‹ Le Chancre Syphilitique: De l'Oreille ExterneChapitre 8 sur 34 · RE · texte numérisé non relu

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gers et a trouvé une différence dans le manuel opératoire ; ils se servent d'un trocart muni d’une canule de deux millimètres de diamètre environ. Quand ona piqué le trocart, on le relireet la canule reste ; on glisse alors la boucle d'oreille dans la canule, et quand on retire celle-ci, la boucle se trouve mise. Mais d'après l'enquête de Bernheim, le trocart est souvent rouillé et sale, la pointe est parfois émoussée, en tous cas, il n’est jamais bouilli n1 stérihisé suffisamment.

Plus récemment, Bernheim a vu chez un fabricant d'instruments un perceur d'oreilles à coulisse automatique: c'est une sorte de pince dont un côté est plat et garni de fer. La pointe peut-être stérilisée facilement, l'opérateur prend l'oreille d'une main, et de l’autre met l'appareil en mouvement. Les doigts ne touchent pas la pointe, qui peut rester aseptique.

Néanmoins, même dans ce cas, leschances d'infection ne sont pas absolument écartées. Généralement, c’est un colporteur marchand de boucles d'oreilles qui, lorsqu'il en vend une paire, perce l'oreille à l’aide de cet instrument, maintenant assez répandu. Or, il ne le stérilise pas chaque fois; on doit cependant avouer que les chances d'infections syphilitiques sont un peu moindre ainsi.

De ces faits, il ressort que le chancere de l'oreille peut se transmettre facilement par ces différents procédés. Que l'opérateur soit porteur de plaques muqueuses buccales, et qu'il lienne le poinçon à la bouche avant d'opérer, cela suffit pour qu'un chancre se dévelloppe au point piqué; c’est ainsi qu'un certain nombre de cas de « syphilis des innoncents » ont pu prendre naissance.

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De nombreux auteurs en ont signalé des exemples : Cullerier, Morel-Lavallée, Bulkley, Schener.

Nous avons pu relever dansla littérature six cas de ce genre, et nous en avons réuni trois observalions.

Morsure de l'oreille. — Dans un certain nombre de cas, la morsure à été la cause de l'infection. C’est généralement dans une rixe qu’un des combattants, porteur de plaques muqueuses de la bouche inocule la vérole; il faut avouer que c’est une conséquence rare des batailles; nons relevons le fait chez deux matelots, sans que rien puisse nousfaire supposer que cette profession conduise spécialement à se mordre les oreilles. Cependant dans une certaine vallée du Tyrol, à ce que racontent Hofmann et Baratoux, quand survient une rixe, il est d'usage de chercher à saisir avec les dents l'oreille de l’adversaire, et d’en couper ou d'en arracher ainsi une partie. On pouvait penser que cette coutume au moins bizarre devait entraîner un certain nombre de cas de l'affection qui nous occupe. En effet, Habermann el Gerber parlent nettement des cas d'accidents primiüfs de l'oreille observés dans le Tyrol par Hofmann. Cependant, à la clinique d’Insbrück, Lang, Rille n’ont pas observé d'exemple de cette affection.

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