CHANCRE SYPHILITIQUE DU CORNET INFÉRIEUR
Homme âgé de 45 ans, chauffeur dans une usine, éthylique; nie avoir eu des accidents syphilitiques antérieurs; a une fille bien portante; ultérieurement, sa femme a eu un accouchement prématuré de 6 mois et une fausse couche il y a plusieurs années.
Deux mois avant son examen, apparut une céphalée très vive avec douleurs dans la moitié gauche de la face qui cessa spontanément au bout de 8 jours.
Petit à petit s'installa une obstruction nasale gauche avec écoulement séreux. Un médecin consulté à ce moment prescrivit un traitement local pour hypertrophie des cornets. Six semaines après ces accidents survint une éruption cutanée non prurigineuse.
Actuellement, se plaint d’obstruction nasale gauche avec écoulement séro-purulent et surdité du même côté, les douleurs céphaliques ont cessé ; l’état général est satisfaisant.
La peau des parois latérales et de la pointe du nez est rouge, infiltrée, comme cartonnée; légère folliculite narinaire. La rhinoscopie antérieure révèle une obstruction nasale complète du côté gauche due au gonflement de la muqueuse de la cloison du cornet inférieur. Cette muqueuse est rouge, couverte de muco-pus et se rétracte mal sous
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l'influence de la cocaïne adrénalinée, On aperçoit sur la face supérieure une petite ulcération à bords surélevés et sur le point correspondant de la cloison une autre petite érosion.
L'infiltration de la muqueuse s’étend jusqu’au niveau de la choane gauche. Le bord postérieur du vomer est très épaissi.
Adénite et péri-adénite sous angulo-maxillaire gauche; quelques petits ganglions carotidiens mobiles.
Il existe sur tout le corps des syphilis papuleuses et à gauche du frein de la langue, une plaque érosive (examen fait par M. le professeur NICOLAS).
L'histoire clinique du malade dont les premiers accidents se manifestèrent du côté de la fosse nasale gauche et furent suivis 6 semaines après d’accidents secondaires cutanés et muqueux ; l’absence de lésions primitives sur les organes génitaux, paupières, lèvres, etc. et la présence d’ulcérations sur la pituitaire s’accompagnant de péri-adénite sous maxillaire permettent d’affirmer que la porte d'entrée du tréponème fut au niveau du cornet inférieur. L’habitude qu'avait le malade de porter ses doigts dans son nez laisse supposer que les doigts furent l’agent de transmission.
MILLIAN ET BAUSSAU Société de Dermatologie et Syphiligraphie (11 février 1932)