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CHAPITRE VIII

Traitement du Chancre simple.

Aujourd'hui que la théorie du dualisme chancreux est bien établie el acceptée pur la presque universalité des syphiliographes, le traitement du chancre simple se simplifie singulièrement. En effet, le chancre simple étant une maladie purement locale, point n’est besoin, pour le guérir, d’un traitement général, mais seulement d'un traitement local.

Ce traitement peut être abortif et curatif, selon qu’il détruira le chancre radicalement dès son apparition ou qu’il ne fera, pour ainsi dire, que l’accompagner dans sa marche naturelle, en accélérant seulement son évolution.

TRAITEMENT ABORTIF. — Le traitement abortif est celui qui consiste à détruire complétement le chancre dès son apparition, c’est à-dire à transformer une ulcère virulent et contagieux en une plaiesimple non contagieuse. Plusieurs auteurs en ont à tort attribué l'invention à Hunter, car, bien avant lui, Jean de Vigo (1) l'avait indiqué dans son remarquable ouvrage sur la maladie vénérienne; «in primis ventendo ad originem mor bi, videlicet ad pustulas quæ solent accidere in virga sine aliquâ temporis intermissione, protinus medicamine acuto malignitatem earumdem malitia per totum corpus non extendatur. » Mais c’est à Hunter que revient l’honneur de l'avoir, le premier, formulé d’une façon claire et méthodique et vraiment magistrale, dans un chapitre spécial de son livre (2). « La méthode la plus simple, dit-il, de traiter un chancre consiste à le détruire ou à l’extirper; de cette manière on le réduit à l’état d’ulcère ou de plaie simple et il se cicatrise

(4) Jean de Vigo. De Morbo gallico tractatus, 1512.

(£} Hunter, loc. cit. $

comme tout ulcère ou plaie de cette nature. Cette pratique ne peut être suivie qu’au début de la formation du chancre, quand les parties environnantes ne Sont pas encore infectées, car il est absolument nécessaire que toute la partie morbide soit enlevée, ce qui est très-difficile à faire quand le chancre a pris beaucoup d'extension. On peut opérer cette destruction, soit par l’excision, soit par le caustique. Si le chancre s’est formé sur le gland, la cautérisation avec le nitrate d'argent fondu est préférable à l’excision, parce que cette dernière méthode donnerait lieu a une hémorrhagie considérable provenant des cellules de cet organe. Lorsque l'ulcère a pour siége le prépuce ou les téguments communs de la verge, et qu'il est à son début, on peut suivre la même pratique. Mais s’il a pris beaucoup d’extension, le caustique appliqué d’une manière aussi lente, ne peut pénétrer ässez profondément pour devancer le travail d’ulcération spécifique. Dans de tels cas, la potasse caustique doit réussir trèsbien. Quand cette dernière substance ne peut être employée convenablement, on peut atteindre le but au moyen de l’excision. J’ai enlevé un chancre par la dissection, et la plaie s’est cicatrisée à l’aide d’un pansement simple. »

Après Hunter, Ricord, Velpeau, Diday, Rollet, etc., ont préconisé le traitement abortif.

Ce traitement, ainsi que l’a fort bien dit Hunter, comprend deux méthodes distinctes : l’excision et la cautérisation.

Excision. — La méthode de l’excision ne peut s’appliquer au traitement du chancre simple que dans des cas tout à fait exceptionnels. Nous avons vu que Hunter avait réussi une fois à enlever un chancre en le disséquant. D’autres chirurgiens ont aussi réussi dans quelques cas, par exemple, lorsque les chancres siégeaient sur des parties qui peuvent être sacrifiées sans un grand inconvénient, comme l'extrémité du prépuce chez l’homme, le bord libre des nymphes ou des grandes lèvres chez la femme. Mais il est absolument impos-

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