PREMIÈRE FÊTE DE LA UBERTE
leur rencontre..., ils invitent leurs concitoyens, ils invitent les magistrats du peuple à 8*7 trouver. La magistrats ne voient rien là que de simple... Chacun est libre de participer ou de ne pas participer à cette fête. Ce n'est pas l'autorité qui la provoque , c'est le vœu des citoyens qui la donne...
... On a trompé , on a aigri de bons citoyens par des faits faux. On leur a dit : 1* qu*il j aurait des inscriptions injurieuses pour nos frères d'armes ; 2® que les couleurs nationales seraient couvertes d'un voile funèbre ; 3^ qu'on ferait la purification du Qiamp de Mars. Eh bien ! d'après le plan communiqué à la municipalité, fl n'j a pas un mot de vrai dans tout cela.
C'est cependant sur ces allégations mensongères et perRdes que.... de bons patriotes , faute de s'entendre , sont divisés.
Le département de Paris a dit dans une lettre où il annonce le désir qu'il a de maintenir la tranquilité publique , que si les bruits que Ton répand sont vrais , que si l'on attaque l'honneur de la garde nationale , la répression de cette entreprise est tout à la fois pour lui un besoin et un devoir.
Des hommes qui ne respirent que le trouble ont cru apercevoir de l'opposition entre le département et la municipalité. L'instant leur a paru favorable ; ils se sont
empressés de faire présenter au département des pétitions contre la fête ,
imaginant mettre deux autorités aux prises.
Mais , nous l'espérons , les faits bien éclaircis , toutes ces trop importantes tracasseries disparaîtront.
Le 9 , la municipalité faisait placarder cet avis :
Nous sonunes prévenus que des personnes arrivées depuis peu à Paris et des ci-devant officiers se disposent à prendre l'uniforme de la garde nationale , et , reunis a nos frères d'armes le jour où , les citoyens qui doivent donner une fêle en I Lonneurde la Liberté , se rassembleront , pour se porter à des excès qui feraient retomber sur les bons citovens armés pour la défense de la Constitution le déshonneur dont ces malveillants seuls mériteraient la tache ; nous avons cru devoir donner cet avis à nos concitovens.
Ce même jour, un violent débat s'engageait devant l'Assemblée nationale; la séance fut orageuse et des injures y furent échangées.
Une lettre du maire de Versailles avait annoncé que les soldats suisses amnistiés approchaient de Paris et qu'ils désiraient présenter « leurs hommages » à l'Assemblée. Tout le monde ^teit d'accord pour recevoir ces « hommages » , mais quelques- ^ûs Voulaient s'en tenir là , d'autres demandaient au contraire 911^ les Suisses fussent admis aux honneurs de la séance.
Jaucourt prit la parole : « Les honneurs que vous rendrez aux soldats de Château -Vieux , dit-il , feront croire que vous les regardez non comme des hommes qui ont été punis, mais comme des victimes innocentes. Croyez que l'armée verra dans votre conduite l'encouragement à l'insubordination, et craignez que toutes les fois qu'on lui commandera d'exécuter quelques ordres rigoureux, elle ne croie avoir acquis le droit de s'y refuser, sous prétexte que tout ordre sévère est injuste. Je demande que les soldats de Château- Vieux soient admis à la barre, que l'Assemblée leur permette de lui présenter les témoignages de leur reconnaissance, mais que les honneurs de la séance ne leur soient pas accordés. »
La question , on le voit , est nettement posée : le député Gouvion , qui a eu un frère tué à Nancy , renchérit encore et s'emporte jusqu'à traiter les Suisses d'assassins. Des cris ce à bas , à bas w partent des tribunes , le désordre est à son comble.
Les malheureux soldats de Chûteau-Vieux , s'écrie Cou thon , ont été victimes de leur patriotisme , immolés par les fureurs d*un homme dont l'éloge a retenti dans cette enceiate. L'Assemblée a rompu leurs fers , elle les a rétablis dans tous leurs droits de citoyens , et , conséquemment , puisqu'il est vrai que l'usage s'est introduit d'admettre tous les pétitionnaires aux honneurs de la séance , ils ne doivent pas être distingués à cet égard des autres citoyens.
On divise la proposition. Il y a unanimité pour l'admission à la barre, et, après pointage, 288 voix contre 265 décident l'admission aux honneurs de la séance.
La réception a lieu immédiatement. La garde nationale de Versailles qui a accompagné les Suisses, défile avec eux au bruit des tambours et des cris de « Vive la Nation » . Dans les rangs apparaissent quelques gardes nationaux de Paris , sans armes , et des gardes suisses accompagnés d'un cortège de citoyens et de citoyennes avec des drapeaux tricolores, des piques et « autres emblèmes de la Liberté ». Des citoyens, des membres de sociétés populaires portent les drapeaux donnés aux Suisses de