‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 43 sur 99 · LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE A SES DÉFENSEURS · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE A SES DÉFENSEURS

Cette cérémonie accomplie, le Directoire, suivi des militaires couronnés et d'un détachement d'invalides , se rendit au Champ de Mars , où une salve d'artillerie annonça son entrée.

Parvenus au pied de la statue de la Liberté , les Directeurs

prirent place , et les autorités constituées , l'Institut national , lt*s professeurs des Ecoles centrales , se massèrent à leurs côtés.

A ce momelit , les soldats couronnés , suivis d'un groupe de pères et de mères de défenseurs de la patrie morts en combattant, défilèrent et vinrent à leur tour se joindre aux autorités.

De chaque côté de l'autel de la Patrie , on avait élevé des trophées militaires portant des inscriptions différentes :

Aux législateurs de la République.

A nos intrépides aratées.

Aua^ braves qui sont morts pour la République.

Aux magistrats de la République, Av^ vrais amis de la Constitution de Van IIL

Aux écrivains patriotes.

Quand chacun eut pris la place qui lui était réservée, 1 orchestre du Conservatoire de musique fit entendre une ^J'ïî^plionie, puis La Révellière-Lépeaux, président du Directoire, ^^^Vant, prononça le discours suivant:

^Aees le soient rendues , souverain arbitre des destinées de l'univers ; grâces

^ salent rendues , la France est République !

^puis un grand nombre de siècles , le despotisme avait éteint le génie de la

'^^ , qui couvrit jadis les bords de la Méditerrannée de républiques florissantes.

oi quelques peuples , en petit nombre et à de longs intervalles , secouèrent ,

"CpiUs j le joug d'un seul, ce fut pour se courber, presque à l'instant , sous la

maia d^mj nouveau maître , ou sous la verge non moins avilissante de l'aristocratie

et du fanatisme. L'esclavage, la superstition et l'ignorance avaient assujéti les

naUons ; presque nulle part , sur notre continent , il n'existait de liberté réelle et

tf^g^lilé politique.

l^epuis que des communications très fréquentes avaient rapproché les peuples , et que le flambeau de la philosophie commençait à les éclairer, leurs dominateurs , effnivésdes progrès de la raison , avaient formé une ligue impie pour éteindre les luniières , ou pour en empoisonner les effets. Réunissant ensuite les anneaux de la genitude que chacun d'eux tenait séparément dans sa main , ils en forgeaient , <iaii8 l'ombre de leurs antres politiques , une chaîne oppressive qui devait bientôt enuronner le globe sans interruption. Leurs sanglantes querelles , sur la portion du lien dont chacun d'eux devait obtenir la garde , n'avaient fait que rendre plus

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iftftOieB»^ A'*màig^^ -«Arènes»" . Aésesp®^ . «vec *^

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caine , on tente encore de la détruire et de relever la monarchie ! Ce n'est plus la force, c'est la ruse et la corruption que nos ennemis emploient par une suite de leurs perfides combinaisons. Des traîtres, placés dans toutes les autorités et jusques au sein des pouvoirs suprêmes , après avoir miné les bases de notre édifice social , ne cachaient plus leurs projets de subversion. Un instant de plus ! la Constitution était renversée , la République anéantie , les républicains égorgés , et la France , couverte de ruines et de cadavres , devenait la proie des guerres civiles 1 Mais ton œil paternel était toujours ouvert sur nous. C'est au moment oîi l'Etat penchait vers sa ruine , que tu l'as replacé sur sa base ; tu fis éclater la juste indignation des défenseurs de la patrie ; tu frappas les conspirateurs d'aveuglement et de terreur , tandis que tu éclairais la marche des amis de la liberté , et que tu leur inspirais une noble audace.

Dans l'immortelle journée du 18 fructidor, tu confondis les traîtres , tu les enveloppas dans les propres filets qu'ils avaient ourdis pour perdre les amis de la liberté ; la Constitution républicaine fut affermie par les efforts mêmes qu'ils avaient t»«ntés pour en opérer la ruine : et grâces te soient rendues , souverain arbitre des destinées de l'univers ; grâces te soient rendues , la France est encore République!

