NES
En 1860, M. Chabalier rapporte dans sa thèse (1) avoir observé 208 chancres, parmi lesquels :
Chancres infectants. . . . . . 90 Cfiancres simples. . . . . .. 118
L’annéesuivante, M. Martin consigne aussi, dans sa disserlation inaugurale (2) le résultat des observations recueillies à Saint-Lazare, dans le service de M. Clerc. Sur un relevé de 1: 50 chancres, nous trouvons :
Chancres‘infectants.-... 45 Chancres) simples #0, 105
L'auteur ajoute que, à Saint-Lazare, plus que partout ailleurs, le chancre infectant doit être bien plus rare que le chancre simple, le plus grand nombre des femmes qu’on y traite étant des filles publiques ayant eu déjà la syphilis constitutionnelle, et, par cela même, exemptes de chancre infectant. <
Étant interne de Cullerier, M. Belhomme (3) a tenu une liste exacte de tous les malades, atteints de chancres, entrés dans le service pendant les dix premiers mois de l’année 1861, et voici les résultats auxquels il est arrivé, et que nous empruntons à sa thèse. Le nombre total des chancres observés s'est élevé à 374, parmi lesquels il y a eu :
Chancres infectants. . . . 230 @hineres IS IMPIES EEE NN" 193 Chancres douteux. . . . . . . 24
C'est-à-dire presque 2 accidents primitifs pour 1 ulcère simple. D’après lui, donc, le chancre simple serait moins fréquent que le chancre induré.
(4) Chabalier. Preuves historiques de la pluralité des maladies vénériennes. Thèse de Paris, 1860.
(2) Martin. De PAccident primitif de la Syphilis. Thèse de Paris, 1863. :
{3) Belhomme. Du Chancre phagédénique et de son traitement. Thèse de Paris, 1862.
Labarthe. ÿ
| 4 e2) be PR.
dtnuté lécrrpque fr 6 Zyfples pe re. fuEg
Le relevé des 134 observations de chancre consigné dans la thèse de Nodet (1) nous donne:
Chancres infeclants. . . - . . 65 Chancres simples. « wii Celui de M. Millet (2), qui porte sur 386 chancres, nous
donne :
Chancres infectants. . . . . . 181 # Chancres sIMPIes EE 201
MM. Burlet et Michaud, cités par Belhomme et Martin (3), ont trouvé sur 131 chancres :
Chancres infectants. . . . . . 54 Chancrestsimples M... 77
Et Burlet, sur 945 chancres :
Chancres infectants. . . .. 320 Chancres simples. . . . + . . 626 >
Nous-même, remplissant les fonctions d’interne à l'hôpital du Midi, nous sommes livré à des recherches statistiques. Nous avons fait le relevé de tous les malades qui se sont présentés à la consultation de M. Simonet, pendant un trimestre, et nous avons trouvé un total de 1467 chancres, ainsi dé-
composé :
Chancres infeetants. . . . . . 63
Ghaneresisimples eee 104 De l’ensemble des statistiques que nous venons de passer en revue, il résulte que le nombre des chancres simples est de beaucoup plus considérable que celui de chancres infectants. Toutefois, leurs résultats sont trop différents et trop. disparates pour qu'il soit possible de prendre une moyenne exacte.
(1) Nodet. Loco citato.
(2) Millet. Statistique sur les Maladies vénériennes. Thèse de Paris, 1866.
(3; Belhomme et Martin. Traité de pathologie syphilitique et vénérienne, Paris, 1864.
XVe Le éétlit, DA cb/ae
Quelles sont les causes générales qui rendent le chancre simple plus fréquent que le chancre induré? Ces causes, d'après Ricord, sont au nombre de deux :
1° Le chancre simple est la source du virus chancreux ; c’est la forme d’ulcération qui sécrète le pus le mieux doué de la propriété contagieuse, et qui conserve le plus longtemps la faculté d’inoculation ;
20 Il ne crée aucune immunité contre la nouvelle contagion de chancres de même espèce, c’est-à-dire contre la reproduction sur le même individu, On sait qu’au contraire le chancre induré ne se produit, comme règle générale, qu’une seule fois sur le même individu.
Dans le nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, Fournier (1), revenant sur sa première conclusion de 1860, fait une distinction et dit : les deux espèces de chancres sont plus où moins fréquentes suivant le milieu social où on observe.
