‹ Le Chancre Syphilitique: De l'Oreille ExterneChapitre 5 sur 34 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il est peu probable que l'accident primitif de l'oreille externe ait été connu des anciens.

Au moyen àge, il est permis de supposer que l’accident était d'une fréquence relative ; les chancres extragénitaux du visage étaient connus, dus probablement à l'absence des soins de propreté des barbiers de l'époque. Ceux-ci étaient chargés de diverses opérations chirurgicales, du percement des oreilles comme nous le verrons, sans préjudice du maniement du rasoir ;1lestà présumer que ces diverses fonctions leur avaient fait contaminer un certain nombre de chents : Grüner ({Morbo Gallico Scriptores, Téna 1793) rapporte que les barbiers étaient condamnés à une amende de 10 guldens, s’ils employaient des instruments ayant servi pour des syphilitiques. On à rapporté à cette époque des épidémies de syphilis ayant pris naissance dans des boutiques de barbier, par l'usage de rasoirs infectés. Mais il n’est pas fait mention spécialement des chancres de l'oreille externe.

La première communication à cet égard date cependant de cette époque : elle semble un peu fantaisiste. Un certain Conrad Shellig la signale dans un travail remontant entre 1494 et 1497 (/n pululas malus, morbum, quam malam de Francin vulqus appellat, etc).

Rire

Il y soutient que la vérole peut se communiquer non seulement par contact médiat où immédiat, mais encore par l'intermédiaire de l'air. Il raconte à l'appui de sa thèse l'anecdote suivante : le cardinal Wolsey, qui était atteint de syphilis, résolut d'infecter son royal maître, Henri VII ; il se pencha pendant une séance, pour lui parler à l'oreille : il parait que le moyen réussit à souhait. Il est vrai que le même cardinal aurait communiqué aussi la maladie à Anna de Boleyn à travers la grille d’un confessionnal, l'air aidant foujours à transporter le virus !

L'avisé cardinal avait sans doute uue grille de confessionnal dont les barreaux étaient suffisamment espacés pour laisser passer le contage.

Hunter,plus près de nous, pense que toutes les régions du corps sont accessibles au virus, et que la porte d'entrée peut siéger n'importe où ; cependant les chancres extra-génitaux sont considérés comme une rareté et les chancres de l'oreille ne sont pas mentionnés. Ricord, Diday, Rollet, Langlebert, par leurs travaux, attirent l'attention sur la fréquence des accidents primitifs extra-génitaux, et dès lors on se préoccupe davantage de ces chancres, en leur découvrant une étiologie souvent extravénérienne.

Le premier cas semblant authentique, a été rapporté par Michel Cullerier (1758-1827) ; il aurait observé un cas d'accident primiüf de l'orifice du conduit auditif externe (Bulkley) ; nous n'avons pas trouvé de traces de l’observation. La première observalion que nous possédions remonte à 1877, el appar-

grrr üent à Field ; encore s'agit-il peut-être là d'une gomme.

Mais c’est Fournier et ses élèves qui ont surtout insisté sur l'intérêt prophylactique et clinique des chancres extra-génitaux. Les recherches et les statistiques se succèdent de 1853 jusqu’à nos jours, et un certain nombre de chancres de l'oreille ont été observés.

Dans son livre sur les chancres extra-génitaux, Fournier dit en avoir observé 4 cas, qui ont été publiés par ses élèves Hulot, Hermet. Lavergne et Perrin ; Jégu dans sa thèse en rapporte également un certain nombre en 1894. D'autres auteurs en ont rapporté aussi des cas isolés. Le premier travail d'ensemble sur la question date de 1889 et est dù à Bulkley, qui en donne une statistique de 27 cas ; Baratoux, en 1886, dans son livre sur la syphilis de l'oreille, en parle assez longuement. Puis les travaux se multiplient ; Sendziak donne une revue portant sur 28 cas, dont un très contestable. Des cas isolés sont publiés : Kreflting, Berliner, Münchleimer, Friedmann, Moses, Scheneur complètent les statistiques de Bulkley et Sendziak ; Fournier, Friedmann et Moses observent chacun un cas, Schener 4 cas, Le Ray et Ledermann chacun un cas en 1904 et 1910. Krause, dans une revue assez complète, rapporte qu'en 1910 il n'en a réuni que 3% cas, dont 27 seulement ont une observation. Nicolas Lannois et Massa en rapportent un cas en 1911,et dans une revue toute récente Massia et Charvet en réunissent 41 cas, dont 30 avec observation. Signalons encore le travail de Martha (1909), l'étude plus ancienne de Pellizari (1882) qui,

Eee avec une observation, apporte une slalistique considérable.

On voit que les travaux snr cette question sont assez nombreux, bien que le nombre des observations soit peu considérable. Nous pensons cependant qu'il est suffisant pour pouvoir se faire une idée d'ensemble sur l'affection, permettant d'y penser et de la dépister quand on se trouvera en sa présence.

ÉTIOLOGIE

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