CHANCRE DU CORNET INFÉRIEUR
Jeune femme qui, le 10 Janvier 1934, se présenta à la consultation O. R. L. du dispensaire général; elle disait être malade depuis 3 semaines, à la suite de l’avulsion de la 2° prémolaire gauche supérieure, Elle avait présenté un œdeme considérable de la joue qui avait d’ailleurs regressé en partie, un écoulement nasal assez épais et des douleurs sus et sous orbitaires gauche, violentes, diurnes. On l’avait traitée pour sinusite, sans résultat,
Elle est mariée, n’a jamais eu d’enfants ni de fausses couches.
A l’examen, tuméfaction rouge, chaude, siégeant sur la partie externe de l’os propre gauche, s’étendant un peu en dehors de lui, au-dessous de la partie interne du rebord orbitaire inférieur, L’os propre lui-même était épaissi ; cette région était le siege de douleurs intolérables.
Les ailes du nez étaient intactes ; le pourtour de l’orifice narinaire était rouge et un peu ulcéré par suite de la secrétion abondante qui lirritait constamment.
La rhinoscopie antérieure permit de constater une obstruction nasale unilatérale complète; le cornet inférieur tuméfié était appliqué contre la cloison. Après une pulvérisation de cocaïne et l’introduction d’une petite mèche imbibée d’adrénaline, l’aspect changea ; la partie inférieure du cornet blanchit, se rétracta, et se colla contre le sque-
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lette, mais la partie supérieure demeura isolée, volumineuse, et on se rendit compte qu’il existait sur sa face interne une ulcération recouverte d’un exsudat blanchâtre, non bourgeonnante et dont il n’était pas possible d'apprécier l’étendue dans le sens antéro-postérieur.
Le stylet montra l’indolence et la rénitence de cette surélévation et le contact n’entraîna aucune hémorragie. La muqueuse de la cloison en face de cette ulcération était elle-même un peu érodée. Le cornet et le méat moyen furent mal vus, mais parurent normaux.
À la transilhumination, les sinus frontaux et maxillaires s’éclairent parfaitement des 2 côtés.
Dans la région sous angulo-maxillaire gauche, la palpation permit de découvrir quelques ganglions un peu hypertrophiés et empâtés, peu sensibles à la pression, le plus gros avait le volume d’une cerise.
L'état général paraissait peu atteint, la température ne fut pas prise.
L'examen de la bouche et du pharynx ne montrait aucune plaque muqueuse ni ulcération suspecte; aucune trace d’ulcérations sur le corps.
Une série d’injections de muthanol fut entreprise. En deux jours, amélioration notable, gêne respiratoire atténuée, douleurs disparues, os propre diminué de volume, peau tendant à reprendre sa coloration normale.
A la cinquième injection, tous les symptômes avaient disparu, sauf l’adénopathie qui persista pendant 1 mois.
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Le 26° jour, au cours d’un examen systématique, on découvrit quelques taches roses sur la face antérieure du thorax et dans le dos qui relevaient évidemment d’une roséole très discrète.
La recherche du tréponème sur l’ulcération n’a pas été faite.
PITRE (Lyon Médical, 25 Mars 1932)