‹ Le Chancre Syphilitique: De l'Oreille ExterneChapitre 17 sur 34 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(HuLor. — Chancres extra-génitaux. Annales de Dermatologie et Syphil., 1879, p. 47.)

Chançre de l'oreille. — Ganglions satellites. — Roséole. Syphilides serotales. — Plaques opalines des amygdales.

Le nommé M..., tonnelier, 21 ans, se présente le 3 novembre 1877 dans le service du D: Fournier, salle Saint-Louis, ne 57, à l'hôpital Saint-Louis.

Cet homme certifie n'avoir jamais eu aucune affection vénérienne. Par sa profession, il est exposé à boire assez souvent, mais il dit que depuis quelque temps il ne supporte plus le vin ni l'alcool. Depuis environ trois mois, il a le corps couvert de boutons, dont le plus grand nombre sont aujour. d'hui à l'état de taches grandes comme de fortes lentilles,

et ont une couleur brunâtre. Ces boutons lui auraient provoqué, nous dit-il, de fortes démangeaisons, surtout dans le dos. Sur les épaules et un peu dans le dos, on trouve en effet un certain nombre de boutons écorchés et de coups d'ongles, aisément expliqués par une phtiriase intense. Mais pourquoi ces boutons ne sont-ils pas tous également prurigineux ? Un d'entre eux, dont l'origine remonte au début de l'éruption parasitaire, c’est à-dire à environ trois mois, a suivi une marche tout à fait différente des autres; il est régulièrement développé, pendant que les autres se seraient successivement effacés. Situé à gauche, au devant de l'oreille, en arrière de la branche montante du maxillaire, immédiatement à la base du tragus, ce bouton écorché fréquemment s'est peu à peu transformé en une grande ulcération de forme ovalaire, à grand diamètre vertical et offrant environ les dimensions d’une amande, Sous une croûte brunätre, palissandre, à fleur de peau et que l’on fait tomber au moyen d'un cataplasme, on trouve un chancre syphilitique des mieux caractérisés par son aspect chair musculaire, piqueté de sang veineux, par sa petite couenne grisâtre adhérente, presque centrale, mais un peu rapprochée de la base du tragus; par son auréole violacée, par sa zone inflammatoire très étroite et sa base indurée, chondroïde, élastique, très bien limitée au-dessous de la lésion...

Sous l’apophyse mastoïde correspondante, on trouve plusieurs ganglions un peu engorgés, durs et indolents, une véritable pléiade. De plus, les ganglions trapézoïdiens gauches sous-maxillaires et inguinaux des deux côtés sont également atteints.

Depuis cinq semaines, le malade porte au scrotum des syphilides papulo-érosives encore humides. Depuis une quinzaine de jours, il souffre de la gorge en mangeant; on trouve sur ses amygdales des plaques opalines des plus évidentes.

L'étiologie a été impossible à préciser. Il est seulement probable qu'un bouton ou une écorchure ont été, au début de la phtiriase, la porte d'entrée de la syphilis. Mais,

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d'après les vagues renseignements obtenus, il ne nous est pas permis de dire si la contagion a été directe ou indirecte. Pour la roséole, le malade n'a pas pu s'en apercevoir. Sa forme papuleuse l'a fait confondre avec l'éruption parasitaire.

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