‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 93 sur 99 · LOUIS-NAPOLÉON · texte numérisé non relu

LOUIS-NAPOLÉON

Par le Prince Président :

Le Ministre de la Guerre y A. DE Saint-Arnaud.

Le Ministre de la Marine et des Colonies , Théodore Ducos.

Parvenu au trône , Napoléon III avait rétabli , le 4 mai 1854, la garde impériale. Au début , l'effectif de cette garde était peu considérable , mais , il avait été augmenté à diverses reprises et, en 1865, il comprenait, pour l'infanterie, trois régiments de grenadiers et quatre régiments de voltigeurs à quatre bataillons ; un régiment de gendarmerie et un régiment de zouaves à deux bataillons; un bataillon de chasseurs.

La cavalerie avait un escadron de cent gardes ; deux régiments de cuirassiers ; un régiment de guides ; un régiment de chasseurs ; un régiment de lanciers ; un régiment de dragons ; un escadron de gendarmerie.

L'artillerie avait un régiment de six batteries montées ; un régiment de six batteries à cheval ; un escadron du train , de deux compagnies.

Le génie avait une division.

Présentée ainsi, la garde impériale offrait, sur le pied de guerre , un effectif de 54.650 hommes.

Pendant toute la durée de l'Empire , le Champ de Mars vit souvent réunies ces troupes d'élite dont les costumes resplendissants sont restés dans tous les esprits.

Ces troupes se composaient :

Pour la garde impériale , de trois régiments de voltigeurs , du 2^ régiment de grenadiers , du bataillon de chasseurs à pied . du régiment de gendannerie, des deux régiments de cuirassiers, de deux batteries d'artillerie à cheval, d'une compagnie du train des équipages . commandés par les généraux Camou , Morris et Meliinet.

Pour la ligne , des divisions Forey , Ladmirault , Uhrich et Vinoy , comprenant trente-quatre bataillons d'infanterie , trois bataillons de la garde de Paris et un bataillon de sapeurspompiers ; une division de cavalerie composée de vingt-quatre escadrons ; trois escadrons de la garde de Paris , commandés par le général d'AUonville.

Sept batteries d'artillerie étaient placées sous les ordres du général Beuret.

Le commandement supérieur des troupes était confié au général Regnaud de St-Jean d'Angely, commandant en chef la garde impériale.

A deux heures , le général Magnan suivi de son état-major , arriva au Champ de Mars. x\près avoir parcourûtes lignes, il se plaça devant l'Ecole militaire et les troupes défilèrent aux cris répétés de vive l'Empereur.

Le 31 janvier 1859, le prince Napoléon, fils du prince Jérôme, ancien roi de Wesphalie, devait épouser la princesse Marie- Clotilde , fille de Victor-Emmanuel , roi de Piémont. C'était un mariage politique, gros de conséquences pour Tavenir. Il semblait impliciuer , de la part du gouvernement impérial , la résolution d'intervenir dans les affiûres d'Italie et de ne pas pennettre l'extension de l'influence autrichienne dans la Péninsule.

L'Autriche le sentit si bien qu'elle concentra immédiatement une année sur ]a frontière sarde et que les rapports se tendirent à l'extrême entre les cours de Paris et de Turin et la cour de Vienne. La guerre semblait inévitable, surtout après l'envoi à Turin d'un ultimatum autrichien, qui réclamait le désarmement

immédiat du Piémont. Le gouvernement français déclara qu'il considérerait le passage du Tessin par les Autrichiens comme une déclaration de guerre.

Le 29 avril 1859 , les Autrichiens passaient le Tessin.

Pendant que se préparaient ces événements, Napoléon 111 avait voulu jeter un dernier coup d'œil sur sa garde . qui, vraisemblablement, allait avoir sous peu à combattre de nouveau et à renouveler les exploits héroïques, mais stériles, de la guerre de Crimée. Le 20 mars il passa au Champ de Mars une revue de la garde impériale.

L'Empereur était à cheval, il avait à sa droite le prince Jérôme, et à sa gauche le prince Napoléon. Derrière lui venaient le ministre de la guerre , le maréchal Magnan , le maréchal Randon, le général commandant en chef les gardes nationales de la Seine , suivis de nombreux généraux et de quelques officiers étrangers.

