UNE COURSE A PIED AU CHAMP DE MARS
ï goûtées autrefois , les courses à pied
ilaient tombées, à la Un du XVIII" siècle,
ians le plus profond discrédit. 11 y avait
jien , de temps à autre . quelques coureurs
soles, des H dératés »i comme on les appelait;
mais les courses réglementées avaient ù
peu près disparu quand lea fêtes de la
période révolutionnaire, les remirent un
instant à la mode.
Définitivement, elles s'éloignèrent avec le régime qui les
^*vaît fait renaître et cédèrent la place aux courses de chevaux
*^ui, .sous prétexte d'amélioration de la race, sont entrées
aujourd'hui si intimement dans nos moeurs.
Cependant , le 4 septembre 1826 , une expérience intéressante a\^it lieu au Champ de Mars. A 5 heures précises , un jeune îiomme nommé Rumniel paraissait dans l'enceinte et courait seul pour ne s'arrêter qu'après avoir fait six fois le tour de l'immense plaine.
Il courait méthodiquement. Ses mouvements fort étudiés, étaient moins rapides que réguliers et ne se ralentirent pas un moment.
Chaque tour effectué , il saluait le public par un geste de la main et continuait. Les yeux des spectateurs pouvaient le suivre
dans toute l'étendue du Champ. Il était vêtu d'un pantalon bleu et d'une veste écarlate.
Quelques secondes avant la quarante-huitième minute , il atteignit le but , salué par les applaudissements de la foule.
En un peu plus de trois quarts d'heure, Rummel avait parcouru douze kilomètres. Cette course extraordinaire ne parut pas l'avoir fatigué outre mesure , car ayant accompli la tâche qu'il s'était donnée , il repartit presque aussitôt , toujours courant, et disparut aux regards du public ébahi.
29 Avril 1827.