FÊTE POUR LA REPRISE DE TOULON
' "■"" , le Midi s'agitait. Tuiilon était en insurrection et luttait ouvertement la Convention. Les représentants en luission, Bayle et Beauvais y avaient été arrêtés e^ conduits au fort , Lamalgue ; Barras , Fréron et le général Lapoype, craignant qu'un pareil sort leur fût réser\-é, avaient précipitamment ({uitté la ^ille et s'étaient réfugiés à Nice, au quartier général de l'armée d'Italie. A Toulon , le commandant de la flotte et les autorités de la ville, redoutant l'état d'anarchie contre-révolutionnaire qu'ils avaient créé, sentaient qu'une longue résistance leur était inipos-sible. I^ pays n'étant pas avec eux , ils comprenaient que l'arrestation de Bayle et de Beauvais devait obliger le Comité de salut public, à l'action la plus prompte et la plus énergique. Haas ce déplorable état d'esprit , au milieu de ces graves préoccupations , oubliant qu'ils étaient français , les Toiilonnais , pflur sortir de cette impasse, eurent recours au plus épouvantable des crimes. Toulon, son port, son arsenal, ses forts et son escadre firent livrés par eux , aux amiraux anglais et espagnols. Cette
trahison consommée , fiers de leur indignité , ils proclamèrent Louis XVU roi de France et confièrent à l'amiral anglais Hood, la défense de la place.
Quand ces faits furent connus à Paris, la Convention organisa immédiatement le siège de la ville rebelle. De Nice , Barras et Fréron avaient déjà ordonné à Brunet, général en chef de Tannée d'Italie , d'envoyer six mille hommes ; Lapoype en avait reçu le commandement. Gurtaux observait les gorges d'OUioules avec huit mUle combattants ; Toulon était ainsi menacé par des forces égales à celles qui l'occupaient. Curtaux s'empara du point qu'il visait. Lapoype parvint à réarmer les batteries de la rade d'Hyères.
C'est à ce moment que Bonaparte , alors chef de bataillon , fut envoyé par le Comité de Salut public pour prendre la direction de l'artillerie de siège.
Les opérations commencèrent aussitôt sous le commandement de Curtaux, puis sous celui de Dqppet, puis encore sous celui de Lapoype ; mais mal conçues et mal dirigées , eUes ne donnèrent pas de résultat appréciable.
Dugommier reçut alors le commandement général.
Sous la conduite de Dugommier et de Bonaparte , l'un déjà célèbre , l'autre encore inconnu , l'armée d'investissement accomplit des prodiges de valeur qui obligèrent bientôt les Anglais et les Espagnols à reprendre la mer. En se retirant, les Anglais répandirent partout l'incendie sur leur passage.
A la suite de la reprise de Toulon , Dugommier demandait au Comité de Salut public , le grade de général de brigade pour Bonaparte « Récompensez et avancez ce jeune homme , disait-il, car si on était ingrat envers lui, il s'avancerait tout seul ».
C'était un beau début, en effet. Les Anglais n'ont jamais pardonné à Bonaparte de ne point les avoir laissés jouir en paix d'une victoire comme ils les aiment et de leur avoir si rapidement enlevé la possession d'une ville française , dont la trahison seule les savaient rendus maîtres.