TECHNIQUE DES INJECTIONS
tre cube. On a eu, alors, Tingénieuse idée d'augmenter la solubilité du biiodure dans Teau par l'adjonction d'iodure de sodium. On peut ainsi obtenir des solutions aqueuses de biiodure à Ip. 100 et même plus concentrées encore.
La formule la plus employée est celle-ci :
ÎJ^. Biiodure de mercure . . . \
lodure de sodium» chimi- > ââ 0,10 centigr.
quement pur )
Eau distillée Q. S. pour 10 cent. cub.
Un centimîitre cube de la solution renferme un centigramme de biiodure. On en injecte habituellement 2 centimètres cubes par jour, renfermant 2 centigrammes de sel mercuriel.
Avant le benzoate et le biiodure de mercure, on employait le sublimé ^ et on peut encore l'employer, faute de mieux, avec la formule suivante :
'y. Bichlorure de mercure 1 gramme.
Chlorure de sodium chimiquement pur 08'',75 cent.
Eau stérilisée Q. S. pour 100 cent. cub.
Ce sel est plus douloureux que les précédents, surtout beaucoup plus douloureux que le benzoate ; il ne doit être prescrit qu'à défaut des autres. On ne peut d'ailleurs en injecter qu'un centigramme par jour.
Ces injections de sel mercuriel soluble doivent être faites exclusivement dans le tissu ctllulaire souscutané de la fesse, et non dans les muscles, avec une
aiguille très finey d'une longueur de 2 centimètres et demi. Les grosses et longues aiguilles sont inutiles, douloureuses et dangereuses, car elles peuvent pénétrer dans la masse musculaire. Or, tous les cas d'eschare fessière, consécutifs à des injections de benzoate ou d'autre sel soluble de mercure, ont été produits par des injections intramusculaires.
Quel que soit le mode de pénétration du mercure dans Torganisme, par ingestion, par frictions ou par injections sous-cutanées, le malade aura à prendre les mêmes soiîis de la bouche, pour éviter la stomatite mercurielle. En premier lieu, il faut faire nettoyer les dents, extraire les chicots et les dents cariées ; puis faire savonner les dents, matin et soir, pendant toute la durée du traitement, prescrire de fréquents lavages de la bouche avec une solution de chlorate de potasse à 2 p. 100 ou avec de Teau oxygénée médicinale pure à 12 volumes, coupée de trois parties d'eau, recommander enfin au malade de se servir de la poudre dentrifice suivante, dont j'ai toujours obtenu de bons résultats :
'y. Chlorate de potasse pulvérisé. . . \
Craie préparée . . J àà 15 gr.
Poudre de quinquina )
Salol 2 gr.
Il faut maintenant préciser les indications particulières de ces trois modes d'administration du mercure.
INDICATIONS DliS INJECTIONS 293
Dans la généralité des cas, vous administrerez le mercure par la voie stomacale sous forme de pilules ou de solution. L'absorption en est, en général, très facile et ce mode d'administration est ordinairement beaucoup mieux accepté que les frictions ou les injections.
Ces deux dernières méthodes sont plus actives, leur action est beaucoup plus rapide et plus efficace que celle des pilules ou des solutions ingérées par Testomac. Elles ont, d'ailleurs, une activité égale ; mais les frictions sont sales et, de plus, fort difficiles à bien faire. Le plus souvent, on s'adressera donc aux injections, plutôt qu'aux frictions, dans les cas où Ton a besoin d'une médication mercurielle rapide et intensive. Ces cas sont les suivants :
1^ Les chancres phagédéniques.
2** Les chancres exubérants, comme les chancres du menton.
3** Toutes les syphilides malignes ulcéreuses, secondaires ou tertiaires.
4** Toutes les syphilides persistantes et rebelles, qui résistent au traitement pilulaire ou qui récidivent incessamment malgré ce traitement, en particulier les syphilides palmaires ou linguales, toujours très tenaces.
On emploiera encore les injections dans les cas de :
i94 TRAITEMENT GENERAL DE LA SYPHILIS
5"* Syphilis viscérale, particulièrement à la période tertiaire ;
6® Syphilis nerveuse, principalement, où il est indispensable d'agir promptement.
Enfin, il vous sera quelquefois nécessaire d'employer les injections dans les syphilis normales, lorsque la médication sera mal tolérée par l'estomac, déterminera des accidents dyspeptiques ou gastralgiques, des troubles intestinaux, des selles diarrhéiques ou dy sente riformes.
Dans certains cas, en particulier lorsque vous voudrez faire absorber à l'organisme une grande quantité de mercure, vous pourrez vous adresser à un excellent adjuvant de la médication hydrargyrique, aux eaux sulfureuses. Celles-ci, prescrites en douches, en bains et, surtout, en boisson, permettent une mercurialisation intense, ainsi que je l'ai montré avecM.Desmoulière\ par la formation de composés sulfo-mercuriels qui s'éliminent facilement. La médication mercurielle peut même faire éliminer d'anciennes réserves mercurielles inactives. Un exemple vous convaincra de ceque j'avance: J'ai soigné, à l'hôpital Saint-Louis, un malade atteint de syphilides ulcéreuses serpigineuses de la paume de la main, qui, déjà traité dans cet hôpital, avait subi un certain nombre d'injections
* Desmoulière. Archives générales de médecine, 1904.