FÊTE EN MÉMOIRE DE LA CHUTE DU TRÔNE
et une mftle énergie prennent la place de la haine et de l'amour de la vengeance , et qu'enfin l'exercice habituel de toutes vertus publiques et privées amène l'oubli des maux inséparables des grandes secousses politiques , pour ne pas en faire sentir les heureux résultats !
Réjouissez-vous , républicains, dignes d'un nom si glorieux ! Bientôt nos sages institutions auront produit ces précieux effets , et tous les français réunis par un même sentiment , goûtant avec ivresse les fruits qu'ils en auront recueillis y béniront à jamais l'immortelle journée du 10 août.
Que les jeux civiques s'apprêtent pour la célébrer; que tous les ci tovens ouvrent leur cœur à l'aimable fraternité et à la joie la plus pure. Douce concorde! viens présider à nos fêtes , et qu'en même temps l'enthousiasme de la liberté leur prête tout l'éclat de ses charmes I
Apèrs ce discours, seule manifestation officielle, la fête commença. Précédés de plusieurs corps de musique, les concurrents aux prix sortirent de l'Ecole Militaire, firent le tour du Champ de Mars et vinrent se placer aux bornes qui avaient été fixées comme point de leur départ.
^èlus légèrement, d'un pantalon et d'un gilet, ceints d'une ^'harpe tricolore , ne portant d'autre marque distinctive qu'une <^<>iffure surmontée d'une plume difierente de couleur pour ^Jiacun d'eux , les coureurs à pied débutèrent.
On a conservé leurs noms et on sait que le citoyen Ville- ^^^Ureux a remporté le premier prix, consistant en un sabre ; le ^'^toyen Gosme a gagné le second prix , représenté par une paire ^^ pistolets de poche.
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-Aussitôt après, on commença la course des chevaux, à
Quelle avaient été seuls admis des chevaux nés en Franco.
liC vainqueur du premier prix reçut une carabine. Il s'appelait
^Hurieux et montait un cheval nonnand: le Coursier. Celui
Hui obtint le second prix reçut une paire de pistolets d'arçon.
^l- s'appelait PVanconi ; son cheval , également normand , portait
*^ nom de Général.
Vint ensuite la course de bagues , qui avait lieu dans une
enceinte circulaire , réservée dans la première partie du Champ de Mars.
Cette course fut vivement disputée. Le premier prix , une carabine, fut remporté par le citoyen Roger ; le second prix, une paire de pistolets de poche , fut gagné par le citoyen Jeannin.
Quand les courses furent terminées , le Directoire proclama solennellement , aux acclamations de la foule tout entière , les noms des lauréats; puis, un char antique, attelé de quatre chevaux de front , précédé de musiques militaires et suivi d'un nombreux et bruyant cortège , vint chercher les heureux vainqueurs et leur fit faire le tour du Champ de Mars.
22 Septembre 1796.
(l" VKNDâHUIRE AN V).
R se conformer à la loi, Paris fêtait, pour la première (ois, le l*"" vendémiaire an V (22 septembre 1796), la fondation de la République.
Benezech, ministre de l'Intérieur, avait arrêté le programme de cette fête, dans les termes suivants :
Au milieu de la partie du cirque , située entre le ' tertre et l'Ecole militaire , s'élèvera un segment du zodiaque , au baut duquel sera le signe de la Balance.
A trois heures de l'après-midi , une salve d'artillerie annoncera le commencement de la fSI«.
Le Soleil , sous la figure d'Apollon , assis sur un char attelé de douze cbevaux, entouré des Heures , et suivi des Saisons , chacune sur un char, s'avancera dans l'arfene , et en fera le tour en commençant par la droite , et reviendra eu tertre par le milieu du cirque.
Les chars seront entourés , précédés et suivis de divers groupes de corps de miuîipie et de détacheniens de la force armée.
L'arrivée du Soleil , au signe de la Balance , sera annoncée par une seconde •alve d'artillerie.
Au même instant , les emblèmes de la royauté , placés entre le char et le tertre, s'écrouleront et laisseront voir sur un filt de colonne , la statue de la République firaacaîw, appujée d'une main sur le laisceeu départemental, et montrant de Tutln la aUtoe da la Liberté.
Alors , des militaires , en nombre égal à celui des départemens , se détacheront de la force armée et formeront une triple enceinte autour du faisceau départemental.
On exécutera un hjmne à grand chœur, analogue à l'objet de la fête.
Les poètes et musiciens qui , par leurs talens , ont concouru à l'établissement des fêtes nationales , seront proclamés solennellement.
Après ces cérémonies , le Directoire exécutif rentrera à l'Ecole militaire ; les autres autorités constituées resteront sur le tertre.
Les jeux seront : 1® La course à pied ; 2** la course à cheval ; 3® la course des chars ; 4P des exercices à cheval autour du cirqpie , par le citoyen Franconi.
Les jeux fim's , les consignes seront levées , et les spectateurs pourront se répandre dans le cirque,
L'Ecole militaire , le tertre et le cirque seront illuminés.
Un feu d'artifice sera tiré dans l'île des Cjgnes ; toutes les pièces de ce feu d'artifice seront préparées de manière que leur explosion ne puisse être d'aucun danger pour les spectateurs.
Des orchestres seront placés dans le Champ de Mars pour les danses.
Les didférentes avenues qui conduisent au Champ de Mars seront éclairées.
Le l^^ vendémiaire, à midi, le Directoire exécutif accompagné des ministres, quittait le Palais du Luxembourg, pour se rendre à l'Eglise des Invalides, où se trouvaient réunis tous les soldats blessés.
Dans l'église même , trois de ces soldats , choisis par leurs camarades, étaient présentés aux Directeurs comme méritant de recevoir les témoignages publics de la reconnaissance nationale.
Le président du Directoire prononça là un discours, proclama les noms des braves récompensés , leur donna l'accolade et leur offrit , au nom du peuple français , une couronne de laurier et une médaille d'argent, portant cette simple et touchante inscription :