I. — Il viccolo di Madama Lucrezia
La plus ancienne de ces quatre nouvelles est certainement // Viccolo. Il existe, en effet, un manuscrit de Mérimée portant à la fin, et de la main de l'auteur, la date : 27 avril 1846. Ce manuscrit, orné de deux jolies aquarelles de Mérimée, fut offert par lui à Mme Odier, née de LabordeV
Le cadre de la nouvelle a été fourni à l'écrivain par les visites qu'il fit à Rome en 1839 et 1841. Il en avait rapporté de très beaux souvenirs, comme le prouve sa correspondance. Il écrit en effet à l'Inconnue, en mars 1842 :
«... Pourquoi n'iriez-vous pas à Rome et à Naples voir des tableaux et du soleil? Vous êtes digne de comprendre l'Italie, et vous en reviendrez riche de quelques idées et de quelques sensations. Je ne vous conseille pas la Grèce. Vous n'avez pas la peau assez dure pour résister à toutes les vilaines bêtes qui mangent le monde. »
Les portraits et les statues de femmes l'avaient beaucoup frappé, comme le montre une lettre à l'Inconnue, datée du 27 août 1842 :
« ... Si vous vous étonnez que toutes les déesses soient blondes, vous vous étonnerez bien davantage à Naples, en voyant des statues dont les cheveux sont peints en rouge. Il paraît que les belles dames autrefois se poudraient avec de la poudre rouge, voire même avec do la poudre d'or. En revanche, vous verrez aux peintures dis Studij quantité de déesses avec des cheveux noirs... »
1. Il est actuellement en la possession du vicomte de Suzannet, qui nous l'a fort obligeamment communiqué.