‹ Le chancre et les syphilides cutanées et muqueuses et le traitement généralChapitre 37 sur 72 · GOMMES DE LA VOUTE PALATINE · texte numérisé non relu

GOMMES DE LA VOUTE PALATINE

mier temps de la déglutition et une augmentation d'abondance de la sécrétion salivaire. Ces troubles sont, en somme, assez minimes, quelquefois à peine assez accentués pour attirer l'attention du malade.

Les gommes de la voûte palatine peuvent rester stationnaires pendant très longtemps. Elles ne guérissent jamais seules; mais elles cèdent assez facilement au traitement.

Leur persistance, quand le traitement n'intervient pas, et le peu d'importance des symptômes fonctionnels, qu'elles déterminent, expliquent pourquoi, le plus souvent, les malades ne viennent consulter le médecin qu'à une époque avancée de leur affection.

Les gommes de la voûte palatine, bien que leur évolution spontanée aboutisse toujours à l'ulcération, ne déterminent jamais de perforation. La perforation de la voûte palatine vient du nez : elle est toujours produite par des lésions gommeuses des fosses nasales. Ces dernières amènent d'abord la nécrose et la destruction de la lame supérieure de la voûte palatine, c'est-à-dire de la lame nasale, et, ultérieurement, celles de la lame inférieure ou buccale. C'est toujours de cette façon que se produisent les perfora-* tions de la voûte palatine.

Le DIAGNOSTIC des gommes de la voûte palatine est habituellement assez facile.

Véritablement, il serait difficile de les confondre avec les ulcérations tuberculeuses, autour desquelles

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on rencontre un semis de points jaunes caractéristiques. De plus, les ulcérations tuberculeuses déterminent une douleur assez vive, qu'exaspère encore la moindre irritation, et nous avons vu le peu de réaction douloureuse des lésions gommeuses de la voûte palatine.

Le lupus de la voûte palatine n'est pas isolé; il résulte généralement de la propagation d'un lupus de la peau des lèvres. Il évolue très lentement, beaucoup plus lentement que les gommes; il est formé d'un tissu mamelonné et mollasse; ses ulcérations sont atones, irrégulières et ne ressemblent pas aux excavations gommeuses.

Le cancer du voile du palais n'a pas le même aspect que les nodosités gommeuses. De plus, il est très douloureux ; son ulcération provoque des hémorrhagies; il est accompagné d'engorgement ganglionnaire.

Les ulcérations simples de la voûte palatine, dues au passage de matières irritantes ou contondantes, sont fugaces, se réparent avec rapidité.

Je n'insiste pas sur ce diagnostic et j'arrive à l'étude des lésions scléreuses, prolifératives, hypertrophiques, non ulcératives de la voûte palatine, qui sont beaucoup plus importantes et, surtout, beaucoup plus communes.

2"" Les lésions scléreuses de la voûte palatine peuvent ôtre localisées à un point de cette voûte ou

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généralisées à toute la voûte et môme au voile du palais. Elles présentent deux types différents ou deux degrés, qui ont été bien décrits par M. Fournier.

A. Le premier type est constitué par des granulations verruqueuses, d'aspect lupique, ressemblant aux granulations du lupus non ulcéré. Ce sont de petites masses scléreuses, dures, sèches, juxtaposées, infiltrées dans le derme ou dans le tissu cellulaire sousdermique, formant une série de mamelons contigiis, d'un volume variable, de la grosseur d'une tête d'épingle, quelquefois d'un pois, quelquefois plus volumineux encore.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, ces petites tumeurs mamelonnées ne s'ulcèrent pas comme les gommes ; les deux ordres de productions syphilitiques conservent une évolution distincte.

Cette lésion ne détermine aucun trouble fonctionnel. Le plus souvent elle évolue d'une façon absolument latente etreste ignorée des malades qui en sont atteints. Ce premier type de sclérose palatine est relativement superficiel ; le second type est caractérisé par une lésion plus profonde et plus étendue.

B, Ce second type est constitué par une infiltra^ tion scléreuse en nappe, comparable au syphilome hypertrophique des lèvres ou léontiasis syphilitique.

Ce syphilome profond détermine une déformation de toute la voûte palatine, qui est le siège d'une infiltration épaisse et dure au toucher. Sa surface est

parfois presque lisse; dans d'autres cas, elle est recouverte de mamelons semblables à ceux de la forme précédente, qui peuvent devenir véfçétants, comme de véritables bourgeons durs et irréguliers. L'aspect de ce second type rappelle, alors, celui du type superficiel, auquel est surajoutée une infiltration sous-jacente en nappe.

Dans tous les cas, les lésions évoluent d'une façon rapide, sans aboutir à l'ulcération, sans déterminer de douleur.

Dans ses deux types, ce sypbilome reste toujours sec, exclusivement scléreux.

Le second type ou type profond détermine, cependant, quelques symptômes fonctionnels, à cause du volume de la néoplasie spécifique. On observe des troubles de la mastication et quelque difficulté dans l'articulation des mots, dans la prononciation de certaines syllabes. La cavité buccale est, en effet, réduite, par le volume, l'étendue et la saillie de Tinfiltration scléreuse et se prête mal à l'émission de certains sons.

Ces lésions de la voûte palatine s'accompagnent souvent de lésions semblables de la langue et du larynx : glossite scléreuse, lésions scléro-gommeuses laryngées. La voûte palatine, dans cette forme profonde d'infiltration en nappe, est elle-même atteinte sur presque toute son étendue ; il est exceptionnel de voir les lésions se localiser d'une façon exclusive à un

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point de cette voûte. La localisation limitée de Tinfiltration scléreuse appartient seulement à la forme superficielle.

Le PRONOSTIC de ces lésions est variable avec leur profondeur.

Le type superficiel^ granuleux, est curable et entièrement curable par le traitement spécifique, mixte, prolongé, associé à un traitement local très simple, consistant en gargarismes émoUients fréquents et en badigeonnages avec la teinture d'iode (Fournier) ou avec une solution iodo-iodurée concentrée dont voici la formule :

If Iode métalloïdique ' aa i

lodure de potassium ^

Eau 10 gr.

Le type profond, infiltré, est beaucoup plus difficilement curable. Le traitement spécifique Faméliore, mais il agit fort lentement et la guérison se fait toujours longtemps attendre. Encore, le retour ad integrum est-il très rare et la disparition des lésions n'est-elle presque jamais complète.

Le DIAGNOSTIC des lésions scléreuses de la voûte palatine doit être fait avec le lupus. Ce diagnostic est très difficile.

Le type hypertropliique simple se reconnaît plus facilement; mais, lorsqu'il y a des mamelons et des granulations, le diagnostic avec le lupus du palais est presque impossible, si Ton n'est pas aidé par les

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comménioratifs el par le résultat du traitement (répreuve. Il est toujours indiqué, en effet, dans ces cas ambigus, d'administrer d'abord le traitement spécifique mixte, pour éclairer le diagnostic ; ce critérium est souvent nécessaire pour distinguer les deux affections.

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