‹ Le chancre de la muqueuse pituitaire et en particulier sa forme latenteChapitre 25 sur 40 · L. BrumMPT et les examens sériques par M. DENNON- CHE · texte numérisé non relu

L. BrumMPT et les examens sériques par M. DENNON- CHE

CHÉéré.… Victor, 38 ans, coiffeur, entre dans la salle Brocq, pavillon Landouzy, à l'hôpital Cochin, le 5 novembre 1938.

Il présente une eruption syphilitique typique qui est apparue depuis 5 à 6 jours et qui s’accompagne de faiblesse, La température oscille entre 37°8 et 38°2.

L’éruption occupe surtout la face et la partie supérieure du tronc et des bras; c’est là qu’elle est apparue en premier lieu. Les éléments sont beaucoup plus discrets sur la partie inférieure du tronc et la racine des cuisses. C’est un type de roséole rémontée de Jeanselme. Les éléments ne sont qu’en partie ceux d’une roséole. À côté des taches érythémateuses, il en est d’autres papuleuses, c’est-àdire saillantes, infiltrées, qui, sous la pression du doigt, ne s’effacent pas complètement. Beaucoup d'éléments sont squameux, en particulier à la face.

L’éruption de la face et de la partie supérieure du tronc est beaucoup plus fournie. Il existe aussi des éléments squameux dans le cuir chevelu.

Sur le gland, on voit une lésion ulcéreuse dans la fossette du frein, et 2 papules érosives sur le gland. Les 2 amygdales ont leurs surfaces complètement exulcérées ; on se demandait s’il s’agissait

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de plaques muqueuses ou de chancre. Le toucher montre une légère induration.

Ce n’est qu'après plusieurs jours que l’on a remarqué un gonflement de la narine gauche et que l’on a recherché un chancre endo-nasal,

Sur la cloison, commençant environ à un demi em. du bord libre se trouvait un chancre absolument typique, haut de 1 cm et demi, large de 1 em, un peu surélevé, à surface rouge. Lorsqu'elle a été détergée d’une petite fausse membrane, elle nous a montré une surface un peu creusée et en cupule. Le toucher nous a montré une induration cartilagineuse qui semblait épaisse de plusieurs mm.

Il n'existait pas d’adénopathie, ni dans les aines, ni dans les aisselles. On a trouvé un ganglion épitrochléen gros comme un pois, à gauche; des ganglions trapéziens des 2 côtés et sous la mâchoire du côté gauche, plusieurs gros ganglions.

L’examen général nous montre une rate augmentée de volume et percutable sur 3 travers de doigts.

La tension est de maximum 14, minimum 8, moyenne 11, index 3.

Urine normale.

L'examen à l’ultra microscope nous a montré des tréponèmes typiques.

WASSERMANN + + + Autres réactions sériques + + + Verne : 51.

Une ponction sternale a été faite qui n’a décelé aucun tréponème dans le suc médullaire.

Le 10 Novembre, le traitement a été commencé. A ce moment, l’éruption syphilitique s’est étendue

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à presque tout le corps. Il a été fait 3 injections de novarsenobenzol 0,90, 3 jours de suite. La première a été suivie d’une réaction thermique à 39°. Après cet assaut arsénobenzolique, très bien supporté, il a été fait une série de bismuth.

Le nez a dégonflé quelques jours après le début du traitement et le malade a pu sortir le 18 novembre, ses accidents syphilitiques ayant complètement disparu.

En somme, il s’agit d’un chancre de la muqueuse pituitaire dont l’évolution a été absolument latente. Il n’y eut jamais de signes fonctionnels. Le diagnostic ne fut fait que par l’apparition d’une syphilis secondaire qui se présenta sous la forme classique de roséole remontée papulo-squameuse.

L’état général était, comme il est encore classique, assez touché: fatigue, fièvre, hypertrophie splénique supérieure à celle observée d’habitude.

BERTONIN (Lyon Médical, 12 Janvier 1936)

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