DIAGNOSTIC
Le diagnostic du chancre de l'oreille n’est en général pas difficile, du moins quand il présente les caractères normaux des accidents primilifs. Cependant, il faut compler avec les formes anormales, en particulier la forme croûteuse, qui peuvent donner à l'affection des caractères un peu spéciaux et la faire passer pour une lésion banale. De plus, il faut savoir, comme dans toutes les affections rares, qu'on n’y pense pas. La difficulté du diagnostic résultera surtout de ce fait, qu'on est tellement peu habitué à voir cette localisation du chancre, qu’à un examen superficiel et rapide, on pensera à loute autre chose. Ceci dit, avec quelles affections devrons-nous faire le diagnostic ?
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1° Chancre simple. — Nous n'en avons vu aucun cas rapporté qui occupe cette localisation; nous pensons qu'on ne devra pas en tenir compte dans le diagnostie, où qu'on devra en {ous cas l’éliminer rapidement. On sait la rareté des accidents chancrelleux en dehors des organes génitaux, bien que dans ces derniers temps, on en ait rapporté quelques cas.
En tous cas, les caractères en sont un peu différents ; les bords décollés de l’ulcération, un peu taillés, sa couleur, sa multiplicité, devront le faire éliminer. On ne devra pas s'en laisser imposer par un ganglion phlegmoneux semblant devoir suppurer; on sait que cette forme est fréquente dans les ganglions des chancres céphaliques, et si la suppuration n’a pas encore été notée dans les chancres de loreille, il est probable qu'on la signalera quelque Jour.
2 Jmpéligo. — Un chancre croûteux de l'oreille peut revêtir l'aspect d'un impétigo de Tilburg Fox, de par la présence des croûtes mellicériques, le suintement, la suppuration. Mais il est bien rare que l'impétigo se localise uniquement à l'oreille; on peut dire que la règle est d’avoir des lésions multiples, surtout à la face. D'ailleurs, une fois les croûtes enlevées, on constate une érosion bien différente, non plus rouge, mais jaunâtre, irrégulière, parfois profonde. Il ne peut être ici question de l'impétigo pédiculaire, dont les ganglions pourraient donner le change; la présence des lésions au cuir chevelu, à la nuque, et la présence des parasites lèvera vite tous les doutes. Eufin la présence parfois constatée des lésions élémentaires pustuleuses de l’impétigo fixera vite le diagnostic.
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3° Ecthyma. — Ce n’est guère la localisation de l'ecthyma, et là aussi, la lésion ne peut guère se présenter avec ce caractère d'unicité. Cependant, on devra étudier la lésion de près dans certains cas; on peut voir des ecthymas, surtout scabiéiques et pédiculaires, très difficiles à différencier du chancre syphilitique ; mais cependant dans cette région, la présence des ganglions et leur étude approfondie sera d’un grand secours pour le diagnostic. De plus, une pustule d'ecthyma ne dure guère plus de 20, 25 Jours, quitte à s'ensemencer plus loin ; on sait que pour le chancre 1l en est autrement, et qu'en général les malades qui sont porteurs d’un chancre se présentent au médecin après un temps plus ou moins long de traitement. Il n en est pas moins vrai que dans cerlains cas, le diagnostic sera malaisé, étant donnée la rareté du chancre de l'oreille.
4° Affections inflammaloires. — Les douleurs du furoncle de l'oreille bien connues, l'évolution, différen- -cieront vile cette lésion du chancre; de même les plaies banales, l'anthrax, l'eczéma si prurigineux, ne seront pas souvent mis en question ; on devra ÿ penser pour les éliminer; leurs caractères particuliers sont suffisants pour faire facilement le diagnostic, de même que leur mode d'évolution.
5° Cancroïde. — Le cancroïde de l'oreille, assez rare lui aussi, peut cependant faire errer le diagnostic; cette ulcération s'accompagne de ganglions, est indolore, peu inflammatoire, recouverte parfois de croûtes, tout comme le chancre syphilitique. Cependant, un cancer ne sera ulcéré qu'au bout d’un temps assez