Maintenant , achève ton ouvrage ; consolide pour jamais cette République. Les ennemis de la Constitution de l'an 3 sont cachés , mais ils veillent ; ses amis ne <3oivent donc pas s'endormir dans une fausse sécurité. Que notre patrie soit sans ^36880 protégée par toi , et que ta pensée nous dirige ; que la grandeur des mesures ;()rises par le corps législatif égale la sagesse de ses lois ; que le Directoire exécutif 'xnette une activité et une vigueur soutenues dans leur exécution et dans l'action ^u gouvernement : que toutes les autorités civiles et militaires j concourent avec Xermeté ; que nos cœurs soient toujours ouverts à la compassion et à l'humanité , -mais qu'une sévère justice , qu'une justice bien entendue ne nous permette jamais <i'atténuer l'effet des mo^'ens commandés par la loi et ordonnés par le gouvernement ; ^l'oublions pas que si l'atrocité révolte tous les cœurs, la faiblesse attire leur mépris, et que pour empêcher quelques infortunes , malheureusement inévitables, elle plongerait de nouveau la France dans l'abîme de maux dont nous voulons effacer jusques au souvenir. Mais surtout , qu'éclairés par la justice , des hommes égarés parleurs passions , cessent enfin de prendre l'esprit de parti pour du patriotisme. Loin de nous ceux qui ne regarderaient les services rendus à la patrie que comme un titre pour s'en faire une propriété ; loin de nous ceux qui ne voient la République que dans ce qui les entoure , qui ne jugent de la prospérité de l'État que par le degré du pouvoir et de l'influence qu'ils j obtiennent , et de l'intérêt du Trésor public , que par leur propre intérêt.

Inspire , au contraire . à tous les Français des sentiments grands , élevés , généreux , désintéressés. Fais régner parmi eux un esprit de paix , une mutuelle bîenveOIance j un grand attrait pour la vérité et la franchise , une grande aversion pour

le mensonge et l'hypocrisie , un profond respect pour la vertu , une haine égale pour le vice , im amour ardent pour la liberté , et un dévouement sans bornes à la cause de leur pays.

La France alors sera pour jamais libre , heureuse , triomphante et paisible. Puissent ces vœux ardents s'accomplir ! puissent nos derniers neveux y également tiers et reconnaissants de l'indépendance qui leur aura été fidèlement transmise par leurs pères , célébrer encore , à l'ombre d'une Constitution sage et solidement établie , les fêtes de la liberté , et du sein des jeux et des concerts qui doivent les embellir, élever mille et mille fois , dans l'effusion d'un cœur reconnaissant , ses acclamations de gratitude :

Grâces te soient rendues , souverain arbitre des destinées de l'univers ; grftces te soient rendues , la France est République I

Le discours terminé , les élèves du Conservatoire chantèrent un hymne et l'armée dans un ordre parfait et qui fut remarqué, exécuta une série d'évolutions et de manœuvres qui lui valut les acclamations de la foule.

C'est alors que le Ministre de l'Intérieur, François de Neufchateau, prit la parole dans les tenues qui suivent:

Si de tout temps la nation française a su vaincre , de tout temps elle a su chanter ses vicloires ; mais sous le règne du despotisme , le génie enchaîné n'avait que peu de cordes à toucher sur la l^re. Aujourd'hui , la liberté lui rend tout son essor; les Pindares et les T;yTtées se multi[)lient , et font connaître à l'Europe que , si nous savons défendre la liberté ])ar notre courage , nous savons aussi la faire aimer par nos chants.

Voici les noms des poètes et compositeurs qui ont contribué à l'ornement des fêtes nationales depuis la conquête de la liberté , et auxquels la nation adresse un tribut de reconnaissance.

Au premier rang marchent le représentant du peuple Marie-Joseph Chénier ; le citoyen Lebrun , membre de l'Institut national des Sciences et Aria , dont le genre pindarique a célébré sept fois , dans des tons différens . la liberté , les arts et nos victoires ;

Le citoven Théodore Desorgues qui , sept fois aussi s'est empressé de mêler ses accents poétiques à nos chants d'allégresse, et le cito;yen Compigni, C/Onnu principalement par son chant funèbre sur la mort de Ferraud , et son chant élégiaque aux mânes de la Gironde ;

Enfin , le citojen Rouget de Lisle , le véritable Tvrtée français.

Par l'influence de son Chant marseillais , dont il est le poète et le compositeur tout ensemble . qui a valu tant de victoires à la République , chant si cher à nos

soldats et qui sait encore forcer nos ennemis même à le craindre à la fois et à le chanter.

Après eux sont entrés dans la carrière à peine ouverte , en donnant de grandes espérances :

Les citoj-ens Baour-Lormian , Varson , Davrignj, Pillet , Fline , Lachabaussière et la citoj'enne Pipelet.

A.U premier rang des compositeurs républicains , la nation place et proclame :

Le citojen Grossec , l'un des cinq inspecteurs du Conservatoire de musique . connu par vingt-trois morceaux de musique , et qui ne laisse guère échapper une seule fête civique sans offrir son tribut de talent à la patrie ;

Le citojen Méhul , inspecteur aussi du Conservatoire , dont le Chant du départ rivalise avec l'hj'mne marseillais , et connu par six autres morceaux dignes de sa réputation ;

Et le citoj'en Catet , artiste du Conservatoire , auteur de six morceaux de différents genres.

