CHANCRE SYPHILITIQUE DE LA MUQUEUSE PITUITAIRE
Le nommé R..., porteur à la gare de l’est, entre salle St-Louis le 25 janvier 1932 pour éruption généralisée datant de 10 jours. I s’agit de roséole typique avec quelques syphilides papulo-squameuses ; la rate est percutable sur 4 travers de doigt.
AVESNES ENR
Pas de chancre génital ou anal, pas d’adénopathie inguinale, pas de chancre de lèvre, langue, amygdale. Le malade n’a pas eu d’angine.
Mais tuméfaction petrargienne du côté droit, arrondie, du volume d’une noisette, recouverte d’une croutelle sous laquelle suinte une sérosité gommeuse ; cette petite tumeur est dure, peu douloureuse, nettement sous cutanée, mais adhérente à la peau. Il s’agit d’une adénite fistulisée. Du même côté, dans la région sous angulo-maxillaire, on trouve un ganglion de la grosseur d’une olive et 6 à 7 petits ganglions durs, mobiles, indolores.
L'interrogatoire apprend que le ganglion pétrargien a été remarqué par le malade 15 à 20 jours avant l’apparition de la roséole et qu’il s’est fistulisé à la peau 8 à 10 jours après son apparition.
LAN Can
On constate, en écartant la narine droite, pour découvrir la cloison, une ulcération de la taille d’une pièce de 1 franc située sur la face droite de la cloison à 1 cm environ de l’orifice narinaïire. Les contours sont nettement délimités, elle est ovalaire à grand axe antéro-postérieur, sa moitié inférieure seule etant visible sans le recours du speculum nasi. Son fond est lisse, couleur chair musculaire et non suintant. Le 2 février 1932, il est recouvert d’une croûte noirâtre.
Le tréponème n’a pas été trouvé sur l’ulcération, sa recherche ayant malheureusement été faite 5 jours après une injection de 0,30 de Novar.
Néanmoins, le caractère de l’ulcération et l’existence d’adénopathie satellite unilatérale ayant précédé l’éclosion des accidents cutanés secondaires permettent de poser en toute certitude le diagnostic de chancre syphilitique de la pituitaire.
La nature du contact infectant n’a pu être élucidée. Après 2 injections de Novar, le chancre a nettement diminué, mais il est encore visible.
VALLERY (Lyon Médical, 27 Décembre 1931)