CHANCRES MULTIPLES H
Les ganglions atteints sont durs, hypertrophiés, ordinairement indolents. Autour de ces ganglions, il n'y a pas de réaction inflammatoire; enfin ces ganglions ne suppurent pas, sauf dans des cas exceptionnels, où la suppuration résulte d'infections secondaires de la plaie chancreuse.
L'adénopathie diminue peu à peu, mais elle persiste pendant longtemps, je dirai même pendant nombre d'années après la guérison du chancre. On voit donc de quelle importance peut être la constatation de cette adénopathie pour le diagnostic rétrospectif des lésions douteuses. On a pu dire que, tant qu'il y avait du glandage, la syphilis ne pouvait être considérée comme guérie.^n réalité, si la disparition de cette adénopathie satellite n'équivaut pas absolument à la guérison de la syphilis, son existence doit du moins faire supposer que la virulence de l'affection . n est pas encore etemte.-^ V^^i:' Tels sont les caractères ordinaires du chancre syphilitique. Ce chancre est-il toujours solitaire ? 11 en est ainsi le plus souvent, mais non pas toujours. On admettait autrefois que le chancre syphilitique était toujours unique , par opposition au chancre /Simple, toujours multiple. Cette opinion s'est modifiée beaucoup et Ton admet aujourd'hui qu'il peut exister ensemble deux ou plusieurs chancres syphilitiques.
C'est le plus souvent aux organes génitaux que Ton
observe les chancres multiples, mais on peut aussi les rencontrer sur d'autres régions du corps. Habituellement ces chancres multiples siègent sur des régions voisines; plus rarement ils occupent des points éloignés du corps.
J'ai observé à l'hôpital Saint-Antoine un malade qui présentait trois chancres syphilitiques du gland, en même temps que cinq chancres de la face; vous trouverez dans le livre de M. Foûrnier de nombreuses observations analogues. Il s'agit, dans les cas dont je viens de vous parler, de chancres qui apparaissent tous en même temps ou presque en même temps, cV.st-à-dire à un, deux ou trois jours d'intervalle. Ces différents chancres résultent d'inoculations contemporaines. Il se peut en effet que/ si les chancres n'apparaissent pas exactement à la même époque sur les différentes régions, le fait tienne à ce que l'incubation du chancre n'est peut-être pas absolument la même pour les différents points du corps.
Mais il est des cas beaucoup plus difficiles à interpréter : ce sontceux des chancres successifs. J'en ai moimême observé deux cas. L'un, que j'ai publié à la Société/ de Dermatologie en 1902 \ est celui d'un malade qui fut atteint d'un premier chancre de la verge, et qui, trois semaines plus tard, vit apparaître un second chancre
* E. Gaucher et Lacapére. Chancres successifs, Bull. Soc. de Dermat. et Syph. Février 1902. Voy. aussi Sabaréanu. Chancres syphilitiques successifs. Th. Paris 1905.