Après eux , se sont montrés avec zèle et succès :

Les citovens Berlin , Jadin l'alné , H^vacinthe Jadin , Lesueur, Langlé , Lefebvre , Eler, Plevel , Martin ; tous noms déjà célèbres , et qui promettent à la France une recette abondante de tributs civiques.

Poètes et compositeurs , la nation vous proclame dignes de sa recx^nnaissance , et vous invite encore par vos talents dans cette nouvelle année , à Tomement des fêtes nationales et à la gloire de la patrie.

Après cette proclam^ion , vinrent les courses à pied , une course à cheval et les courses en chars. Ces dernières étaient particulièrement intéressantes ; c'était la première fois que le public parisien était appelé à jouir d'un pareil spectacle, au milieu d'un amphithéâtre aussi vaste et aussi admirablement disposé que l'était le Champ de Mars.

Les concurrents ne pouvant être qu'en nombre pair., deux chars partaient à la fois, l'un à droite l'autre à gauche du champ ; ils étaient tenus de passer entre des bornes mobiles élevées sur leur parcours.

Le char qui arrivait premier , sans avoir renversé de bornes était proclamé vainqueur. Celui qui arrivait dernier sans avoir renversé de bornes était préféré à celui qui , le devançant de trois longueurs de chars , n'avait pas rempli cette condition.

Des écharpes étaient offertes aux vainqueurs ; elles leur donnaient le droit de prendre part à une course d'ensemble pour laquelle des prix spéciaux étaient décernés.

François de Neufcliàteau , qui avait préparé le programme de cette fête, l'avait fait suivre d'un Nota> que nous trouvons pour la première fois dans les programmes des fêtes officielles de la Révolution.

Nota. — « Comme la fêle durera la journée presque entière , on aura soin de dresser de grandes tentes où pourront se placer des restaurateurs , et où il v aura des tables et des chaises. »

Célébrée avec éclat, la fête du P^ Vendémiaire an IV fut cependant attristée par la nouvelle de la mort de Hoche , qui parvint à Paris pendant qu'elle avait lieu et se répandit avec rapidité , non seulement au Champ de Mars , mais dans Paris tout entier.

1" Octobre 1797.

<10 VBNnÉMIAlRK AN VI).

PDMPE FUNEBRE EN L'HONNEUR DE HOCHE

"- HK est Tune des physionomies les plus belles olutiou française; sa vie trop courte est un iple de patriotisme , de grandeur et de rosi té.

Né à Montreiiîl. l'un des faubourgs de Versailles , le 25 juin 1708 , à quatorze ans Hoche était aide-surnuniéniire dans les écuries de Ijjuin XV, où son père occupait un emploi de palefrenier. Le métier des amies le sollicitant, il s'engagea à dix-sept ans dans les gardes françaises.

Sergent en 1789 , il n'avait pas atteint sa vingt-cinquième année qu'il commandait en chef l'année de la Moselle.

Son plus beau litre de gloire, celui auquel il attachait justement le plus de prix, est celui de pacificateur de la Vendée ; général en chef de l'armeo de l'Ouest, il montra, dans ces hautes et difiiciles fonctions, des facultés administratives et des vertus militaires qui n'ont pas été surpassées.

Appelé plus tard au commandement des armées réunies de Sambre-et-Meuse et du Rhin, Hoche, pris subitement d'un mal

inconnu , ou tout au moins incomplètement défini , fut emporté le 15 septembre 1797 , alors que rien ne faisait prévoir une fin aussi prompte.

La mort de ce brillant soldat fut un deuil public. La nation n'ignorait pas , en efiet , l'immensité de la perte inattendue qui lui était infligée ; en décernant au général les honneurs funèbres, le Directoire était l'interprète fidèle des vœux du pays.

Le 10 vendémiaire an VI (l®** octobre 1797) , avait lieu cette cérémonie , qui conserva . pendant sa durée , le caractère d'une noble et imposante manifestation .

Ce jour-là , dès six heures du matin , de quart d'heure en quart d'heure , le canon se fit entendre. Mais c'est seulement à midi que commença , au Clhamp de Mars , la cérémonie , à laquelle assistait l'armée de Paris, grave, recueillie, et pénétrée de rimportance de sa douloureuse mission.

l^écédé du corps diplomatique . des ministres et de tous les corps constitués, le Directoire, immédiatement suivi du père de Hoche et de toute sa famille, (juittait l'Ecole militaire. Près de lui, porté par quatre vétérans, figurait le buste du général, couvert de lauriers et accompagné par Augereau, Tilly, Bernadette et Hédouville.

Ainsi constitué , le cortège se dirigea vers l'autel de la patrie. Là , avait été construite une pyramide sur les quatre faces de laquelle on lisait :

Pacification de la Vendée.

Affaire de Quiberon.

Lignes de Weissembourg.

Bataille de Neuwied.

Passage du Rhin.

Débloquement de Landau.

