TRAITEMENT
Nous ne voulons pas entrer ici dans de longs développements à propos du traitement. Celui-ci sera ce qu'il est pour la syphilis : administration du mercure sous toutes ses formes, suivant les préférences de chacun et suivant les indications. Dans les observatons que nous rapporlons, on a employé tous les modes d'administration : frictions, pilules, injections intra-musculaires. Dans le cas qui à été l’occasion de ce travail, on fit de l'huile grise, et en quelques jours, la lésion fut très modifiée. Il est d’ailleurs remarquable de voir, là comme äïlleurs, que le traitement mercuriel amène un affaissement très rapide des lésions, et une guérision en peu de temps.
Dans les cas de chancres exubérants, vastes, on se trouvera bien de l’emploi du sirop mixte, l’administration de l’iodure dans ces cas amène une diminution rapide des lésions, et dans les cas de chancres de l'oreille, où il existe souvent des lésions exubérantes, ce traitement sera assez souvent indiqué. Il n'existe pas à notre connaissance des cas de chancre de l'oreille traité par l’arsénobenzol; mais le cas échéant, on pourra, sans doute, voir avec l'emploi du 606, l’action ordinaire de ce médicament qui ne présente [à pas d'indication particulière.
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Le traitement local; soins de propretés minutieux,
lavages au sublimé à 1/1000, et applications de pom-
mades mereurielles sera également nécessaire, et aidera puissamment à la guérison rapide des lésions.
Trailement prophylactique. — Dans un certain nombre de cas, il y aura lieu de songer à la prophylaxie; ce serait surtout le lieu de parler ici des chancres dus au percement des oreilles. On comprend qu'à l'heure actuelle la transmission de la syphilis par ce moyen -devra être tout à fait sapprimée. Le moyen d’ailleurs n’en est pas facile: comment empêcher les bijoutiers, les colporteurs ambulants de percer eux-mêmes les oreilles de leurs clientes? Avec Lassar, on peut penser que ce n’est pas à des règlements de police qu'il faudra s'adresser; ils ne peuvent avoir aucune influence sur les habitudes du peuple; et c’est surtout léducalion à ce point de vue qu’on devra faire entrer peu à peu dansles mœurs. Il serait à souhaiter que tout le monde possédât à l'heure actuelle des notions et des habitudes de propreté, des notions d’asepsie même, nécessaires pour éviter le retour de faits aussi désastreux que les épidémies de syphilis par la piqûre des oreilles. Comme le font de plus en plus les coiffeurs par exemple, 1l faudra que chaque individu appelé à provoquer une plaie quelconque prenne l'habitude facile à acquérir de flamber ou de stériliser les instruments dont il se sert. C’est lerôle du médecin à l'heure actuelle, et il doit faire entrer peu à peu dans l'esprit populaire ces notions d’asepsie qui de nos Jours sont aussi naturelles pour lui que les fonctions les plus banales.
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Quant aux chancres accidentels, morsure, baiser, instruments de toute sortes nous n’en dirons rien : la propreté et l’asepsie est nécessaire partout; on pourra la réaliser pour les instruments, mais qui pourra Jamais penser faire disparaître les plaques muqueuses de La bouche de tous Les vérolés ?
Tel est le traitement, tel est ce que nous pensons de la prophylaxie; on voit que celle-ci n’est pas encore prête à être réalisée de façon idéale.