Le général Regnaud de St-Jean d'Angely, entouré de son état-major, reçut Napoléon III à l'entrée du Champ de Mars.

Les troupes formées sur neuf lignes dessinaient un immense rectangle.

En faisant face aux bâtiments de l'Ecole militaire on avait devant soi, sur deux lignes, la division du génie, le bataillon de chasseurs à pied , le régiment de zouaves et le régiment de gendarmerie ; à droite, sur trois lignes, les régiments de voltigeurs et les régiments de grenadiers; à gauche, sur trois lignes, la cavalerie; enfin, derrière soi, l'artillerie et le train des équipages.

Le souverain fut accueilli par de vives acclamations lorsqu'il passa devant le front des troupes.

L'Impératrice et le prince impérial qui portait l'uniforme du jer régiment de grenadiers de la garde, sur les contrôles duquel il était inscrit, étaient arrivés quelques instants après l'Empereur, en calèche découverte et avaient pris place au balcon de l'Ecole militaire.

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L'Empereur s'élant placé devant le pavillon central remit des décorations de la Légion d'honneur et des médailles militaires à des officiers , sous-officiers et soldats présentés par le ministre de la guerre. Le défilé eut lieu immédiatement après. Cette revue fut splendide.

Qu'on nous pardonne de ne point insister davantage sur les revues impériales. Le Moniteur universel et le Journal officiel en ont mentionné un nombre considérable pendant ce règne de dix-huit années. Toutes ces revues ont fait le plus grand honneur à l'armée impériale. Le pays doit à ses généreux efforts , un souvenir ému , respectueux et reconnaissant.

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L'EXTOSITION UNIVERSKLLK DE 18(Î7.

ière des expositions internationales est jne idée française ; en 1849, elle avait été émise dans nos asseiubléeR délibérantes. L'Angleterre s'est empressée de la mettre à profit et l'a appliquée eu 1851. Nous la lui avons reprise deux ans plus tani.

I^ 8 murs et le 22 juin 1853, deux décrets impériaux ordonnaient la réalisation d'une exposition universelle pour 1855.

Cette exposition devait s'ouvrir et s'ouvrit en effet du 1" mai au 30 septembre. AUn de lui donner un logis digne d'elle, on construisit . pour la recevoir, aux Champs-Elysées, sur les dessins de M. Viel . aroliitecte . et aux fniis d'une Compagnie concessionnaire, un palais qu'on appela le Palais de Vliidustne. L'emplacement étant insuffisant, on dut créer sur le bord de l'eau une grande galerie reliée au palais lui-même par des jardins et par une galerie de jonction.

Aujourd'hui , notre système de classification des produits exposés en 1889, comprend 85 classes, en 1855 il était fort simple et n'en mentionnait que 27. L'emplacement réservé aux exposants était alors de 152,052 mètres carrés.

Dans cet espace prirent place 11,763 exposants français et

IL 121 exposants étrangers; le nombre des visiteurs s'éleva à 5,162.330, et le produit des entrées atteignit le chiffra de 3,202^485 francs.

L'organisation de l'Exposition universelle de 1855 avait été conliée à une commission nommée par décret du 24 décembre 1853, et placée sous la présidence du prince Napoléon. Le prince avait près de lui trois vice-présidents : MM. Troplong, Baroche et Billault.

C'est seulement en 1865 que l'Exposition universelle de 1867 fut résolue.

Deux décrets en date du V^ février et du 4 mars, instituèrent la Commission impériale qui devait être chargée de la direction et de la surveillance des opérations.

Présidée par le prince Napoléon , assisté de trois vice-présidents : M. Routier, Ministre d'État; M. Béhic, Ministre de l'Agriculture , du Commerce et des Travaux Publics ; M. le Maréchal Vaillant, Ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-x\rts, et de M. Le Play, commissaire général, cette Commission fut composée de soixante membres , et se réunit pour la première fois le 7 avril.

Elle s'occupa tout d'abord de former l'association de garantie, et lixa le minimum du capital à souscrire à la somme de huit millions.

