‹ Le Chancre Syphilitique: De l'Oreille ExterneChapitre 9 sur 34 · AUTRES MODES DE CONTAMINATION · texte numérisé non relu

AUTRES MODES DE CONTAMINATION

A côlé de ces deux causes éliologiques qui nous ont semblé les plus fréquentes, nous devons en relever un certain nombre d’autres.

D'abord le contact par des objets souillés. Deux fois

un essuie-main qui avait vraisemblablement servi à un syphilitique a été l'agent de la contagion ; il est probable qu’une friction assez forte avait été produite, condition favorable à la contamination. Dans un cas, un morceau de taffetas d'Angleterre mouillé d'une salive infectée, placé à l’occasion d’une légère bràlure, fut la cause du chancre.

Enfin, les doigts souillés de produits syphilitiques ont deux fois été cause de l'infection. Dans tous ces Cas, il faut signaler ce fait que le plus souvent une lésion érosive existait déjà au niveau de l'oreille, ce qui a facilité l’inoculation : furoncle de l'oreille et surtout eczéma. Cet eczéma de l'oreille, nous devons le spécifier, existe très fréquemment dans les cas d’inoculation accidentelle; on à pu voir aussi une brûlure. C'est dans ces cas que pourraient entrer les syphilis professionnelles, mais il n'en a pas encore été signalé qui emprunte l'oreille comme porte d'entrée.

Dans 7 cas, le baiser a été donné comme responsable de la naissance du chancre. Quel est le mode employé dans les évolutions amoureuses et infectantes, nous ne voulons pas l’exposer ici; mais là encore, il semble bien nécessaire qu'il ÿ ait une érosion, écorchure, lésion d'eczéma, préexistante au contact.

Citons encore des cas plus rares et uniques. Le rasoir une seule fois a été l'agent infectant; on peut en effet imaginer que le rasoir n’est pas promené souvent près des oreilles ; c'est ce qui fait la rareté de ces cas; car on sait que sur les joues et le menton, le rasoir est coupable de nombreux méfaits.

Enfin, un seul cas par un instrument médical: un

re nouveau-né a été infecté à l'oreille par un forceps souillé de matières syphilitiques. Ce fait montre une fois de plus qu'on ne saurait être trop prudent et soigneux, et que la prophylaxie de ces sortes d'accidents doit s’appliquer à tous les objets.

On n'a pas encore cité de cas de chancre à l'oreille dû à la contamination par récepteur de téléphone ; mais, comme le pense Fournier, on en signalera certainement un jour ; les plaques muqueuses des oreilles ne sont pas une rarelé, et un récepteur peut être souillé et appliqué ensuite sur une autre oreille portant quelques lésions érosives ou eczémateuses. On doit cependant avouer qu'il faudrait un singulier concours de circonstances pour qu'un tel cas se produisit. On pourrait même voir dans ce genre de lésion des cas de chancres de l'oreille comme accident du travail, chez les téléphonistes, par exemple. Telles sont les principales causes éliologiques du chancre de l'oreille ; on voit que la morsure, le baiser en sont les causes les plus fréquentes ; de même le percement de l'oreille, qui constitue une cause un peu spéciale, et qui actuellement doit être entouré d'assez de précautions pour éviter le retour de pareils accidents. A côté de ces faits, les causes accidentelles, d’ailleurs moins fréquentes, sont plus difficiles à éviter. C'est ce que nous aurons à examiner au chapitre du traitement et de la prophylaxie.

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