‹ Le chancre et les syphilides cutanées et muqueuses et le traitement généralChapitre 50 sur 72 · GOMMES DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

GOMMES DE LA LANGUE

m. — GOMMES DE LA LANGUE

Les gommes de la langue, qui constituent la seconde variété de glossite syphilitique tertiaire, peuvent se montrer associées à la sclérose linguale, mais peuvent aussi exister indépendamment de toute lésion scléreuse.

Beaucoup moins fréquentes que la glossite scléreuse, les gommes de la langue peuvent apparaître très tardivement, quelquefois trente, quarante ans après le début de la syphilis, ce qui complique encore leur diagnostic, déjà très difficile.

Les unes sont superficielles, dermiques ou immédiatement sous-dermiques, de petit volume; les autres, plus ou moins profondes, se développent dans le tissu interstitiel des muscles linguaux. Il faut ici réfuter une erreur qu'on imprime trop souvent dans les traités de syphiligraphie : on dit que les gommes de la langue sont des gommes musculaires, et le mot peut donner lieu à une erreur d'interprétation. Les gommes profondes de la langue ont leur origine, non dans les fibres musculaires mêmes, puisqu'elles ne peuvent naître hors du tissu conjonctif, mais dans le tissu interstitiel qui sépare les faisceaux musculaires. Ces gommes, nées dans la profondeur, s'étendent peu à peu vers la muqueuse, pour, finalement, s'ouvrir à l'extérieur comme les précédentes. Au moment où l'ulcération s'est produite, il devient alors souvent difficile

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de dire si celle-ci est due à une gomme superficielle ou profonde.

C'est toujours sur la face dorsale de la langue qu'on rencontre les gommes, soit qu'elles s'y développent primitivement, sous ou dans la muqueuse, soii que, nées dans la profondeur, elles viennent finalement s'y ouvrir.

Jamais on ne constate de gommes à la face inférieure de la langue.

A, Gommes superfloieUes- — Les gommes superficielles, dermiques ou sous-dermiques, se montrent, au début, sous la forme de petites tubérosités saillantes ou aplaties, perceptibles au doigt et à la vue, surtout au doigt, et il est souvent nécessaire de les palper pour les bien percevoir.

Elles sont d'abord dures, comme toutes les gommes à la période de crudité. Elles siègent sur le dos et sur les bords de la langue. Leur volume varie de la grosseur d'un grain de chènevis à celle d'un pois ou d'un haricot.

Le nombre de ces gommes est également variable. Tantôt il n'en existe qu'une, tantôt on en rencontre plusieurs, le plus souvent deux ou trois, mais quelquefois beaucoup plus. Dans ce dernier cas, on remarque qu'elles se groupent les unes près des autres, de façon à former, par leur ensemble, une tumeur assez volumineuse, étalée à la surface de la langue.

Au bout d'un certain temps j la gomme se ramollit;

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son sommet s'ouvre, pour constituer une petite ulcération fistuleuse, du diamètre d'une lentille environ, ulcération qui, ordinairement, reste petite, mais s^accroît quelquefois jusqu'à atteindre les dimensions d'une pièce de 20 ou de 50 centimes.

Cette ulcération présente les caractères ordinaires de l'ulcère gommeux. Elle est excavée, taillée à pic ; ses bords sont durs et infiltrés; son fond, jaunâtre, est recouvert d'un enduit bourbillonneux.

Tels sont les caractères de la gomme muqueuse ou sous-muqueuse.

B, Gommes profondes. — Les gommes profondes sont beaucoup plus fréquentes que les précédentes. Elles prennent naissance à une profondeur variable, au milieu des muscles de la langue, mais, ordinairement, assez près de la face supérieure de l'organe. Quel que soit leur point d'origine, elles se développent toujours vers la muqueuse dorsale de la langue.

Elles siègent soit à la partie antérieure, soit à la partie moyenne, soit à la partie postérieure et, m(^me, à la base de la langue.

Elles sont tantôt latérales, tantôt médianes; quelquefois même, on les rencontre sur les bords de la langue.

Leur nombre est variable. Il peut n'en exister qu'une, volumineuse ; on peut aussi en observer plusieurs, trois ou quatre, soit isolées et distantes les unes des autres, soit réunies et groupées côte à côte.

Elles ont le volume d'une noisette, d'une amande, quelquefois d'une noix. Parfois, elles se montrent plus volumineuses et plus nombreuses encore.

On. peut rencontrer exceptionnellement une agglomération de gommes multiples, volumineuses, confluentes, formant un amas considérable et donnant la sensation, suivant la comparaison classique, d'une langue rembourrée de noisettes. Quelquefois même, la langue, ainsi atteinte, devient trop volumineuse pour la bouche et fait saillie à l'extérieur, sous forme d'une tumeur qui a pu être confondue avec un cancer.

Dans des cas également exceptionnels, au lieu de gommes isolées, on peut constater, dans toute la langue, une infiltration gommeuse diffuse, irrégulière, occupant une grande étendue du tissu interstitiel lingual.

Quelle est l'évolution de ces gommes profondes de la langue? Elles sont d'abord constituées par une saillie dure, perceptible à la vue et au toucher, saillie en rapport avec le volume de la tumeur, saillie dont la dureté persiste longtemps, car la tumeur peutrester deux, trois mois et plus à la période de crudité. A mesure qu'elle évolue, qu'elle s'accroît, cette tumeur se rapproche de la face dorsale de la langue; enfin, elle se ramollit et s'ouvre à l'extérieur.

L'ouverture se fait sous forme d'un pertuis, par lequel la tumeur se vide. Les malades disent qu'ils

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