DE LA SYPHILIS
Comme complément de l'étude du chancre chez riiomme, j'ai l'intention de traiter dans ce chapitre de la microbiologie de la syphilis et de la syphilis expérimentale ; j'entends sous ce nom la syphilis inoculée aux animaux, bien qu'il fut un temps où des médecins, Gibert, entre autres, et l'anonyme du Palatinat n'hésitèrent pas à inoculer la syphilis à l'homme.
Toutes réserves faites sur la moralité de ces expériences humaines, on peut néanmoins retenir les résultats qu'elles ont donnés. Elles ont permis de démontrer deux faits de la première importance :
1** Le chancre syphilitique, non plus que les lésions secondaires telles que les plaques muqueuses, ne sont réinoculables à un sujet déjà infecté : donc
* Tout ce qui, dans ce chapitre, a trait à la syphilis expérimentale a fait l'objet d'une leçon publiée dans la Revue scientifique^ du 20 août 1904. Les éléments de cette leçon m'avaient été obligeamment fournis par le D' Salmon, qiii a collaboré aux expériences de M. Metchnikoii à l'Institut Pasteur.
la syphilis ne récidive pas; tout syphilitique est réfractaire à une nouvelle intoxication.
2^ Non seulement le chancre est inoculable sur un sujet sain, mais les accidents secondaires, les plaques muqueuses, sont également inoculables et, par conséquent, virulentes et contagieuses, ainsi que l'ont prouvé les coupables et célèbres expériences de Gibert.
Ces inoculations humaines ont contribué également beaucoup à établir la distinction du chancre simple et de la syphilis, le premier étant indéfiniment réinoculable sur le même sujet, tandis que le chancre syphilitique ne Test pas.
Les faits que je viens de rappeler sont déjà connus d'ancienne date. Pour les expliquer, pour expliquer la contagion, la virulence et Tinoculabilité de la syphilis, on a cherché à découvrir son parasite^ virulence étant aujourd'lmi, pour nous, synonyme de parasitisme.
Beaucoup de bactériologistes — de profession ou d'occasion, — avec plus ou moins de compétence, ont cherché le microbe de la syphilis, toujours avec un égal insuccès. Toutes les formes bactériennes, toutes les variétés de parasites ont été décrites tour à tour : des cocci, des bacilles, des amibes, des protozoaires, des trypanosomes, des parasites végétaux ou animaux et, de tous ces parasites, plus ou moins bien observés, aucun n'était le vrai : l'agent figuré de la syphilis restait toujours inconnu.
On a même, dans ces derniers temps, essayé de