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ADÉNOPATHIE DU CHANCRE DE L'OREILLE

Elle n'a jamais manqué dans le cas que nous avons relevé ; on sait d'ailleurs que ce signe des chancres syphilitique est, on peut le dire, constant.

Elle a les caractères habituels de cette sorte d'adénopathie : ganglions gros, réguliers et ronds, indépendants les uns des autres, roulant sous le doigt, indolores ; l’un est plus gros que les autres, souvent il est le plus rapproché de la lésion ; enfin leur nombre est variable, ici souvent considérable, étant donnée la richesse en ganglions de cette région.

Leur localisation est variable elle ausst.

D'abord les ganglions de la chaîne carotidienne sont pris, mais la pléiade peut se prolonger tout le long de cette chaîne pour aller jusque dans le creux sus-claviculaire.

Les ganglions de la partie postéro-latérale du cou sont pris eux aussi, souvent visibles à l'œil, semblables au chapelet de Ricord, mais unilatéraux. Entin, on voit

6e le plus souvent aussi les ganglions mastoïdiens engorgés, ainsi que le préauriculaire.

Mais là aussi, souvent ces ganglions présentent des caractères un peu spéciaux qui peuvent donner le change sur la nature réelle de l'affection.

En effet, la présence des infections secondaires peut intervenir; on n'a plus les ganglions aphlegmasiques, indolents, durs, mobiles et indépendants caractéristiques.

Le plus souvent, comme ceci est de règle dans bien des chancres de La face, on a des ganglions très gros, adhérents, douloureux, enflammés et rouges, bref, ayant toutes les allures de ganglions inflammatoires.

Cependant, nous n'avons pas vu dans nos observations de cas où l’inflammation soit allée jusqu'à la supuration. Toutefois, ces faits sont importants à connaître dans l'affection qui nous occupe ; car, au point de vue du diagnostic, il ne faudra pas perdre de vue que ce caractère inflammatoire ne devra pas nous faire éliminer la syphilis.

Evolution. — Nous dirons quelques mots du chancre de l'oreille; Le plus souvent, il évolue sans complication. La réparation se fait de la périphérie au centre ; l’emplacement du chancre reste parfois longtemps encore rouge bleuâtre; parfois aussi, il persiste une pigmentalion à son niveau; en général, la guérison survient, laissant un reliquat à peine visible. Il est même à remarquer que celte lésion, parfois volumineuse, ne détermine aucun trouble de l'ouïe, ce qu'on pourrait supposer, en voyant le conduit auditif parfois très

or enflammé ; bien qu'il ait pu se produire parfois un léger rélrécissement du conduit auditif survenu après la guérison, on n à rien signalé de semblable.

La cicatrisation peut être parfois fort longue et durer plusieurs mois : c’est exceplionnel, d’ailleurs.

Complications :

1° Phagédénisme. — Celui-ci a été dans les chancres de l'oreille particulièrement noté; Fournier, sur 4 cas, en à vu 2 de nettement phagédéniques; dans le cas de Nicolas et Massia, on n'a noté une fissure assez profonde entre deux cartilages et une extension progressive du côté du conduit auditif ; enfin, sur les 30 cas que nous avons recueillis dans la littérature, nous pouvons noter en tout 5 cas de. phagédénisme plus ou moins accusé, mais indubitable ; ce qui donne un pourcentage de 17°/,. Peut-être s'agit-il de coïncidences, et Le nombre des cas est-il trop faible pour qu’on tienne un grand compte de ces faits ; en tous cas, 1l était intéressant de noter ici cette tendance au phagédénisme.

2° Infection secondaire. — Nous l'avons vu, l’infection secondaire est fréquente, comme d'ailleurs dans un grand nombre de chancres céphaliques. Les ganglions s’enflamment, grossissent, se réunissant en une grosse masse rouge, donnant l'impression d’un adénophlegmon. Mais, dans les chancres de l'oreille, il n'y a pas de cas où la lésion ait suppuré; nul doute que le fait n'arrive un jour; car, dans les chancres céphaliques, celte éventualité, pour être rare, n'en à pas moins été relevée à plusieurs reprises.

RS EL 3° Complications du côté de l'oreille. — Nous l'avons vu, le chancre peut par extension gagner le conduit auditif externe et l'obturer plus ou moins par l'æœdème el la suppuration ; dans un cas, le tympan a été pris et perforé ; le chancre était d’ailleurs phagédénique au plus haut dégré et avait produit des désordres graves sur d’autres points. Il y eut aussi une otite moyenne considérable dont la guérison fut longue. Cependant ces faits sont très rares; de plus, le traitement mercuriel institué assez (ô( arrête vite les accidents.

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