‹ Le Chancre Syphilitique: De l'Oreille ExterneChapitre 10 sur 34 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

L'étude clinique du chancre de l'oreille ne comporte pas de très grands développements ; à part quelques points un peu spéciaux, c'est un chancre évoluant comme tous les chancres ; quant aux suites de la syphilis contractée par l'oreille, nous aurons à en parler également, On sait que certains auteurs ont pensé que les syvphilis extra-génitales étaient plus graves que les autres. Nous verrons si cette hypothèse se réalise ici.

Localisation. — Celle-ci est extrêmement variable ; ceci s'explique facilement, étant donné la variabilité des causes occasionnelles. Au lobule, elle a été notée 6 fois, et ces cas sont le plus souvent en rapport on le conçoit avec les suites du percement des oreilles ; 5 ou 6 fois, le chancre était localisé à la conque, 3 fois à la surface postérieure, 3 fois à l’hélix et anthélix, 4 fois au tragus et antitragus, 3 fois à la surface intérieure, 2 fois sur les bords du pavillon, une fois à la erète de l'hélix ; naturellement, les parties les plus saillantes sont les plus exposées à la contamination accidentelle. Quant au chancre du conduit auditif, 1l à été noté sur les pourtours de l’orifice externe, et on à pu le voir se prolonger à l'intérieur, une fois même jusque sur Île tympan. Mais il s'agit toujours dans ces cas de l’exten-

sion progressive d’un chancre existant sur la partie extérieure de l'oreille.

L'incubation n’a pas semblé présenter rien de particulier ; ellea été de 14 jours à 4 semaines ; encore les cas d'incubalion courte sont-ils parfois douteux, et peuvent provenir d’une erreur d'observation du malade, du moins dans les observations que nous rapportons.

La plupart du temps le chancre est unique; deux fois seulement, on à noté la présence de chancres multiples ; une fois l'autre chancre siégeait à la Joue, une autre fois aux organes génilaux.

Symptômes. — I ne présente généralement pas des particularités bien spéciales, à part les formes qu'il affecte parfois et que nous décrirons plus loin. C'est au début la petite rougeur bientôt papuleuse, lenticulaire, se transformant bientôt en une ulcération à bords nets, à configuration ronde ou ovale ; à cet égard, les chancres de l'oreille ont parfois une disposition irrégulière, due à la forme de l'oreille, irrégulière elle aussi. Dans un cas, il avait une forme en lèvres. La surface est unie et lisse, du moins quand on l’a débarrassée des croùtes ou exsudats qui la recouvrent souvent comme nous le verrons. Celle surface est rarement crevassée, parfois élevée en papule, souvent bombée; on à toujours à faire à une érosion plutôt qu'à une ulcéralion, comme depuis longtemps déjà Fournier l’a répété.

Le volume du chancre est {rès variable. De Ia dimension d’une lentille ou d’une amande le plus souvent, il peut envahir de grandes portions de la région, surtout en cas de phagédénisme. La couleur est celle de tous les

chancres : rougeàtre, chair musculaire suivant l'expression consacrée, parfois rouge foncé, jaune rougeûtre, cuivrée, ailleurs gris sale ; tout ceci n’est pas visible au premier abord, cela est évident, dans les chancres recouverts de croûtes ou d'enduits purulents.

L'induration présente à signaler un fait particulier; si elle est perceptible au lobule et sur Les parties périphériques où la peau peut être prise entre les doigts, il n’en est plus de même dans la conque auditive et sur la face postérieure, ainsi que sur la région mastoïdienne.

En effet, ici la peau n’est pas mobile, et on ne pourra sentir l'induration. Cette absence d’induration, ou du moins de possibilité de la constater est un des caractères particuliers des chancres de l'oreille. Tels sont les aractères du chanere de l'oreille ; ils n’ont rien de parliculier. Mais ce sont en général des accidents longtemps méconnus : nous insistons tout particulièrement surce fait que les malades arrivent après avoir fait une foule de traitements, sauf le bon, bien entendu. Ce chancre a le plus souvent été traité en bobo sans importance ; les topiques les plus divers y ont été appliqués, de sorte qu’en général il est plus ou moins modifié, ce qui va souvent encore en rendre le diagnostic plus délicat. On a donc surtout affaire cliniquement à des ulcérations parfois très douloureuses, comme nous le verrons, surtout rebelles, et qui finissent par inquiéter le malade.

Mais à coté de cette forme normale pour ainsi dire, nous devons au point de vue elimique en signaler quelques autres.

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1° Chancres croûteux. — C'est certainement la plus fréquente, d’après nos observations, soit que cela tienne aux soins de propreté sommaires, soit plutôt, à lapplicalion des pommades, onguent les plus divers. Cette forme se caractérise par la présence de formations croûteuses surajoutées au chancre qu’ellesmasquent. Ces chancres saignotant souvent, la production est brunàtre, plus ou moins foncée. Due au dessèchement du pus et des sérosités sous-jacentes, elles peuvent présenter des colorations diverses, devenant parfois plus ou moins Jaunes, prenant enfin un aspect plus où moins mellicérique, qui fait facilement prendre une telle lésion pour de l'impétigo banal. Cette croûte épaisse et compacte ne prend généralement pas un aspect rupioïde ; enfin elle se détache avec une certaine facilité, pour montrer sous elle la lésion saignotante, mais beaucoup plus caractéristique, que nous avons décrite plus haut. On pourrait presque donner à ces chancres le nom de chancres ecthymateur, vu leur ressemblance fréquente avec cette lésion, qui peut aussi donner le change.

2 Chancres ulcéreur. — Bien moins fréquents à l'oreille que les premiers qui restent bien la forme la plus souvent rencontrée, avec les chancres ordinaires sans caractères spéciaux, on peut en voir cependant quelques exemples.

La variété creusée, dite cupuliforme, nous à semblé la seule en cause ; les chancres surélevés ne se sont pas encore rencontrés à l'oreille, nous voulons parler de la forme dite «en lampion ».

Quant aux formes de chancres nains, où de chancres

Ho géants, nous ne pensons pas qu’on doive en faire iei des formes spéciales. Rarement il s'est trouvé hypertrophique, et nous n’en dirons rien non plus.

En somme, comme forme spéciale aux chancres de l'oreille, à part la forme ordinaire des chancres, nous n'avons à relever que la forme croûteuse.

Nous pourrions placer là une forme sepéciale: c'est celle qui s'accompagne d'infection secondaire qui est particulièrement fréquente au niveau de l'oreille, nous en parlerons à propos des complications.

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