« Nul doute, dit-il, que, parmi les gens du peuple, dans les classes que l’on voit aux consultations ou dans les services de l'hôpital du Midi et de Lourcine, le chancre simple ne soit notablement plus fréquent que le chancre syphihtique. Bien au contraire, dans la clientèle de la ville, le chancre simple est notablement plus rare que le chancre syphilitique.»
Les statistiques qui précèdent démontrent pleinement la première proposition de l'éminent syphiliographe. Mais comment est-il arrivé à la seconde ? Par la statistique. Sur 334 individus atteints de chancre qui se sont présentés à sa consultation particulière, il a compté :
Malades affectés de chancres simples. . . . 82 Malades affectés de chancres infectants. . . 252
Nous même, sur 17 individus atteints de chancres, qui sont venus réclamer nos soins, nous avons observé :
(4) Fournier. Article : chancre (in Dict. de méd. et de chir, pratiques).
FU Re
Malades affectés de chancres simples. . . - 5 Malades affectés de chancres infectauts. . . . 119)
L’explication de ce fait, qui semble au premier abord trèsdifficile à trouver, n’est cependant pas impossible ; et, comme M. Fournier, nous croyons qu’on peut en rendre compte par deux raisons :
lo Les ouvriers, lessoldats et, en général, tous les gens du peuple, ceux qui vont aux consultations gratuites des hôpitaux et des dispensaires, fréquentent surtout les maisons de | tolérance de barrière, les maisons de filles des boulevards extérieurs, qui sont le plus souvent peuplées de vieilles prostituées depuis longtemps vérolées, n’ayant que des accidents tertiaires non contagieux, et plutôt affectées de chancres simples ou de vaginites, pour lesquelles il n’y a ni prescription, ni immunité. — Les hommes des classes élevées, favorisés de la fortune, qui vont consulter le médecin dans son cabinet, fréquentent au contraire les filles qui se livrent à la prostitution clandestine. Ces femmes, demoiselles de magasin, danseuses, actrices, cocottes, qui ne sont pas sous le contrôle de la police, et qui sont jeunes pour la plupart, sont fréquemment atteintes de chancres infectants ou d’accidents secondaires, dont la contagiosité n’est plus un doute pour personne.
20 Lorsque les prostituées des basses classes sont atteintes de chancres simples, elles ne se traitent guère et n’interrompent pas leur triste métier, car il faut avant tout qu’elles vivent, et elles vivent toutes au jour le jour, sans avoir la moindre économie de côté. Les prostituées clandestines des boulevards et des quartiers riches, au contraire, possèdent en général des ressources suffisantes pour pouvoir cesser leur métier pendant quelques temps, et suivre un traitement convenable, sitôt qu’elles se sentent malades. Ajoutez que, d’ailleurs, elles sentent bien mieux, comme le fait judicieusement remarquer M. Fournier, la nécessité de se traiter pour un chancre simple, maladie douloureuse, aiguë, inquié-
tante et non susceptible de passer inaperçue; que, pour un chancre infectant peu douloureux, ne donnant lieu qu’à une réaction locale insignifiante, et des accidents éloignés d’une maladie qu’elles croient toujours éteinte, accidents souvent légers, indolents, n'éveillant que peu ou pas l'attention, et pouvant même être ignorés de bonne foi. Cette classe de prostituées est donc plus dangereuse que la première, en ce qu’elle donne plus souvent la vérole.
x \ we A | ‘ : ‘ WF Ua leo é va ve | SAUT dé Vers DAS 05 0 PRE A D On écrit ao of ddiianieus roue 140}
ane un sil Jieoeob of frraeltelle Ga Ar sn SU
« DATE l “ { Fe re LI *: Ten Ni at ‘ CUT a? MU OINCUT ER DUT ILES Ie roi [HR ENT ES | drones élan és fr APT IC nifinlgres ft POCHES yt? PS: | #4 10 1 Y At LÉ #2 UN per) h y
Se w - — 2 - ni d 1 =.
Le.
— = ES & La : a. © | « à “ EE ’ Qu x S € É » - S L ' se" 17, FE à ( LL La 1 Le . SR re rà 2 ñ * = A ‘ + ru , x “ à = » | . L EE — AT > & »
>= En > y ES = | î ‘ ef s — ñ » 4 Lure x La pa ra s »
Le < f + .
: We # Fou __-— 1 0 1 1] te « ‘ [ PRE : F C =.
> ” MRESES j 1 7 RAT 1 ; :
eu - LA br L = DO 7. . mA Be « L \ SDS r À te La Le ; TR Dis : hi D ‘ A * qe