L'ASCENSION DE BLANCHARD
2 mars 1784 eut lieu , encore au Champ de Mars, une nouvelle ascension aérostatique fort intéressante. Il s'agissait cette fois d'une tentative de direction aérienne qui, du reste, échoua d'une manière absolue.
Deux ans a^ant la célèbre épreuve
d'Annonay, J.-P. Blanchard, mécanicien
habile, avait construit ce qu'il appelait
un vaisseau volant , mais aucune expérience concluante n'était
venu appuyer les affirmations de l'inventeur.
Quand la découverte des Montgolfier fut mieux connue; quand l'homme, gouverné il est vrai par le vent, eut enfin conquis le droit de circuler librement dans les airs , Blanchard songea immédiatement aux moyens de diriger les aérostats , et voulut appUquer à cette direction le propulseur à rames qu'il avait imaginé.
L'ateUer de Blanchard était situé rue Pavée Saint- André-des- Arts {aujourd'hui rue Séguier) ; c'est là qu'il s'était mis résolument à l'iBU^Te. Dès qu'il crut avoir réussi , il annonça une première expérience pour le mois de février 1784. Retardée par
de 15 ans , c'est là une erreur. Napoléon a pris plus tard le soin de démentir le fait , et on sait d'ailleurs aujourd'hui le nom du fanatique et malencontreux aéronaute : il s'appelait Dupont de Chambont, et était élève de l'Ecole de Brienne.
Libre enfin, et non sans peine, Blanchard put effectuer son ascension; il était midi et demi.
L'inventeur, par trop confiant, avait affirmé qu'il descendrait à la Villette , où il était attendu. Les courants aériens en disposèrent autrement et le portèrent à Billancourt, où il tomba doucement à deux heures, après un traînage de quelques instants, sur le chemin de Versailles, près la verrerie de Sèvres.
Cet insuccès , facile à constater pour tous ceux qui avaient suivi l'opération dans toutes ses phases , n'empêcha pas Blanchard de dire et d'écrire qu'à certains moments de son voyage ^ il avait réussi à se diriger.
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