CHANCRE DU MENTON
lomateux et persister longtemps dans cet état. La transformation verruqueuse même n'est pas exceptionnelle.
Comme tous les autres chancres, le chancre du menton est accompagné d'induration, d'engorgement ganglionnaire, symptôme sur lequel je m'abstiens de revenir ici.
Le diagnostic est à faire avec répithélioma et le sycosis parasitaire ou la mentagre. Ce sont en effet les deux affections que l'on confond le plus souvent avec le chancre du menton.
L'épifhélioma se présente sous la forme d'une ulcération papillomateuse, fongueuse, saignante et douloureuse. Les hémorrhagies font défaut lorsqu'il s'agit d'un chancre, ainsi que les douleurs, souvent extrêmement vives dans l'épithélioraa. Si nous ajoutons que l'épithélioma se développe chez les gens âgés et que les deux lésions ont une évolution tout à fait différente, on comprendra que, le plus souvent, il sera facile de faire le diagnostic, au moins au bout de quelques jours.
La mentagre. quand elle se complique d'ulcération, est une lésion suppurative, composée de pustules, de croûtes et de tubercules indurés. La plaque ulcérée ne ressemble que fort peu au chancre syphilitique papillomateux. On ne trouve pas, dans le sycosis, cette induration particuHëre de la base du chancre, et, si l'on presse les bords delà plaque, on fait sourdre,
V* , sur toute la surface, des boyaux semblables à du vermi-
< ff' ^ celle, de petits b oudins de pus con cret qui sortent des
orifices pilo-sébacés. Après leur expulsion, la lésion
'41/ ^s a un aspect d'écumoire qui est un des caractères les
plus importants pour le diagnostic. Enfin, chose
capitale, il n'y a pas d'engorgement ganglionnaire.
Descendons maintenant sur le thorax et voyons s'il y a des chancres qui se distinguent du chancre ordinaire de la peau par quelque particularité.
Il y en a un, c'est le chancre du sein.
Le chancre du sein est habituellement le chancre des nourrices, le chancre contracté en allaitant des nouveau-nés atteints de syphilis héréditaire. Ce chancre peut se montrer aussi à la suite d'attouchements ou de baisers donnés par des syphilitiques, mais ce sont des cas exceptionnels, et presque toujours le chancre du sein est le chancre de l'allaitement. Cette origine explique qu'il siège presque exclusivement sur le mamelon et Taréole, et c'est là seulement qu'il présente des caractères spéciaux. Le chancre de la peau du sein n'a rien qui le distingue du chancre syphilitique ordinaire du tégument cutané.
Quelquefois unique, parfois multiple, le chancre atteint tantôt l'aréole, tantôt le mamelon, se montrant comme une exulcération dure, surélevée, lisse et rouge, accompagnée d'engorgement ganglionnaire axillaire.