vous !

REVUE SOCIALISTE, fondée par Benoit MALON.

Directeur : Georges RENARD

.Sommaire de Juin. — Introduction à la Morille sociale «le Benoit Maton (Jean Jaurès): l'Evolution des Croyances cl des Doctrines politiques (Guillaume «1e Greet): le Traitement gratuit des malades par l'Etal (Henri Mayer): Critique «1e combat (Georges Renard); le Salon <le 18)4 (Gustave Geoffroy); I.ulto ou Accord pour la vie (un Professeur): l'Evolution de la Morale (Paul Duquel): le Parti «leé travailleurs italiens (le Comité central): la Qneslion sociale «levant les corps élus (Dr Delon) ; Théâtre (Georges Lecomte); Rcvlié «les Revues (Paul La garde (Mouvement social (Adrien Vober).

T> M C*/'hT"D Miraculeux tUiSUin AMÉRICAIN

BREVETÉ S. G. D. G

Il est impossible, dans une annonce, de donner une idée complète de cette merveilleuse invention.

Cet Appareil extraordinaire permet à tous de très bien se raser, sans on avoir l’habitude et sans pouvoir se couper, fût -on aveugle ou agité.

Essayez-le et vous ne voudrez plus vous raser ni vous laisser raser avec un autre instrument.

NOMBREUSES ATTESTATIONS & FÉLICITATIONS

«Ve pas confondre avec des appareils similaires qui se rendent à vil prix et qui n'ont aucun des avantages du RASOIR MIRACULEUX.

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Il v avait toujours là quelque soldai, quelque agent à brassard tricolore. Aucun besoin de soldat ai d'agent, «lu reste. Quelque misérable se chargeai! de la besogne, empoignai) 1» femme au liras. I n groupe entourait vite l'infortunée :

!/ cette f;

! Elle a pour...

La pauvresse suppliait. Mlle disait quelle commissions de ménagère. LUo avait mêi

x lait, i

commissions de ménager sous son tablier...

t'iio boite au lait! L'est pour du pétrole!

■iji «ne ôtait acculée au mur... Quelqu'un la tenait au cou. jusn soldat passât. . Le groupe s’arrêtait. Le fusil s’abaissait. , -vélle jaillissait, ou les entrailles... Parfois on s'amusait il les e ««n l’eut fait «l'une corde de cerf-volant, du bout do la Il les gens rinienl... Gelait toujours une pétroleuse de

hayon nef!

a souillure Cl

■ ciuqnantnii

Paris fut pl> taxable.

Pince Vendôme, «>n raconte qu il y en nvn évontrées.

Le jeudi de la semaine de mai, un convoi la rue de la Paix, et- se dirigeait vers la pli quanle femmes, la plupart jeunes el jolies, léos. Ce sont probablement leurs cadavres par lo témoin qui raconta le l'ail.

Je demande encore que celui qui inventa celle bel -pétroleuses un revendique 1» paternité. Il a lout droit, eu être lier. La légende fil si bien son chemin que. plus d'un •en juillet, la foule arrêtait, au coin de la "

inf-

légenx

e mnllicu-

iisaild'avoii- répondu au pied du mur uixliquido certainement incendiaire. Gambetta passait avec un ami. Il accompagna la foule jusqu'au commissariat de police, se nomma, et fil relâcher u< pauvre femme. Le liquide

•rcuse que L

fait d

nouille I

a dus

dit Pelletai! qui rappelle le livre do In Semaine de Mai, 1e même que celui qui î, malgré les défenses administratives.

