‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 18 sur 99 · COMMÉMORATION DE LA FEDERATION · texte numérisé non relu

COMMÉMORATION DE LA FEDERATION

large part de son influence; loin d'être accueillie , le 14 juillet 1791 par les acclamations de la population , comme elle l'avait toujours été précédemment , elle eut . ce jour-là , à lutter contre im fort parti de factieux. Il s'en fallut de peu qu'une échauffourée grave résultât de ces dispositions mauvaises ; des coups furent échangés , des pierres furent lancées de part et d'autre , mais grâce à l'intervention des citoyens paisibles , le calme se fit , et l'évèque de Paris put procéder au service divin en présence des délégations civiles et militaires.

Au moment même où le peuple se précipitait en foule vers l'autel de la Patrie , pour y renouveler le serment qu'il avait déjà prêté en 1790 , Lafayette vint au Champ-de-Mars ; il y fut accueilli avec la plus extrême froideur.

Le lendemain 15 juillet , plus de dix mille citoyens se portaient de nouveau au Champ-de-Mars , et signaient sur l'autel une pétition à l'Assemblée nationale ; c'était à ce moment même que l'assemblée discutait l'in\iolabilité de la personne du roi.

Les têtes étaient échauffées ; cependant , sauf quelques rixes isolées 5 les choses se passèrent assez correctement , et les signataires , fiers de leur exploit , purent regagner Paris sans encomhre.

La pétition destinée à l'assemblée était conçue dans les termes qui suivent :

C'est pour lui donner une Constitution et non pour établir sur le trône un chef traître à ses serments , que la Nation vous a envoyés. Justement alarmés des dispositions du projet qui vous est présenté par vos comités , nous venons vous inviter à dissiper nos inquiétudes. Lorsque les Romains voyaient la patrie en danger, ils se rassemblaient comme peuple , et les Sénateurs venaient parmi eux pour recueillir leur vœu. C'est avec ce caractère que nous tenons des Romains , que nous venons vous prier de ne rien statuer jusqu'à ce que le vœu de toutes les communes du royaume se soit manifesté. Craignez de couronner les atroces perfidies de nos ennemis , et n'oubliez pas que tout décret qui ne se renfermerait pas dans les bornes du pouvoir qui vous est confié , est par là même frappé de nullité.

17 JuUlet 1791

PROCLAMATION DE LA LOI MARTLMJl.

E 25 juin 1791 , Louis XVI fut ramené de Varennes à Paris, dans des circonstances que tout le monde connaît, et qu'il n'est pas nécessaire de retracer ici.

A la suite de cet événement gros de menaces, il se constitua instantanément au sein de la ville enfiévrée, deux partis rivaux et également puissants. L'un, le parti républicain , réclamait avec énergie la mise en accusation du roi ; l'autre, le parti de l'assemblée nationale, exigeait , au contraire, le maintien dans son ensemble, de la constitution monarchique qui était son ouvrage.

Supputant leurs chances , les deux partis hésitaient. L'élément bruyant s'était naturellement porté vers les voies les plus révolutionnaires , et , du coup , la place publique , envahie par la populace , était devenue , en un instant, le théâtre de mouvements qui inspiraient de vives inquiétudes aux amis du roi ; il est vrdi que l'assemblée, disposant des forces militaires, semblait maîtresse de la situation , quelqu'embarrassante et grave qu'elle fût.

Atteints par des attaques incessantes, voyant venir le danger

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