L'autel était fermé par six colonnes funéraires, ornées de

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drapeaux tricolores cravatf^s de crêpe ; sur les colonnes , avaient été tracées les inscriptions suivantes :

Les distances , les fleuves , l'Océan , tnen n'arrêUiit son audace.

Weissembourg , Landau, Quiberon, parl-eront de sa gloire,

et la Vendée de ses vertus.

Il fut hufnmn dans la guerre et clément dans la victoire.

Il allait être le Buonaparte du Rhin.

Son nom seul épouvanta le despote d'Irlande et les C07ispirateurs français.

Il vécut assez pour la gloire et trop peu pour la Patine.

Le Directoire prit place sur l'autel de la patrie , au pied de la statue de la Liberté , où se trouvaient également les membres de la famille de Hoche.

En face de l'autel , sur une estrade supportant des trépieds antiques , le buste du soldat illustre avait été déposé et confié , non seulement à la garde des généraux qui l'entouraient pendant la marche du cortège , mais encore à de forts détachements de troupes qui , en signe de deuil , portaient les armes basses.

Les chœurs du Conservatoire , renforcés par ceux du Théûtre des Arts , exécutèrent une s^^nphonie funèbre , puis le Directoire s'étant levé et découvert , son président La Réveillère- Lépaux , prononça le discours qui suit :

Dès l'aube du jour, le bruyant airain avait signalé la fête de la République ; l'aurore avait embelli l'orient de ses plus riches couleurs , le soleil s'était élancé dans la carrière. Il semblait se complaire à verser son éclat radieux sur la scène aussi touchante qu'animée qui se préparait. Le peuple , ses magistrats et ses défenseurs s'étaient réunis pour célébrer cette belle journée par des actions de grâc-es , par des jeux et par des concerts. L'amour de la liberté transportait tous les cœurs ; la plus douce satisfaction régnait sur tous les visages. La paix , la concorde , un délicieux abandon réunissaient cett« foule innombrable dans une seule et même famille. Partout était l'image du bonheur, et l'ftme ravie se croj'ait déjà transportée dans l'Elvsée...

Hélas ! il est donc vrai. Ce n'est qu'au sein de l'Etemel , dans le séjour de l'immortalité , que l'homme peut compter sur des plaisirs sans fin et sans mélange !

Quelle vapeur obscurcit déjà l'horizon ? D'où partent ces tristes murmures , qui se mêlent sourdement aux acclamations multipliées de la joie et de la gratitude? A ce jour de fête va succéder un jour de deuil , et les chants de l'allégresse seront étouffés par les accents de la douleur. L'un des plus fermes appuis de la République, le vainqueur de Weissembourg , de Quiberon et du Rhin , l'immortel pacificateur de la Vendée , Hoche n'est plus !... Il n'est plus !...

Les cito;yens consternés se demandent : comment est-il tombé au milieu de son armée triomphante dans la fleur de son âge , celui que tant de hauts faits et une profonde sagesse avaient rendu si fameux à l'époque où le commun des hommes n'est pas encore parvenu à la maturité ? Comment est-il tombé ?

Des travaux sans nombre , une activité sans bornes , une sollicitude toujours inquiète pour la gloire et la prospérité de la République , ont dévoré ses forces ; les maux dont la patrie était menacée par la trahison déjouée le 18 fructidor, portent le dernier coup à son âme ardente et sensible ! . . . il succombe !.. . il n'est plus !

11 n'est plus ! . . . ce cri lugubre a volé d'une extrémité de la France à l'autre. . . , et à chaque instant il retentit sur mon cœur ! Qui plus que moi , en effet , doit déplorer sa perte ! il fut le sauveur des miens.

0 toi ! qui fermas l'horrible plaie dont fut affligé si longtemps le pajs qui m'a vu naître , et celui qui m'honora de son suffrage , génie tutélaire , envoyé par le ciel dans nos contrées pour y éteindre le feu de la discorde et j tarir la source de nos larmes , reçois par mon organe l'hommage de mes compatriotes désolés ! . . . Ils connaissent leur infortune , et de toutes parts , dans les chants mélancoliques de la Vendée, et sur les riantes collines de Maine-et-Loire, ton nom se prononce au milieu des sanglots , et l'écho le répète en gémissant.

Mais , c'est à la France entière que Hoche appartient ; tous ensemble faisons éclater nos regrets ; bardes républicains , entonnez les chants de la mort du héros ; racontez ses exploits et ses bienfaits. Et vous tous , enfants de la Liberté , amants de la gloire , amis de l'humanité , soyez attentifs et frémissez.

L'un des plus fermes appuis de la République , le vainqueur de Weissembourg , de Quiberon et du Rhin, l'immortel pacificateur de la Vendée , Hoche n'est plus !...