■l'entendis, pour la première fois, de la bouche du sergent, lus innommables horreurs de la caserne Lobau. Elles sont devenues légcn-

' — C'est bien pis qu'au Luxembourg, reprit-il. A entendre les soldais «ui v sont allés, la cour est pleine d'hommes fusillés. Pu soldai qui y 'était' resté une après-midi esl arrivé avec sus souliers rouges de sang. Il nous a dit qu’on les Unit aux poignets, par chapelets «le dix ou de vingt, et qu'on les fixait au mur par les mémos cordes passées dans les anneaux qui servent ù attacher le» chevaux. Ensuite, on les mitinilfo. et on détache les cordes... Parfois, il y en a qui ne sont pas -morts.';. On les achève... Personne un -peut ainsi so sauver. Il faudrait traîner tout le chapelet de cadavres...

— Quel enfer I dis-je au sergent. Mais qui donc a la force do faire semblable besogne? '

Je sus plus tard que, dans Tarinee, nombre d olliciers, de soldats, répugnaient à semblables massacres. Des olliciers supérieurs s'élevè-

rent contre celle répression d'une cruauté qui rappelait les antiques hécatombes. Mais la folie du massacre avait envahi les cerveaux déjà rougis à blanc pour lu balaille, l'incendie, l’annonce, des exécutions, lo désir d'en finir el de se reposer enfin de ces longs mois do souffrances et de hontes.

On dit aussi que ces effroyables exécutions de condamnés lifts à des cordes, cos horreurs auprès desquelles les représailles antérieures n'élaient que des jeux d'enfants, avaient été confiés à des pelotons composés spécialement de disciplinaires, qui rachetaient ainsi leur peine... Je «Us ce qui m'a été raconté. Je souhaiterais même, pour l’honneur

Les histoires abondent sur la férocité froide de ces exécutions.

Si nous sortons des cours martiales pour assister aux exécutions «le la rue, c'est, si possible, pis encore.

Lorsque Varlin est conduit à la rue «les Rosiers, entouré d'une foule qui le lapide et lui crache ù la figure, le général donne l'ordre de le fusiller : » La. derrière ce mur » dit-il. Une voix s'élève : « Il faut le promener encore, il est trop KM ». El, on recommence la « promenade ».• Lorsque Varlin tombe sous le» balles, il a bn jusqu’il la lie la coupe «les lâchetés humaines.

Millière va être fusillé sur les marelles du Panthéon. Il veut être fusillé debout, face ù la mort.. Le capitaine Garcia le fait mettre « de force » à genoux...

Lorsque le docteur Tony-Moilin fut conduit ù la fusillade, à culte sinistre cour prévôtale du Luxembourg, sa veuve, qui l'avait assisté jusqu’à ses derniers. moments, fut enfermée «laus une salle dont les fenêtres donnaient sur le jardin, sur l'endroit où l'on fusillait son mari. Elle dût tourner le «los pour ne point voir! Les dénonciateurs de son mari manifestaient hautement leur joie. Mme Tony-Moilin avail demandé que. dans l'exécution, on ménageât le visage el qu'on lui rendit le corps de son époux. Le général en chef n ne crut pas devoir déférer â ce désir ». Le corps do Tony-Moilin fut défiguré, ni son cadavre jelé à la fasse commune.

Quelques jours après, je revis «le nouveau le sergent. Il n’avait plu» la mine joyeuse des jours plissés, il m'aborda d'un air embarrassé, presque défiant :

.Tu crois que vous feriez bien do partir d'ici, mo «lil-il en me prenant ù l'écart. J'ai comme un pressentiment que vous n'y êtes plus en sûreté. Au Luxembourg, on me regarde d'un drôle d'ieil. comme si j'étais devenu suspect. J’ai quelquefois un doute sur mes deux agents au brassard... Vous n'avez raconté l'histoire ù personne?

Je répondis que j'avais tout intérêt à ne pas ébruiter l'affaire, el que je ne l'avais même point confiée à la personne qui me. donnait

— Gà ne fait rien, continua le sergent, je suis sûr que vous nu pouvez plus rester ici, el je vous conseilla vivement de chercher un autre abri... Et puis, voyez-vous, je suis certain qu'on va biontôl perquisitionner par là... Si on vous reprend dans lo coup de filet, cette fois, je ne réponds plus de rien...

