SAGE
mains des particuliers était détenu par les banauiers, les changeurs, les hôteliers, ete. En un mot, par tous ceux qui pouvaient recevoir de l’or en paiement et qui savaient qu’au lieu de le laisser librement en circulation, ils trouveraient, grâce aux cours, à le vendre avec une très forte prime.
Ainsi que le montrent MM. Théry et Villaverde, l'aceaparement de l’or'et des lettres de change fut œénéral, et quoique certains auteurs, pour qui tout le mal venait de l’état de la circulation, aient essayé de le nier, il est certain que ce fait a notablement agoravé la crise espagnole. Tous ceux qui ont pu spéculer l’ont fait. M. Gomez Acebo, dans un discours prononcé le 5 juillet 1901 aux Cortès, dit qu’il existait à ce moment à Madrid, dans les établissements de Crédit, plus de 400 comptes ouverts aux spéculateurs sur le change.
Avec une couverture de 8.000 pesetas au maximum, ces établissements ouvraient,à tous ceux qui en faisaient la demande un compte spécial de 150 à 200.000 francs : «lorsque le compte est ouvert, les spéculateurs achètent des franes (en numéraire ou en lettres de change) à la baisse, pour les revendre dès qu’une hausse se manifeste. IIS n’ont ensuite qu'à toucher les différences, qui sont parfois considérables ». M. Gomez Acebo ajoute qu'étant allé à la Bourse, il avait demandé « comment étaient les
irancs ? » On lui avait répondu € aujourd’hui ils
vont bien », ce qui voulait dire non pas qu'il y