SYPHILIS DES ANIMAUX
ont tenté d'inoculer la syphilis aux animaux. Les études bactériologiques semblaient, en effet, avoir plus de chances de réussir dans la syphilis expérimentale animale que dans la syphilis humaine, à cause de la facilité plus grande de varier les procédés d'investigation.
Il y a longtemps, d'ailleurs, qu'on avait essayé d'inoculer la syphilis aux animaux.
Dès 1818, Velpeau avait expérimenté sans succès sur des lapins, des chiens et des moutons. D'autres, sans plus de succès, tentèrent d'inoculer la syphilis à des bœufs, à des chats, à des chèvres, à des lièvres, à des cobayes, à des rats, à des pigeons et, même, à des salamandres et à des grenouilles ; c'est vous dire qu'à peu près toute la série zoologique a fourni des sujets d'expérience sans résultat.
Cependant, à côté de ces tentatives négatives, il faut citer quelques expériences, dont les auteurs ont publié les résultats qu'ils ont considérés comme probants. Je me hâte d'ajouter que la légitimité de ces résultats a été fort contestée à l'époque où ils ont été publiés, même pour certains dont, aujourd'hui, on a pu établir la véracité.
Ainsi Auzias-Turenne a prétendu avoir réussi à donner la vérole à divers animaux; il a publié « l'histoire d'un chat syphilitique ». Auzias-ïurennc était un expérimentateur convaincu, enthousiaste, auquel
PRÉCIS DE SYPHILIGRAPHIE. 6
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on n'a peut-être pas suffisamment rendu justice; mais, réellement, toutes ses syphilisations, même €hez riiomme, sont tellement erronées, qu'on a eu raison de ne pas admettre ses affirmations. L'histoire du chat syphilitique fut fortement plaisantée, en son temps, à TAcadémie de Médecine.
D'autres animaux semblaient présenter un terrain plus favorable, le cochon, surtout. Sur le cochon, beaucoup d'auteurs ont échoué; Neumann, Horand et Cornevin de Lyon, Goljochewsky, Bayer n'ont rien obtenu. D'autres auteurs, au contraire, ont publié des résultats positifs.
Beaucoup plus récemment, après Martineau, qui est le premier en date relativement à Tinoculation de la syphilis au porc, M. Adrian (de Strasbourg), en 1899, a inoculé des cochons et a observé, huit semaines après l'inoculation, non pas un chancre, mais des efflorescences maculeuses chez deux animaux. Autrefois ces résultats auraient été considérés comme nuls, car on admettait que la syphilis animale devait se comporter comme la syphilis de l'homme. Aujourd'hui, on tend à admettre, d'une façon beaucoup plus vraisemblable, que la syphilis, inoculée à certains animaux, peut se présenter, chez eux, avec des caractères et une évolution différents de ce qu'on observe chez l'homme. Il ne faut donc pas, d'emblée, considérer comme négatives les recherches d' Adrian, qui a obtenu des efllorescences cutanées.