11 n'est plus !.. . mais sa dépouille mortelle seule a péri. L'histoire et la tradition transmettront sa mémoire aux siècles futurs , et le récit de ses actions , souvent répété , charmera d'âge eii âge les loisirs des philosophes et des guerriers amis de la Liberté !

Et toi souverain des êtres , auguste protecteur de notre indépendance , tu feras descendre parmi nous cette grande âme que tu composas des qualités les plus brillantes du héros et des vertus les plus précieuses du bienfaiteur de l'humanité. Si des dissensions civiles devaient malheureusement nous diviser encore, ou d'injustes voisins nous forcer à la guerre , à ta voix secourable , Hoche s'éloignera de ta présence , quittera les doux entretiens des législateurs qui fondèrent les Républiques ,

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des hommes vertueux qui les rendirent heureuses , et des héros qui les illustrèrent. Il planera au-dessus d*une patrie qui lui sera toujours chère, même au-delà du terme delà vie ; son souffle pacificateur éteindra toutes nos haines , et la plus parfaite harmonie régnera où la discorde devait exercer ses fureurs. Son feu g-uerrier «glissera dans les veines de nos soldats ; son génie militaire inspirera les chefs , et nous devrons encore des victoires uu héros descendu dans la tombe î

Ce n'est donc pas à de stériles regrets que nous devons lâchement nous livrer.

iorsquele premier tribut a été payé à la nature , et que les derniers devoirs ont

été rendus à la cendre des grands hommes , c'est en les imitant qu'on les honore.

Accomplissons les rites funéraires commandés par le devoir et par une troj) juste

"oulem*, mais avant notre séparation , bardes républicains , entonnez l'Hvmne à la

Lii>erléet le Chant du départ. Que les cris mille fois répétés de vive la Réj)ublique !

^^8 accompagne et retentissent avec eux depuis les Pvrénées jusqu'au Rhin , et

aepixig le Rhin jusqu'aux rives de l'Adriatique !

Au bruit de ces acclamations , soldats , saisissez vos armes ! Effacez vos éton- ^^^ts exploits par des exploits plus étonnants encore , et forcez à la paix un ^'"igrucilleux ennemi.

Législateurs , gouvernants , magistrats , redoublez d'activité , de sagesse , ^ *^*liergie et de désintéressement , pour accomplir dignement vos devoirs ; cito^yens ^^ tontes les conditions , que la République soit votre idole ; que la constitution de ^ ^^1. III soit pour vous l'arche sainte et le point de railliement ; sovez grands, justes ^^ bons ; appelez tous les peuples à la Liberté par l'éclat de vos vertus et l'image de ^"c^trc bonheur, et c'est alors , seulement alors , qu'elle sera dignement honorée , ^^ mémoire du héros que nous pleurons aujourd'hui et que nous chérirons à jamais.

i» foule écouta le discours de La Révellière-Lépaux dans le plixs religieux silence, ce discours achevé, elle salua le héros du ^ri de : Vive la République.

Alors s'avancèrent quarante jeunes filles vêtues de blanc et ceintes d'écharpes de crêpe. Parvenues près du mausolée , elles chantèrent la première strophe de l'hymne de Ghénier, dont Chérubini avait voulu écrire la musique :

Du haut de la voûte éternelle, Jeune héros ! reçois nos pleurs.

Que notre douleur solennelle T'offre des hj-mnes et des fleurs î Ah ! sur ton urne sépulcrale Gravons ta gloire et nos regrets ; Et que la palme triomphale S'élève au sein de tes cyprès !

Cette strophe achevée , les jeunes filles déposèrent au pied du buste de Hoche des branches de laurier.

A ce moment Daunou gravit les degrés du mausolée et prononça, au nom de l'Institut National, l'éloge funèbre du glorieux mort.

Ce morceau est certainement l'un des meilleurs que Daunou ait écrit ; nous n'en voulons citer que les quelques lignes qui le terminent :

Enlœ les plus courageuses et les plus illustres victimes et de l'anarohie

et de la réaction , il en est que la mort a récemment frappées au moment même des plus audacieux efforts du royalisme , au milieu de ses progrès et presque de ses triomphes. Hoche , tu fus moins infortuné , tu n'expiras du moins qu'après SToir rendu grâces au génie de la Liberté et célébré sa victoire. Un vif espoir, un sûr présage du salut de la République vint consoler, embellir tes derniers instants. Oui, nous la conserverons la République . pour qu'elle soit le temple de ta mémoire , l'asile de ton vertueux père et la gloire de tous les guerrière qui l'ont défendue avec toi. Nous repousserons la terreur qui t'opprima comme le royalisme qui ie poursuivit , et nous maintiendrons cette Constitution de l'an III , qui fut leçons^ t^nt objet de ton dévouement , de tes vœux , de tes espérances. Noussaarons , à ton exem})le , résister aux factions , braver les périls, et ne connaître sur la terre d'autres puissances irrésistibles que celles devant qui seulement s'est abaissée ton ûme républicaine : la loi , la veriu , la nécessité et la mort.

