‹ Le chancre et les syphilides cutanées et muqueuses et le traitement généralChapitre 49 sur 72 · II. — GLOSSITES SGLÉRO-GOMMEUSES · texte numérisé non relu

II. — GLOSSITES SGLÉRO-GOMMEUSES

Jusqu'ici, je n'ai envisagé que le cas où la néoplasie évolue vers la sclérose pure. Dans d'autres cas, des gommes véritables s'associent à la sclérose, constituant des lésions mixtes, qui caractérisent la glossite scléro-gommeiise .

Dans cette forme, un certain nombre des bosselures, cerclées par les bandes fibreuses, subissent révolution gommeiise. Elles se ramollissent et s'ouvrent, en donnant lieu à des ulcérations arrondies, excavées, à fond jaunâtre, bourbillonneux, comme les ulcérations gommeuses de la peau ou du pharynx, que vous connaissez déjà.

Les g^lossites scléreuses et scléro-gommeuses

comportent un pronostic grave, car les malades viennent habituellement consulter trop tard, etle traitement a peu d'action ou n'a qu'une action très lente sur des lésions fibreuses organisées. Ce n'est qu'au début que le traitement est véritablement efficace. Plus tard, on guérit les noyaux d'infiltration récente, les gommes surajoutées, même les ulcérations fissuriques ; mais la gangue fibreuse persiste et, même, les ulcérations et les fissures douloureuses, une fois guéries, se reproduisent indéfiniment sous l'influence de la moindre irritation. Ce n'est donc pas une tâche facile que de traiter les scléroses linguales.

Le TRAITEMENT comprcud une thérapeutique locale très simple, qui ne sera utile qu'à la condition d'être très simple, et un traitement général.

On ordonnera des gargarismes émoUients et des lavages fréquents de la cavité buccale. On prescrira des soins antiseptiques constants de la bouche, avec des liquides non irritants : de l'eau bouillie, de l'eau bori-

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f|uée OU de Teau oxygénée très diluée. On rejettera les infusions végétales qui sont généralement d'excellents bouillons de culture pour tous les microbes de la bouche.

On calmera la douleur à Taide de lavages ou de pulvérisations, avec une solution de cocaïne à 1 p. 100, ou d'attouchements avec une solution plus forte à 1 p. 50 par exemple, ou même 1 p. 20; mais ces attouchements ne doivent être pratiqués que par le médecin et sur des régions très limitées.

Pour favoriser la cicatrisation des fissures secondaires, on peut, selon le conseil de M. Fournier, les cautériser superficiellement, tous les quatre jours^ avec un crayon de nitrate d'argent ou, mieux, avec une solution de nitrate d'argent au l/§. Non seulement cette cautérisation provoque la guérison des fissures, mais elle soulage beaucoup les malades. 11 ne faut, d'ailleurs, recourir à aucun autre genre de eau* térisation plus énergique, de crainte d'enflammer davantage les lésions.

Le traitement général sera le traitement mixte à haute dose. Vous devrez atteindre chaque jour 4^ 6 et 8 grammes d'iodure de potassium. Quant au mercure, si vous l'administrez sous forme pilulaire, il faudra dépasser la dose quotidienne ordinaire de deux pilules de Dupuytren, arriver à 3 et même à 4, àcon* dition de surveiller attentivement la bouche et les urines, c'est-k-dire de s*assurer constamment de l'éli-'

l'HRCIS HE SYPHILIGRVPHIE. It)

mination complète et régulière dîi mercure. Mais les fortes doses de médicaments sont nécessaires contre une affection aussi tenace.

Aux pilules vous substituerez, de préférence, les frictions mercurielles et, surtout, les injections quotidiennes de sels solubles, principalement de benzoate de mercure, à la dose de 2 centigrammes à 2 centigrammes et demi et, même, 3 centigrammes par jour. M. Fournier recommande les injections hebdomadaires de calomel, à la dose de 5 centigrammes. Ce médicament lui a parfois donné de bons résultats, dans des cas qui avaient résisté à d'autres traitements, ce qui faisait dire à M. Fournier que le calomel est le remède spécifique de la syphilis linguale. On pourra donc recourir aux injections de calomel, malgré leurs dangers, mais seulement dans les cas où les injections de sels solubles auront été insuffisantes.

Enfin, vous recommanderez Tusage des eaux sulfureuses, Teau d'Uriage ou Teau de Ludion (source du Pré n° 1) à la dose d'un demi-verre matin et soir, ou l'eau de Challes, à la dose d'un verre à bordeaux, une fois par jour. La cure dans une station thermale sulfureuse, quand elle sera possible, sera aussi d'une grande utilité, car la médication sulfurée permet une mercurialisation plus intense et une utilisation plus grande, en même temps qu'une élimination plus facile du mercure absorbé.

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