A L’ÉCOLE DE DUPUY
Il ne faut pas croire que l’obèse Dupuy possède «mile secret de torturer les textes pour en extraire des choses plus ou moins compréhensibles mais invariablement compromettantes. Ce système inauguré par les pharisiens de Palestine, appliqué par Laubardemont . avec une maestria que Dupuy n atteindra jamais, est à la portée de tous les mouchards, voire les plus bornés et les nioius lettrés.
Voici quelques échantillons découverts par l’un de nos amis dans un vieux paletot qu’il acquit un jour d’un brocanteur. Celte dépouille provenait sans nul doute do quelque liquidation .policière.
Les mots soulignés forment, une fois rassemblés, des phrases •incriminables.
LETTRE D'UN SOLDAT Mes cliers parents,
Je mets la main à la plume et la plume à l’encriorpowr vous son- ■haiie'r mtc 'bonne et heureuse année : gîte vos affaires réussissent el
que vous preniez enfin lo repos et la richesse que vous aurez acquis par votre travail, ce qu'on ne -poylrait pont-ètre pas dire des autres. J'espère avoir un congé et faire bientôt un voyage chez nous et que j’aurai le plaisir do boire un coup avec les amis, les compagnons <lo mon enfance. Nous ferons sauter quelques bouclions chez la mère Latlmile qui demeure à côte de l'église, avec laquelle je vou? embrasse en enfant dévoué.
Domaxkt.
Ce qui donne :
Je mots la main à la plume pour soulmitor que vous preniez enfin la richesse des attires. -I espère faire Mon tôt un coup avec les compagnons. Nous ferons sauter l'égliso.
Comme on io voit, le subordonné de Dupuy avait acquis une certaine habileté dans l’art de fabriquer des phrases criminelles avec les éléments les plus inoffeusifs, on peut même dire lus plus doux du inonde.
Un deuxième échantillon n'est pas moins édifiant :