L'émotion fut profonde et générale , les acclamations furent vives, quand s'approcha un chœur de vieillards qui chanta la seconde strophe de l'hymne de Chénier :

A spirez à ses destinées , (luerriers , défenseurs de nos lois.

Tous ses jours furent des années ; Tous ses faits furent des exploits.

La mort qui frappa sa jeunesse , Respectera son souvenir :

S'il n'atteignit pas la vieillesse , 11 sera vieux dans l'avenir.

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Un chœur de guerriers vint à son tour et dit les deux dernières strophes :

Sur les rochers de l'Armorique , II. terrassa la trahison ; Il vainquit Thvdre fanatique, Semant la flamme et le poison.

La guerre civile étouffée Cède à son bras libérateur ; Et c'est là le plus beau trophée D'un héros pacificateur.

'Oui , tu seras notre modèle ; Tu n'as point terni tes lauriers , Ta voix libre , ta voix fidèle , Est toujours présente aux guerriers.

Au champ d'honneur, on vit ta gloire ; Ton ombre , au milieu de nos rangs , Saura captiver la victoire , Et pimir encor les tyrans.

Puis ou chanta la MnrseiUaise ^ dont les derniers accents furent couverts par une puissante décharge d'artillerie et par de retentissants feux de peloton. Les musiques militaires jouant le Chant du Départ , les troupes défilèrent devant l'image du soldat, au pied de laquelle le Directoire et tous les fonctionnaires de la République vinrent pieusement déposer à leur tour des branches de chêne et de laurier.

14 Juillet 1798.

(26MES8IDOBAN VI).

it annoncée la veille, 25 messidor bd VI, à es du soir, par une salve d'artillerie, [demain 26 messidor, cette salve fut répétée lires du matin et à midi, u choisi pour la cérémonie était le Champ . A cette occasion, l'autel de la Patrie avait été orné de statues, de trophées et de drapeaux.

I-e Directoire exécutif, les ministres, les .ibassadeurs , les en\oyés des puissances étrangères , les autorités constituées , rarniée et les militaires blessés réunis dans la maison du Champ de Mars [ci-devant Eeoh imlitaire) , se rendirent, à cinq heures, à l'autel de la Patrie, en côtoyant le tidus oriental qui bonlait le Champ.

Ce cortège, au milieu duquel se voyaient les unifonues les plus variés et les plus brillants , était précédé d'un détachement de troupes ; venaient ensuite :

Deux membres de chacun des comités de bienfaisance et la commission des hospices civils;

Los professeurs des écoles centrales et spéciales, accompagnés des administrations des musées et des bibliothèques ; Les juges de paix et leurs assesseurs, suivis du tribunal de

coiiiiuerce , du tribunal correctionnel et des tribunaux civils et criminels ;

La régie des domaines nationaux, la direction générale de la liquidation de la dette publiciue, Tadininislration de la monnaie ; I-.es administrations municipales des douze arrondissements ^le Paris ; L'administration du département de la Seine ; I^ tribumd de cassation et les commissaires de la comptabilité ^t dp la trésorerie nationale ;

L'Institut national des sciences et des arts , suivi d'un char onié de draperies , de drapeaux et de trophées , sur lequel était dressé le Faisceau , emblème de l'Union départementale. Après ce char venaient :

L'état-nuyor de la 17^ division et celui de la place ; I^s ambassadeurs et les envoyés étrangers ; I^s ministres de la République française et le Directoire exécutif.

1^ marche était fennée par la garde (hi Directoire.

Au moment de l'arrivée du cortège à l'autel de la Patrie , le Onservatoire de musicjue exécuta une symphonie, puis un détachement do trou])es entoura le char portant le Faisceau départemental.

Quand tout ce monde eut pris place, un silence religieux S'établit. Le Conservatoire chanta la Marseillaise et Merlin , président <lu Directoire , s'avançant vers la première marche de l'autel, prononça d'une voix forte et pénétrante, le discours suivant . annoncé par un coup de canon :

Cilovens .

Nous célébrons l'anniversaire d'un trionij)lie cher à la liberté. De jriandes époques ont marqué le coui-s de noire Uévolulion , et nous onl laissf'' d'immortels souvenirs; la journée du 14 juillet, nous olTre un sujet de rélieilalion , |,eut-étre l»lus encore ; ce fui notre première victoire , ce fut la source de toutes celles (pii depuis onl illustré les armes de la liberté» . et cimenté les éternels fondements de la République.

Chique année ramènera pour nous celte époque mémorable ; nous l'iionorerons

dignement , si nous signalons son retour par de nouveaux progrès dans la science de la justice et de la vertu , si chaque année nos travaux ont ac<;ru l'héritage de gloire et de prospérité que nous devons transmettre à nos neveux. Nous en déposerons l'hommage sur l'autel de la patrie , et nous présenterons au ciel et à la terre le plus sublime des spectacles : un grand peuple dans toute la dignité de sa nature , s'avançant vers le terme de ses destinées , aussi heureuses que brillantes.