.le vis que mon homme n'étail pas rassuré. K b ! ma fai, pourquoi

Je compromettre, si peu que ce fût. ce bravo garçon qui m'avait arraché à la fusillade! Allons, il faut filer.

— Eh bien! dis-je, c'est 'entendu, je suis de vôtre avis. Je suis où aller. Je filerai ce soir, ù la tombée du jour...

Nous nous quittâmes. Une heure après, j'étais sur le pavé. La nuil commençait à obscurcir los rues, .lo m'étais dit que j'irais jusqu'à la rue «l’Enfer, où j'avais un ami. 11 habitait dans une vaste maison, au fond d’un grand jardin. Certainement je serais lu tranquille, loul au moins pour la nuil.

Je me dirigeai donc vers la place de la Sorbonne, et de là lue Saint-Jacques. Au carrefour qui croise la rue («ay-Lussae, je crus que le rieur allait mo manquer. I-e earrofaur était gris de soldats d'un bataillon de chussurs, l'arme au pied. Des groupes s'élsiicnt formés el regardaient. A un étage supérieur, je vis les fenêtres » ouvrir, «les télés,dos képis npparaître.et, brusquement, des paquets tomber. Un soldai jeta un fusil qui résonna sur lo pavé, avec une gerbe d’étincelles. Ôn perquisitionnait dans la maison, voisine d'un chantier «le démolitions. Bientôt, la porte en planches de co chantier s'ouvril, et j'en vis sortir une demi douzaine d’hommes qui descendirenl, entourés «le chasseurs, lu rue Gay-Lussac. Du gibier pour la «onr martiale.

T.e carrefour se vida. Je pus continuer la rue el atteindre mon refuge. Nous passâmes, mon mai et moi, la nuit dans un coin du jardin, prêts à nous esquiver par une porte entr'ouverte si les perquisilionncurs arrivaient.

Oh! ces perquisitions! Qui pourra jamais raconter ce qu'olles accumulèrent de frayeurs ! De la rue du Val-de-Grâce, je m'en allai rue Richelieu, chez un mien cousin, fidèle au milieu de la lâcheté générale. Pendant une huitaine, j'attendis là. jusqu'à ce que j'eusse appris que les perquisitions redoutées approchaient. Un soir je filai, après avoir en I revit les soldats, montant dans la maison «l'on face.

Où aller?. Si proche parent que vous soyez, chacun redoutait la conduite à Versailles. Les prêtez les pour vous laisser à la rue étaient nombreux. Je mosiiis laissé raconter par un mes amis, 1res compromis. qu'arrivé un jour dans une famille fidèle, il y rencontra un autre camarade, déjà accepté. Ce no fut point la famille qui renvoya ce second arrivant, mais bien le premier caché, qui s'écria :

— Nou, non. pas loi ici! Tu vas nous faire fusiller tou»!

Paris te soir était funèbre. A chaque coin de rue, dus sentinelles. A chaque place, à chaque carrefour, un poste de soldats.

J'arrivai place «le l'Ecole-de-Médeciné. Derrière lus grilles, brillaient

les fusils :

— Au large! Qui vivo ! cria la sentinelle.

■l'enfilai rapidement l’allée «lo la maison où je devais, depuis ma sortie «lu Luxembourg, faire ma cinquième halle. Je vis briller une lumière à une fenêtre bien connue. Je grimpai rapidement l'escalier, et je frappai à la porte, sous laquelle passait un filet brillant:

— AUI vrai, tu lombes à merveille, inc «lit l'ami U..., avec lequel j'allais faire bientôt, à pied, le long voyage de Paris on Suis»». J» suis tout ce qu'il ya déplus en sùrelé.Mn maison a éléperquisitieiiaé» hier, et bien sûr c'est fini.

Un viaU insurgé.

(A suivre)

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