XVIII INTRODUCTION
suivante, due à Gustave Frédérix, alors critique du journal1 :
« Nous avons la bonne fortune de pouvoir offrir à nos lecteurs une nouvelle inédite de Prosper Mérimée. Cela s'appelle la Chambre bleue. De l'inédit de l'auteur du Théâtre de Clara Gazul, de Colomba et de toutes ces œuvres qu'on n'oubliera pas, on conçoit que nous nous soyons empressés de le recueillir.
« Ces pages, qui arrivent maintenant au public, n'étaient pas écrites pour lui. C'est de la littérature de boudoir, du drame de château. Cela vient, non pas d'une bibliothèque ou d'un cabinet de travail, mais de cet amas de toutes sortes, dont on n'a pas vu les parties les plus curieuses, et qui formait : les papiers des Tuileries.
« L'histoire des lettres n'offre guère de chef-d'œuvre clandestin. Les belles choses veulent le grand air, le soleil et le bruit. La Chambre bleue n'est pas destinée à démentir cette vérité. Mérimée a écrit pour une lectrice dont le goût n'était pas sévère. Il avait fait pour Sa Majesté le public : la Prise d'une redoute, Mateo Falcone ; il a jugé suffisant de faire pour S. M. l'Impératrice : la Chambre bleue.
« Pourtant, l'auteur de Colomba n'est pas absent de cette nouvelle innocente que nous publions. On le retrouve avec son art de serrer le récit et de n'assembler que des détails nécessaires et vrais. Mérimée, a dit Musset dans un vers d'une image frappante,
Incruste un plomb brûlant sur la réalité.
« Cette image de l'emporte-pièce, qui s'applique si bien à tant de contes et de drames enlevés dans leur brièveté saisissante, peut être rappelée à propos de la Chambre bleue. Cette Chambre bleue, c'est du Mérimée retour de