Ces destinées , c'est au 14 juillet que nous en devons la bienfaisante révélation. Quels mouvements sublimes s'élevaient alors dans lous les cœurs ! avec quel charme les accents de la liberté se faisaient entendre ! La France entière semblait ne respirer qu'un même sentiment, n'être animée que d'une seule volonté, ne former qu'une seule famille. En vain le despotisme déployait tous les instruments de sa puissance ; en vain , déçu par un espoir insensé , il souriait à l'idée des crimes qu'il avait commis , et préparait des chaînes.... des chaînes pour des mains généreuses ! Mallieur aux oppresseurs ! Malheiir aux complices des tjrans î A la voix de la liberté , le peuple est debout ; il saisit le glaive de la justice , et ses ennemis ont disparu. Alors . sur les ruines de la tyrannie furent proclamées les maximes de la raison qui devaient consommer l'ouvrage de la bravoure ; alors furent mis en action ces deux éléments du caractère national, si longtemps méconnus , le courage et la sagesse ; et les bons esprits s'ouvrirent à l'espérance , quelquefois éloignée , jamais trompée , d'en retrouver les heureux produits dans un gouvernement républicain. Non , quoique le prestige des formes monarchiques ait encore survécu quelque temps au 14 juillet , le peuple français , depuis cette glorieuse journée , n'a jamais failli dans ses vœux ; il voulait la liberté , il voulait l'égalité , il voulait donc la République. J'en atteste les soldats citoyens et les citoyens-soldats qui scellèrent de leur sang cette grande victoire ; j'en atteste les magistrats qui se dévouèrent pour elle ; et vous tous qui , ne pouvant combattre et triompher avec eux , les entouriez de vos sollicitudes et jouissiez de leurs succès , n'est-ce pas pour la République que vous sentiez palpiter vos cœurs ? et la raison ne démontrait-elle pas à vos esprits que tant d'efforts ne pouvaient être dignement consacrés qu'à l'établissement d'un ordre de choses où l'autorité nationale cessât d'être le patrimoine d'une famille , et où les emplois publics ne fussent plus que la récompense temporaire des vertus et des talents ?

Français , rappeler votre attention sur ces grands événements, c'est déployer à vos yeux vos plus beaux titres de gloire.

Vous n'entendez qu'avec admiration le récit de ce qu'ont fait, pour la liberté , des peuples autrefois dignes d'elle; l'aspect des monuments de l'antiquité vous frappe , vous émeut ; ceux mêmes que votre valeur a transportés dans nos villes , vous ne les envisagez qu'avec un respect religieux.

Mais ces bronzes , ces marbres sont muets . ces toiles sont inanimées Jetez

les regards autour de vous : tout est plein de vous-mêmes ; vous entendez encore la

chate de la Bastille et du trône écroulé sous vos mains victorieuses; les siècles vieillissent et consacrent déjà les monuments de votre liberté. Le souvenir de vos aclioas respire sous vos veux , l'avenir se réalise et vit déjà dans vos esj)érances. Livrez-vous aux délicieuses émotions qui naissent de ces rapprochements ; que rien n'arrête le Ubrc essor de vos sentiments généreux , et que cette fête , embellie par les transports d'une joie noble et pure , s'agrandisse par les puissants eiïets des leçons de votre propre histoire.

Grâces soient rendues à tous les hommes dont les travaux ont concouru aux succès d'une cause aussi sacrée ;

Grâces soient rendues aux législateurs qui l'ont défendue dans le Sénat , et dont les délibérations ont si souvent jeté le trouble et la confusion dans les conseils des rois coalisés ;

(rrAces soient rendues aux magistrats qui l'ont servie dans les postes que le pwple leur avait confiés , aux guerriers qui pour elle ont bravé mille fois la mort , *Qx sages qui l'ont défendue par leurs écrits ! La reconnaissance nationale les proclame les fondateurs de la République ; la postérité les proclamera les bienfaiteurs du monde.

Vive la République !

I^^ canon retentit de nouveau et le Conservatoire chanta ^'^3/mne du 14 juillei.

■L»' année eut son tour, dans cette cérémonie, dont on peut ^^^ prendre la majesté. Elle exécuta , aux applaudissements de *oiile , des manœuvres et des évolutions qui « transportèrent t^Vibiic d'admiration et de joie ».

V^iiand les troupes se furent retirées et eurent livré le Champ

^ Alars au peuple , on procéda au gonflement d'un aérostat

^ s'éleva dans les airs au son des musiques militaires. Le

,^^t^ge, témoin de cette expérience, rentra à la maison du

^'^^mp de Mars en suivant le côté des talus opposé à celui par

*^Viel il était venu.