L'appel adressé aux souscripteurs donna des résultats inespérés ; le 20 juillet 1865 , date fixée pour la clôture des listes , la Commission constatait un apport de 10,347,000 francs.

Ceci fait , il fallait entrer résolument dans le vif de la question. Le choix de l'emplacement fut, comme on pouvait s'y attendre , l'objet de vives et longues discussions.

Pour cette solennité , à laquelle il importait de donner un grand éclat , on parla successivement d'utiliser : le Champ de Mars; le Palais de l'Exposition permanente d'Auteuil; d'étendre à l'aide de constructions annexes , le Palais de l'Industrie, érigé aux Champs-Elysées pour TExposition de 1855 ; de s'emparer

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i/exposition universelle de 1867. 395

du vaste terrain des docks de Saint-Ouen ; de choisir le quartier Monceau . ou enfin de s'établir à Courbevoie , près du pont de Neuilly.

Tout bien examiné, le choix définitif de la Commission impériale se porta sur le Champ de Mars , qui semblait propre à remplir, mieux que tout autre emplacement , le programme dont on avait déjà arrêté les grandes lignes.

La surface utilisable , en chiffres ronds , était de 45 hectares ; de larges voies conduisaient sur ce point de Paris admirablement situé , et assuraient aux voitures ou aux piétons une circulation régulière et rapide. On avait compris aussi que la Seine pouvait être d'un puissant secours , spécialement au point de vue des moyens de communication qu'elle offrait , non-seulement pour le transport peu coûteux des matériaux , mais encore pour celui des \âsiteurs ; d'autre part , la proximité d'une voie de fer permettait de se tenir en rapport constant et direct avec les grandes Compagnies.

En créant les Bateaux-Omnibus et la voie qui relie la gare de Grenelle au Chemin de fer de Ceinture , on rendait immédiatement la situation tout-à-fait exceptionnelle. Ces projets réalisés, aucun lien ne pouvait mieux convenir à la grande manifestation nationale qui se préparait.

En effet , cette solution , la seule désirable , on l'a bien vu depuis , donna pleine satisfaction à tous les intérêts en présence, elle assura le succès de l'Exposition de 1867, la plus intéressante, la plus productive et la plus vivante qu'il nous ait été donné de voir. 52,200 exposants parmi lesquels 15,969 Français y prirent part.

Ouverte officiellement le P'' avril 1867 par l'Empereur et par rimpératrice , accompagnés du Prince d'Orange , du Comte de Flandre , du Duc de Leuchtenberg , du Prince et de la Princesse Murât, l'Exposition fenna ses portes le 3 novembre, tout en laissant au public l'entrée dans les jardins , jusqu'au 21 du même mois. Pendant ce laps de temps, comprenant 235 jours,

élevées à 26,114,662 09

et les dépenses à 22,983,817 99

Les opéra tic tts de la Comiuission impériale se soldèrent par un excédent de recettes de 3,130,844 10

L'ouverture des chantiers du Champ de Mars avait eu lieu à la fin d'octobre 1865 ; au mois de juillet 1866 , le chiffre des ouvriers employés aux travaux , avait atteint 1,477.

I^ surface du Palais proprement dit était , en mètres carrés ,

de 165,816 mètres.

. Celle du parc , de 245,174 —

Celle du jardin, de 48,350 —

Ce qui donnait , pour le Champ de Mars seulement , une surface de 459,340 mètres.

A cette surface, heureusement insuffisante, il convient d'ajouter, si l'on veut savoir exactement quel était l'emplacement réservé à TExposition toute entière :

P La surface de la berge , ({ui était de 8,395 mètres carrés ; — 2" Celle de l'Exposition annexe de l'île de Billancourt , qui était de 220,000 mètres carrés. Ces deux derniers chiffres, ajoutés aux précédents , donnaient à l'Exposition de 1867. une surface totale de 687,835 m. carrés.

Le jmy des récompenses décerna pour cette Exposition , 64 grands prix, 833 médailles d'or, 3,650 médailles d'argent, 6,565 médailles de bronze , et 5,800 mentions honorables.

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