‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 23 sur 99 · PREMIERE FÊTE DE LA UBERTE · texte numérisé non relu

PREMIERE FÊTE DE LA UBERTE

Denis et de Bourg-la-Reine , aux communes circonvoisines , aux juges des tribunaux civil et criminel, à la gendarmerie nationale, aux trois régiments de ligne, aux deux bataillons de la ci-devant garde nationale soldée , au régiment des gardes-suisses , aux soldats invalides, aux maisons d'éducation et d'enseignement pubUc:

Frères et amis ,

Les citoyens et soussignés , réunis afin de concerter un plan de cérémonie civique pour la réception des soldats de Château- Vieux , si longtemps persécutés par le despotisme , ont vu sans étonnement toutes les calomnies répandues dans le pubUc contre cette fête , qui doit être non seulement le triomphe de l'innocence opprimée , mais encore Fépoque de la réunion des amis de la liberté et l'anéantissemeotde tous les ennemis de la chose publique , de quelque masque qu'ils se couvrent. Cette fête est principalement destinée à célébrer le patriotisme des solda (s^tojens de l'armée de ligne , qui , par leur noble dévouement , ont assuré le succès de la Révolution.

On a dit que nous voulions nous isoler en cette circonstance et semer entre les cilovens des germes de division : une telle assertion décèle quels en sont les auteurs. Non , nous ne voulons pas nous isoler ; nous voulons , au contraire , fraterniser avec tous nos concitoyens , avec tous nos frères d'armes ; nous voulons que la fête de la Liberté soit célébrée par tous ses amis et par tous ses défenseurs. .. Les frais de cette fête civique doivent être supportés par tous les patriotes. Il faut prouver aux despotes et aux aristocrates que le peuple sait aussi reconnaître les serWces qu'on lui rend y et récompenser les actions utiles à la patrie...

L'ordre et la marche concertés avec les magistrats , qui , tous , y apportent le zèle le plus louable , seront annoncés par des affiches et insérés dans les papiers publics.

Marie^o.seph Ghénier était à la tête des organisateurs de la fête; son frère André la combattait \iolemment. Les attaques d'André Ghénier et des « aristocrates » , les réponses des f< patriotes » s'entrecroisaient. Toute la presse s'occupait passionnément de cet événement. Au fond, les Suisses de Château- Vieux n'étaient qu'un prétexte; en réalité, on se combattait de royalistes à républicains. Ceux qui fêtaient Château-Vieux rêvaient de battre en brèche la royauté , que leurs adversaires appuyaient de leurs forces défaillantes. Roucher, qui

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