^ 3es salves d'artillerie annoncèrent son arrivée à l'Ecole -^Xitaire.

X^ soir, on remarquait l'illumination « riche et pleine de [^^^"Ot » qui dessinait l'architecture du Palais du Conseil des ciens, du Conseil des Cinq Cents et celui du Directoire.

28 et 29 Juillet 1798.

(9 BT 10 Thermidor as VI).

FÊTE DE lA LIBERTÉ ET ENTRÉE TRIOMPHALE DES MONUMPINTS RECUEILIJS EN ITALIE.

" :0 thermidor an VI {'28 et 29 juillet ^) , Paris célébrait les fêtes de la !rté. Elles furent exceptionnelleent remarquables et se signalèrent r l'entrée triomphale des objets de sciences et d'arts recueillis en Italie, à Parme, Bologne, Modène, Monza , Pavie , Venise , Rome , Vérone, Massa, Foligno,Livoume, irette, Ferrare, Mantoue, Pérouse, Cento, Pesaro, MUan, Crémone, Fano etTrévise.

Le premier jour, ces objets furent reçus par le ministre de l'Intérieur accompagné de l'Institut national des Sciences et des Arts. Le second jour , ils furent officiellement présentés au Directoire exécutif.

Le 9 thermidor , à neuf heiires du matin , tous les fonctionnaires , tous les invités qui devaient accompagner « les monuments antiques et autres fruits de nos conquêtes » , se réunirent sur la rive gauche de la Seine , près du Muséum d'histoire naturelle.

Les chars portant les monuments étaient ornés de trophées et de guirlandes de fleurs et rangés dans un ordre prescrit à l'avance.

La marche était ouverte par un détachement de cavalerie et par un corps de musique militaire. Le cortège et les chars formaient trois grandes divisions.

Toutes les parties du monde , disait le Moniteur, ont été mises à contribution lH>ar enrichir la plus belle de nos fêtes , pour la rendre aussi pompeuse que le fut celle des Romains , le triomphe de Paul-Emile.

En avant de la première division , apparaissait une bannière sur laquelle on lisait : Histoire naturelle. Cette bannière était suivie des professeurs-administrateurs du Muséum , des élèves et amateurs que ces professeurs avaient désignés et auxquels avaient été distribuées des cartes d'admission dans le cortège. Ces élèves et amateurs marchaient des deux côtés des chars de cette première division.

Le premier char portait des minéraux. Inscription : Chaque f^^^y VArty découvre des propinétés nouvelles.

l«e deuxième, des pétrifications de Vérone. Inscription: ™onunienis de V antiquité du globe.

Le troisième, des graines de végétaux étrangers. Inscription : ^lles multiplie^vnt nos richesses et nos jouissances.

Le quatrième , des végétaux étrangers vivants. Inscription : Cocotier y Bananier, Palmie^\ Le cinquième , un lion d'Afrique.

Le sixième, une lionne.

Le septième , une lionne du désert de Zara. *^ huitième, un ours de Berne, tenaient ensuite deux chameaux et deux dromadaires. 1^ neuvième, des outils, instruments, ustensiles d'agriculture en usage dans l'Italie. Inscription: Céo^ès sountànos trophées. I^ dixième , deux blocs de cristal. Inscription : Don fait par la habitants du Valais à la Bépublique française.

Un détachement de troupes terminait cette division du cortège.

La bannière marchant en avant de la deuxième division, portait comme inscription: Livres y ^nannscHtSy médailles^ musiques y caractères iVimjyrimerie de langues orientules.

Les Sciences et les Arts soutiennent et embellissent la Liberté.

Venaient ensuite un chœur de musiciens chantant des hymnes patriotiques ; des députations des sociétés libres s'occupant de sciences et d'arts; des députations d'artistes des principaux théâtres ; des artistes typographes ; les conservateurs des bibliotlièques publiques ; les professeurs de l'Ecole polytechnique ; les professeurs du Collège de France; ces derniers portaient le buste d'Homère , posé sur un trépied antique.

Devant le buste d'Homère paraissait une bannière sur laquelle on lisait : Sept villes se disputèrent rhonneifr de lui avoir donné naissance.

Au-dessous du buste on pouvait lire :

Ce génie a créé son art et ses rivaux ; Il n'eut point de modèle et n'aura point d'égaux.

(lebrun).

Les professeurs de l'Ecole Centrale suivaient le buste du poète ; ceux des élèves de l'Ecole qui s'étaient distingués dans leurs études marchaient des deux côtés des chars de cette deuxième division. Ces chars étaient au nombre de six, et contenaient des manuscrits, des livres rares, des médailles. On lisait sur les chars les inscriptions suivantes :

Aliment du jeime âge et charme des vieux jours.

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